Dans un monde en constante évolution, le modèle stagnant de l’avion doit évoluer. Plusieurs constructeurs aéronautiques poussés par la Nasa sont sur la piste de l’avion de demain.

Il y a plus de 230 ans, l’homme réalisait l’un de ses plus vieux rêves : voler. Ce n’est que quelque 120 ans plus tard que naissent les premiers avions capables de quitter le sol. L’aéronautique ne connaîtra véritablement d’essor qu’après la seconde guerre mondiale, propulsée par la course à l’armement.

Depuis, les avions n’ont cessé d’évoluer mais l’innovation n’est plus au rendez-vous. Depuis une cinquantaine d’années, l’avion s’est homogénéisé jusqu’à n’être plus qu’un tube frappé de deux ailes portant de réacteurs, à quelques exceptions près.

Seulement, le monde est en plein changement, en proie à des enjeux tels que l’épuisement des énergies fossiles, le réchauffement climatique, l’accélération du développement technologique, une forte croissance démographique et l’accroissement du trafic aérien.

Au pied du mur

Fin 2018, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) publiait les chiffres du secteur : 4,3 milliards de passagers ont emprunté un avion en 2018 d’après un calcul provisoire, soit 6,1% de plus qu’en 2017 et deux fois plus qu’en 2006. L’Association internationale du transport aérien, un autre organisme, indique que ce chiffre dépassera les 16 milliards d’ici 2050.

Le nombre de passagers (en milliards) qui ont pris l’avion chaque année entre 1970 et 2017 – Source : The World Bank

Augmenter la capacité des aéronefs s’est présenté comme la seule solution jusqu’à présent. L’apogée de cette course s’est incarnée dans l’Airbus A380, l’avion ayant la plus grande capacité autorisée en passagers : 853 personnes.

Penser l’avion de demain

Pour répondre à l’évolution de notre monde, l’avion est contraint de changer radicalement. En 2010, c’est dans ce contexte que la NASA a notamment commandé aux constructeurs Boeing, Lockheed Martin et Northrop Grumman une étude sur l’avion de 2025 en gardant comme ligne de conduite : moins de bruit, moins de pollution et moins de consommation.

Les trois pionniers de l’aviation étaient tenus de respecter plusieurs conditions. Les engins qu’ils allaient imaginer devaient impérativement être aptes à voler à 85% de la vitesse du son, parcourir 11.000 km et transporter un charge de 20 à 45 tonnes.

De cette réflexion est né un trio de concepts à des lieues des engins que nous connaissons aujourd’hui. Lockheed a imaginé un avion aux ailes reliées à la queue de l’avion avec un seul moteur situé à l’arrière, Boeing s’est penché sur un avion de type “aile volante” au fuselage intégré aux ailes et Northrop Grumman a produit un concept d’avion à double fuselage surmonté par les ailes.

L’aile volante de Northrop Grumman en haut, le fuselage intégré de Boeing à droite et l’avion en aile fermée de Lockheed Martin en bas – Source : NASA

Plus qu’une simple idée, Boeing a fait de son projet une réalité. Des versions miniatures de son aile volante ont même pris leur envol.

Un secteur en pleine évolution

Nous nous familiarisons de plus en plus avec le transport aérien. À tel point que l’avion sert de moyen de déplacement pour des trajets de plus en plus courts. S’il permet de relier n’importe quelles villes du monde entier en deux voire un seul trajet, ce transport s’utilise aujourd’hui pour des liaisons internes, interrégionales.

Voilà pourquoi les grandes sociétés aériennes se penchent également sur des modèles d’avions plus petit, plus lents et peu énergivores. Le Solar Impulse crystallise ce désir de produire des avions propres. Malgré une traversée complète autour du globe par la seule énergie solaire, il ne s’agit que d’un avion expérimental dont la charge n’excède pas le pilote.

Les constructeurs aéronautiques traditionnels semblent encore peu enclin à investir de gros sous sur l’avion 2.0, peut-être la solution doit-elle venir de là où on ne l’attend pas? Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : l’aviation ne peut continuer aujourd’hui comme elle le fait depuis un demi-siècle.