Attendu comme le messie, le smartphone pliable fait aujourd’hui l’objet de toutes les critiques. Retour sur un début de carrière “compliqué”. 

“Trop coûteux”, “totalement accessoires” ou “ridicules”, les adjectifs associés aux premiers modèles de smartphones pliables ne leur rendent pas vraiment honneur. Les quatre premiers modèles commercialisés ont tous fait l’objet de polémiques. Avec Samsung tout d’abord, qui était le premier à proposer un modèle totalement pliable avec le Galaxy Fold.

Si l’appareil fera sensation à sa présentation, un défaut de fabrication forcera le constructeur à reporter sa commercialisation de plusieurs mois et à annuler des milliers de précommandes. La version finale de l’appareil n’est pas exempte de reproches, que ce soit au niveau de sa conception, de sa durabilité ou de ses coûts de réparation.

Les clichés des Galaxy Fold cassés ont fait le tour du web.

Le premier smartphone pliable de Huawei a aussi déchainé les critiques, avec son prix de vente de 2.499€ et sa commercialisation tardive. Pour éviter un fiasco à la Samsung, Huawei a choisi de postposer de plusieurs mois sa commercialisation. 6 mois plus tard, il nous propose une très légère refonte de l’appareil, sans aucune réelle nouveauté.

Troisième acteur à entrer dans la danse, Motorola a lui aussi été victime d’une grosse polémique avec la sortie de son Razr phone, jugé “trop fragile”. Selon des tests réalisés en laboratoire, l’appareil montrerait des signes de fragilité après quelques mois d’utilisation seulement et pourrait cesser de fonctionner dès sa première année d’utilisation.

L’écran du Razr Phone de Motorola serait beaucoup trop fragile selon la presse spécialisée.

Qu’il s’ouvre horizontalement ou verticalement, le smartphone “pliable” a encore beaucoup de mal à séduire. Trop fragile, beaucoup trop cher (entre 1.500 et 2.500€), il n’apporte de surcroît rien de neuf aux consommateurs en dehors de son design futuriste.

Le nouveau Galaxy Fold de Samsung en est le parfait exemple. Facturé 1.500€, l’appareil dispose d’une fiche technique identique à un appareil à 800€ et n’intègre aucune fonctionnalité inédite. Les Galaxy Fold et Mate X avaient au moins le mérite de proposer un affichage plus large sur leur grand écran déplié.

Assez paradoxalement, si le format séduit, l’utilité reste minime, et c’est finalement là le principal problème. Car au jour d’aujourd’hui, les arguments pour acheter un modèle pliable se comptent sur les doigts d’une main.

Les partisans du streaming vous diront que le format offre une meilleure lisibilité lorsqu’on regarde un film sur Netflix – ce qui n’est pas totalement faux, sauf que dans la pratique, la taille des écrans pliables (qu’ils soient carrés ou “allongés”) ne s’adapte pas vraiment au 21:9. La totalité de l’écran ne sera jamais utilisée pour visionner un film.

Les amateurs de photo vous diront qu’il est possible d’avoir un aperçu de la photo pour adapter sa pose grâce à la partie dorsale de l’écran, qui se transforme en second écran d’affichage une fois replié dans le cas du Mate X. L’idée est séduisante, mais êtes vous prêt à débourser 2.500€ pour ça?

Une seule fonctionnalité est vraiment susceptible de séduire les utilisateurs : l’aperçu d’une photo sur la partie extérieure de l’écran. Mais payeriez-vous 2.500€ pour ça?

Les quelques fonctionnalités introduites par les modèles pliables restent très gadgets. En attendant que la technologie se démocratise, le smartphone pliable semble bien parti pour rester dans sa niche. Il semble en tout cas aujourd’hui très difficile de trouver des acheteurs comblés par leur achat…