Après un Sudden Strike 4 plutôt réussi, en 2017, Kalypso nous livre enfin un cinquième volet de la série de jeux de stratégie. Aux commandes, on retrouve le studio hongrois Kite Games, qui s’était déjà occupé de ressusciter la série, et à qui l’on doit aussi le très réussi The Valiant. Les deux premiers Sudden Strike ont marqué leur époque en retranscrivant parfaitement les combats de tank et combats urbains dans un jeu de stratégie. Pour beaucoup, il s’agit de l’une des références du genre, avec Blitzkrieg. C’est donc non sans une certaine appréhension qu’on a mis les mains sur ce cinquième volet, développé par le petit studio hongrois Kite Games. Studio qui, de façon générale, s’en était plutôt bien sorti avec le quatrième opus de la saga et ses multiples extensions, ainsi qu’avec The Valiant, un jeu de stratégie médiéval. Au demeurant, il n’y avait donc pas trop de quoi s’inquiéter. Et pad en mains – car nous l’avons testé sur consoles -, Sudden Strike 5 est plutôt une belle surprise, même s’il change légèrement les règles du jeu. Ce cinquième volet est tout d’abord une évolution majeure pour la série, puisqu’il propose des champs de bataille beaucoup plus vastes, jusqu’à quatre fois plus grands que dans le quatrième opus. Le nombre d’unités affichées progresse aussi. Selon les développeurs, il aurait été multiplié par trois. Autrement dit, on est face à un jeu de stratégie offrant des zones de guerre beaucoup plus vastes et plus intenses. Autre évolution : exit le côté linéaire des missions. Le joueur pourra accomplir les objectifs primaires et secondaires dans l’ordre qui le botte. Et ça change tout puisque le jeu offre un côté sandbox fort séduisant. Pour ceux qui n’auraient jamais joué à un Sudden Strike, il faut le savoir, SS n’est pas un jeu de stratégie classique en ce sens qu’il n’y a pas de gestion des ressources ou de la base. On commande des unités militaires sur le terrain. Un menu permet d’accéder à des actions comme le parachutage de troupes, une frappe aérienne, un bombardement de zone. En d’autres termes, c’est un jeu de stratégie pure. Et en ce sens, ce cinquième évolue considérablement. Il prend plus de profondeur. Par exemple, les unités consomment carburant et munitions au fil des combats, ce qui ajoute une couche logistique. Le gameplay est fortement basé sur le prestige. En capturant des points stratégiques (fermes, camps, etc.), le joueur gagne du prestige pour appeler des renforts ou de nouvelles unités. Et tout cela impacte forcément la partie. Il faudra de facto économiser ses hommes. Le gros atout de cet opus par rapport aux précédents, c’est qu’il offre plus d’approches des combats et met davantage en avant les fantassins. Auparavant, le gameplay était très axé sur les blindés. Ce n’est plus le cas. Les différentes unités se renforcent les unes les autres. La moindre faiblesse pourra dès lors être exploitée. Attaquer une position ennemie avec des fantassins uniquement est un suicide garanti. Alors oui, on pourra reprocher à ce cinquième volet une esthétique qui n’évolue que trop peu par rapport au quatre, et une IA encore maladroite. Mais globalement, cela reste un très bon jeu de stratégie, dans lequel on progresse par l’échec, et qui offre assez de profondeur pour captiver les amateurs du genre. Cet opus introduit notamment un système de commandement qui va impacter les parties. En début de partie, le joueur doit choisir un commandant historique (Patton, Montgomery, etc.) qui apporte des bonus spécifiques (ex. : meilleure pénétration d’armure, bonus pour l’infanterie, etc.). Des cartes de doctrine modifient ensuite le style de jeu. Le gros plus de cet opus, c’est la générosité de son contenu avec pas moins de 25 missions réparties dans 3 campagnes, plus de 300 unités jouables et une énorme diversité d’environnements, de la Grèce au front Est en passant par la France et l’Italie. Côté gameplay, les développeurs ont fait des efforts pour rendre le jeu jouable au pad, mais ça reste “compliqué”. Le système de roue fonctionne mais il est laborieux. L’absence quasi totale de tutorial n’aide pas. Clairement, c’est le genre de jeu qu’on vous recommande de jouer au clavier / souris. Grosse déception en revanche en ce qui concerne le multijoueur qui se résume à du deux contre deux sur deux malheureuses cartes. Pourquoi ? C’est la question qui nous vient à l’esprit. Pourquoi gâcher un tel constat avec un contenu aussi léger sur cette partie ? On l’image, cela évoluera avec les mises à jour et DLC… Conclusion Après un quatrième volet plutôt réussi, Sudden Strike est de retour avec un cinquième opus plus riche en contenu, qui propose des champs de bataille plus vastes, offre plus de liberté d’action, des combats plus intenses et plus stratégiques et ose quelques innovations dans le gameplay. Sans révolutionner la formule du RTS autant que le premier l’avait fait, ce cinquième opus est globalement une très bonne pioche. Les fans sont gâtés avec pas moins de 25 missions et 300 unités de combat. Certes, le jeu n’est pas une claque graphique et le multijoueur déçoit franchement avec seulement 2 cartes au compteur. On l’image, le titre s’améliorera avec le temps. S’il y a donc un petit côté Sudden Strike 4.5, ce cinquième opus n’en reste pas moins très réussi avec un contenu gargantuesque en solo et un gameplay solide.