Quand la moitié des États du monde possède des outils d’espionnage sophistiqués, la frontière entre surveillance légitime et cyberguerre offensive devient dangereusement floue. Depuis les scandales de la NSA ou encore, plus récemment, de Pegasus, la question se pose de savoir si nous sommes réellement en permanence sous la menace d’un piratage commandité par un état. Malheureusement, le GCHQ, l’équivalent de la NSA britannique, révèle un rapport alarmant : près de 100 pays du globe, soit un État sur deux, possède les outils nécessaires au piratage d’un smartphone. Nos confrères de Politico relaient des propos tenus par le directeur du National Cyber Security Centre du Royaume-Uni, Richard Horne, lors de la conférence CYBERUK tenue à Glasgow. Selon lui, le nombre de cyberattaques d’importance nationale contre le Royaume-Uni a doublé en un an. Et la majorité de ces attaques n’est malheureusement plus à attribuer à des pirates solitaires, mais bien à des États étrangers. “Des pays comme la Chine possèdent un niveau de sophistication vertigineux pour attaquer d’autres nations. Le Royaume-Uni fait face à une tempête parfaite en cybersécurité”, explique Richard Horne. Ces pays font en effet l’acquisition de spywares conçus par des sociétés privées, comme ce fut le cas avec Pegasus, entre autres. Officiellement, ces attaques ne ciblaient que des criminels et terroristes de haut rang. Mais selon des chercheurs en sécurité et des défenseurs des droits humains, ces attaques cibleraient en réalité des journalistes, des opposants politiques et critiques de gouvernements, et depuis peu des banquiers et dirigeants d’entreprises fortunés. Mais ce qui inquiète davantage encore les autorités britanniques, c’est la nouvelle IA Claude Mythos d’Anthropic, citée comme “menace cybersécuritaire nationale prioritaire”. Capable de découvrir des failles dans des systèmes ultra sophistiqués, Mythos peut être une arme de guerre absolue pour toute personne malveillante qui en dispose, voire pour un État.