De quoi sera fait le ciel de demain? L’aviation est en pleine transformation et de nouveaux engins volants décolleront prochainement. Nous avons sélectionné cinq projets d’avions porteurs d’avenir.

Le trafic aérien rencontre une importante croissance d’année en année : l’Organisation de l’aviation civile internationale dénombre 4,1 milliards de passagers en 2017, soit 7,1% de plus qu’en 2016. Les constructeurs aéronautiques y voient une opportunité à saisir dans le renouveau de la flotte aérienne, tout en tenant compte des enjeux actuels en termes de capacité, d’écologie, d’énergie ou encore de nuisances sonores.

Tout comme les concept cars, les projets d’avions les plus fantaisistes émergent de la tête des firmes spécialisées dans le domaine. Parmi eux, quelques idées novatrices s’apprêtent à prendre leur envol sur les pistes. Cap sur 5 avions qui sillonneront bientôt notre ciel.

Hexafly : le successeur du Concorde

La vitesse de croisière des avions de ligne actuel tourne autour des 800 km/h, une vitesse honorable qui permet d’effectuer le trajet entre Bruxelles et Budapest en 2 heures ou de relier notre capitale à celle de la Thaïlande en 11 heures de vol.

Il y a 50 ans, le Concorde a bouleversé le monde aéronautique en réduisant drastiquement ces temps grâce à une vitesse de croisière de Mach 2, soit environ 2150 km/h. Un consortium de neuf pays tente de faire entrer l’aviation dans une nouvelle ère après l’échec du Concorde en travaillant sur un avion de transport civil flirtant avec les 10.000 km/h.

Plus qu’un projet incensé, l’Hexafly est un avion qui volera pour la première fois en 2020 si le groupe de pays respecte son calendrier. Atteindre Sydney ne prendra alors plus que 2h47 depuis Bruxelles alors que la seule liaison directe entre l’Australie et l’Europe implique un trajet de plus de 17 heures dans les nuages.

Stratolaunch : le plus grand avion du monde

Avec une envergure de 117 mètres, le Stratolaunch sera très bientôt l’avion le plus long que les airs n’aient jamais porté. Pour l’heure, ce modèle n’a connu que le plancher des vaches au cours de ses tests mais son développement s’apprête à passer à la vitesse supérieure.

Conçu par une entreprise créée par le cofondateur de Microsoft, Paul Allen, cet avion hors normes possède un design totalement unique. Six moteurs permettent de propulser cet avion composé de deux fuselages, la carcasse qui sert de corps à l’engin.

La fonction principale du Stratolaunch sera d’emmener des lanceurs Pegasus XL à haute altitude qui permettront à leur tour de propulser une charge maximale de 450 kilos en orbite. La dernière phase de test au sol ayant déjà été menée avec succès, l’avion double prendra très bientôt la direction des airs.

Boeing X-48 : l’aile volante (ou presque)

Pas de double fuselage pour ce projet signée Boeing, pas même un seul fuselage puisqu’il sera fusionné avec les ailes. Cette configuration pour un aéroplane s’approche de ce qu’on appelle une “aile volante”. Autrement dit, un avion uniquement composé d’une grande voilure aux airs de boomerang.

Ce type d’avions est un atout pour l’aviation militaire en raison de leur grande capacité et de la difficulté à les repérer sur un radar. En revanche, leur instabilité les écarte de l’aviation civile.

Toutefois, Boeing poursuit un projet d’avion à fuselage intégré ou “Blended Wing Body”. Le X-48 a est un projet de longue date dont un prototype miniature a déjà pris l’envol en 2007. Une nouvelle version de l’engin a décollé quelque cinq ans plus tard. Cet engin, Boeing l’a présenté dans le cadre d’une requête de la NASA pour imaginer l’avion de 2025. Rendez-vous dans quelques années pour retrouver le X-48 sur les pistes.

Element One : l’avion électrique et autonome

Le principal point noir au tableau des avions, c’est leur consommation de carburant. Bien que moins gourmands en énergie qu’auparavant, les avions actuels se heurtent à l’opinion publique. Exempt de taxe, le kérosène est d’autant plus dangereux pour l’environnement. C’est ainsi que les constructeurs se sont penchés sur un avion propre.

Divers projets sont sur la table, on pense notamment au Solar Impulse qui a effectué un tour du monde grâce à l’énergie solaire, mais cet avion expérimental ne permet de transporter que son pilote. L’Element One de HES Energy Systems permettra lui d’emmener jusqu’à quatre passagers sur une distance de 500 à 5000 km.

Son moteur électrique à propulsion hydrogène fait de lui un engin silencieux, très léger et surtout non polluant. Sa faible capacité et sa portée limitée en font une solution idéale pour le transport aérien régional dont l’empreinte écologique est la plus forte. Le premier prototype de cet appareil est attendu pour 2025.

LMH-1 : le retour des dirigeables

Dans la course à l’avion propre, les constructeurs en reviennent aux solutions d’antan. Avec l’essor de l’aéronautique qui a suivi la seconde guerre mondiale, les dirigeables sont devenus des reliques du passé.

Toutefois, leur faible consommation en énergie pourrait bien donner un nouveau départ à ce type d’aéronef. Le constructeur aéronautique américain Lockheed Martin s’est constitué fer de lance de cette mission avec le prototype P-791 dont le développement donnera naissance au LMH-1.

Ce dirigeable composé de trois ballons est capable d’emporter 20 tonnes de cargo ou 19 passagers. Cette solution écologique consomme dix fois moins de carburant qu’une hélicoptère par tonne de chargement. De plus, le LMH-1 est capable de décoller et atterrir depuis des sites isolés et dénués d’infrastructure. Seulement, leur vitesse est très limitée, environ 130 km/h pour une portée maximale de 2200 km.

Les premiers tests devraient avoir lieu au cours de cette année, Lockheed a même enregistré une commande de 12 appareils.