Test – OPUS Prism Peak : l’inattendue pépite du printemps

Un Voyage de Chihiro interactif aux allures d’aquarelle animée, avec une bande-son qui bouleverse. OPUS: Prism Peak est magnifique, mais ses défauts agacent autant que son univers enchante.

Voilà quelques années que le studio taïwanais SIGONO se fait un nom grâce à sa franchise OPUS. Le premier épisode, The Day We Found Earth, est sorti en 2015 et rencontrera très vite un franc succès. Deux épisodes suivront, en 2017 et 2021, avant d’arriver à ce quatrième opus Prism Peak, ce 26 mars. Mais qu’est-ce qu’OPUS et que vaut cette nouvelle saga ?

Il faut savoir qu’OPUS est une franchise qui mise à fond sur le story-telling et sur une narration habilement tissée. Avec Prism Peak, on a l’impression de se retrouver dans un Voyage de Chihiro interactif. Eugène, le personnage que vous incarnez, est un jeune quarantenaire passionné par la photographie et qui se retrouve, malgré lui, propulsé dans un monde imaginaire. Son périple lui fera rencontrer la jeune fille Ren, dont on ne sait rien au début de l’aventure, mais que l’on va petit à petit apprendre à connaître et avec qui notre protagoniste va tisser une vraie relation.

La relation entre Eugène et Ren est touchante et empreinte d’émotion.

Le jeu s’articule autour de plusieurs grands thèmes, à savoir l’exploration, la photographie et le remplissage de notre journal. Prism Peak se déroule en effet dans des zones semi-ouvertes linéaires. Le rythme est lent, et les environnements nous demandent d’interagir avec de nombreux objets et décors, comme des statues, des affiches, des magazines… C’est comme ça que nous en apprenons davantage sur le monde qui nous entoure. A aucun moment il n’est possible de sprinter. C’est un parti pris totalement assumé par les développeurs, mais qui est très difficile à apprécier pour certains joueurs, notamment dans certains passages où les allers et retours sont plus nombreux.

La photographie, elle, occupe une place majeure dans la vie d’Eugène. C’est son grand-père qui lui a transmis cette passion pour les clichés, et après quelques tumultes dans sa carrière qui l’ont poussé à mettre sa passion à l’arrêt, son itinéraire de vie le remet sur le chemin de la photo. Dans le jeu, l’appareil photo est l’outil central, nous permettant notamment de révéler le nom et l’identité des esprits animaux, d’alimenter le journal ou encore de répondre aux énigmes des braseros, ces autels magiques où déposer une photo pour débloquer une récompense pour le journal. Les mécaniques liées à l’appareil vont d’ailleurs évoluer au fil de l’aventure. On débloque ainsi la mise au point manuelle, la vitesse d’obturation ou encore d’autres filtres dont un qui sera indispensable pour révéler des fresques effacées.

L’appareil photo permet d’échanger avec les esprits animaux, mais aussi de découvrir des secrets.

Le journal correspond enfin au troisième grand axe du jeu. C’est là qu’Eugène inscrit tout ce qu’il découvre sur les esprits animaux, sur l’histoire des Dusklands, sur l’alphabet runique qu’il tente de déchiffrer ou sur les extraits de sa vie passés. L’idée derrière le journal est très bonne, puisqu’il nous invite à résoudre de nombreuses énigmes. Le problème, c’est que le journal, plus la photographie, plus les totems, plus les braseros… Ca commence à faire beaucoup. Certes, c’est honorable pour un petit jeu indépendant d’offrir un contenu conséquent, mais l’on finit très vite par s’y perdre tant les à-côtés sont nombreux. De plus, le jeu étant composé de niveaux dans lesquels on ne peut pas revenir une fois terminés, une exploration poussée et approfondie est nécessaire pour ne pas manquer des éléments.

Du côté du gameplay, on regrettera également l’absence de sauvegarde manuelle et, surtout, de moyen de passer rapidement les cinématiques. Avec ses 10 heures de jeu et des fins multiples, l’envie de s’y replonger pour découvrir les autres finalités du titre est très forte. Et pourtant, cette envie est vite tempérée par l’obligation de se refarcir toutes les cinématiques. De plus, l’absence de VF est difficilement justifiable de nos jours, d’autant que cela permettrait d’attirer de nombreux nouveaux joueurs.

Nous évoquions précédemment l’influence de Miyazaki dans l’écriture des épisodes d’OPUS. Avec ses environnements 3D au contour doux et une palette de couleurs pastels, OPUS évoque une réelle aquarelle animée. On se surprend même à s’arrêter quelques instants pour contempler les paysages, tantôt dans ce village abandonné, tantôt dans cette forêt de cerisiers en fleurs. Du côté des personnages, le travail de SIGONO est, là aussi, impressionnant. Très expressifs et détaillés, les personnages auraient, eux aussi, très bien pu paraître dans une production des Studios Ghibli. La bande-son est elle aussi un des gros points forts du jeu, assurée par Triodust, le compositeur habituel de la franchise. Celui-ci nous livre une partition émouvante et touchante, qui ponctue des passages juste incroyables.

Conclusion

OPUS: Prism Peak confirme le savoir-faire narratif de SIGONO et offre une expérience contemplative sincère, portée par une direction artistique enchanteresse rappelant les plus belles productions Ghibli et une bande-son qui touche juste à chaque instant. Pourtant, le titre peine à convaincre pleinement en raison d’une accumulation de mécaniques qui finit par noyer le joueur, d’un rythme volontairement lent qui peut frustrer, et de lacunes difficilement excusables comme l’absence de VF, l’impossibilité de passer les cinématiques ou encore le manque de sauvegarde manuelle. Un jeu indépendant attachant et ambitieux, mais dont les aspérités empêchent de profiter pleinement de sa magie.​​​​​​​​​​​​​​​​

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OPUS: Prism Peak

Gameplay 8.0/10
Contenu 7.0/10
Graphismes 8.5/10
Bande Son 8.5/10
Finition 7.0/10
7.8

On aime :

Une narration exceptionnelle

Une mécanique liée à la photo habilement exploitée

Une DA digne des plus beaux films du Studio Ghibli

Une BO remarquable

Des personnages mémorables

On aime moins :

Trop d'à-côté qui tuent l'essentiel

Rythme assez lent qui peut en frustrer certains

Absence de sauvegarde manuelle

Pas de VF