Annoncé il y a plus de 10 ans, Kiln était l’un des petits projets en développement chez Double Fine, qui a sans doute frôlé l’annulation plus d’une fois vu son concept atypique. Ce petit jeu aux allures de free-to-play débarque aujourd’hui sur PS5, Xbox Series et PC avec l’ambition de venir concurrencer Splatoon. Parmi les nombreux très bons jeux annoncés par Xbox cette année, Kiln était sans doute le moins attendu. Et on peut le comprendre car il s’agissait déjà du seul titre du lot à ne pas reposer sur une licence déjà bien installée et surtout son concept atypique risquait de ne pas plaire à tous… Le jeu se définit comme un “pottery party brawler” – comprenez par là un “brawler” multijoueur, somme toute assez similaire à un Splatoon, mais avec un concept sensiblement différent. Deux équipes de quatre joueurs s’affrontent dans des duels endiablés sur des cartes de taille assez réduite. L’objectif ? Détruire le four (kiln en anglais) de l’adversaire en y déversant de l’eau. Cette ressource est présente un peu partout sur la carte. Pour y arriver, il va falloir travailler en équipe. Dans la peau d’une poterie, vous allez devoir tenter d’éliminer les joueurs adverses avec vos capacités de combat, capturer l’eau et la déverser dans le four adverse. La difficulté vient du fait que l’adversaire aura exactement le même but que vous. Là où le jeu séduit, c’est par la construction de ses cartes, qui permettent de surprendre l’adversaire. Même lorsqu’une équipe domine, il est possible de renverser la partie par des actions héroïques d’un seul joueur. La défense devrait bien sûr être l’une priorité. Seconde qualité du jeu : il est possible de façonner sa propre poterie. L’intérêt, outre esthétique, c’est que votre création aura diverses qualités : elle pourra soit contenir plus de liquide et donc réaliser plus de dégâts au four adverse, ou inversément aura plus de points de vie et sera donc davantage taillée pour les combats. Cela ajoute une dimension stratégique à un jeu déjà très axé team play. Troisième qualité majeure du titrer : le level-design est excellent. Certes, le nombre de cartes est réduit au lancement, mais chacune a sa particularité. Sur le dance floor, vous serez pris d’une fièvre de la danse du samedi soir si vous marchez sur une case colorée. Un autre niveau vous plonge sur une carte recouverte de tapis roulants qui vous précipiteront dans le vide. C’est fun, original et très efficace. Enfin, il y a le système de “revival” avec une chute de votre poterie sur le terrain de jeu qui permettra d’utiliser des joueurs adverses en train d’attaquer votre four. C’est intelligent et surtout très stratégique. L’ennui, c’est qu’on tourne tout de même vite en rond. Le jeu a plein d’excellentes idées, comme la création de ses propres designs, avec plein d’éléments à débloquer ingame, mais le contenu est pour l’instant léger et côté gameplay il faut avouer que cela reste très limité, beaucoup plus qu’un Splatoon qui avait un concept tout de même plus efficace et prenant. Oui, la formule fonctionne, mais jamais on n’atteint le niveau de folie d’un Splatoon. Kiln se défend toutefois honorablement avec un concept plaisant, une bande son réussie, une direction artistique superbe et une réalisation très réussie. Ce n’est pas la claque de l’année, mais globalement décors et objets sont très bien modélisés. A 17,99€, ce n’est déjà pas si mal que ça pour un petit jeu estival, qui vous occupera sans doute entre potes le temps de quelques parties. Conclusion Petite production originale signée Double Fine, Kiln est un “brawler multijoueur” assez fun, qui se joue en multi uniquement et qui reprend dans les grandes lignes la formule Splatoon. Ca fonctionne plutôt bien, surtout avec le système de création de poteries, très réussi, mais on tourne tout de même vite en rond. Outre le contenu léger (qui devrait s’enrichir au fil des mises à jour), c’est surtout le gameplay même, très limité malgré quelques subtilités, qui fait qu’on y passera pas forcément des journées entières. A 17,99€, pourquoi pas pour s’occuper une ou deux soirées. Mais il faut l’avouer, malgré son concept atypique et sa réalisation superbe, le jeu de Double Fine ne marque pas vraiment les esprits.