Politiques, économistes, journalistes, philosophes, students, artistes… Toujours plus sur Twitter. Must ou posture ? L’avis de @NathanSoret, “Jeune blogueur belge pour Le Figaro.fr, apprenti journaliste à plein temps et quelques fois, étudiant.”

Qui es-tu ? Que fais-tu ?
Il y a un peu plus d’un an, j’ai ouvert mon blog. Au départ, j’ai traité des médias, des nouvelles technologies, des trucs que j’aime. Assez vite, j’ai été en contact avec la RTBF à l’occasion de l’émission « Au Quotidien » à propos de ma passion pour les blogs et l’écriture. Tout a démarré de ce reportage. Vers Mars, j’ai été remarqué par l’équipe du Figaro.fr qui m’a proposé d’écrire sur ce site, quand j’en ai envie, sur n’importe quel sujet. Je n’ai aucune contrainte. J’ai aussi passé 5 jours à la rédaction du « Soir » à la Toussaint. Je suis venu à Twitter en août 2009 – j’étais inscrit depuis 3 ans, mais au départ ça ne m’avait pas emballé. J’y suis retourné à ce moment là parce qu’on en parlait beaucoup à propos de la guerre en Irak. Ca m’a beaucoup intéressé. Au départ tu ne suis pas grand monde, et pas grand monde ne te suit. Mais au fur et à mesure, une petite communauté se forme. Au début je passais beaucoup de temps sur Twitter, maintenant je l’utilise plutôt pour relayer mes articles. Il faut prendre du recul par rapport à ce réseau, car ça peut vite devenir chronophage.

Twitter, c’est quoi ?
C’est très difficile à expliquer. C’est un endroit ou tout le monde pose des messages, de maximum 140 caractères. On insiste souvent là-dessus, mais ce n’est pas vraiment une grosse contrainte : on n’est pas sur un blog, ce sont des petits messages, des SMS. Il y a plein de gens super intéressants : des journalistes, des artistes, des stars, des gens de tous les jours. Il y a toujours des choses intéressantes à apprendre. Tout le monde partage des liens, réagit à des programmes TV – c’est vraiment un échantillon varié de la société, et ça permet également de contacter des gens qu’on aurait jamais pu contacter en vrai. Par exemple, quand j’ai commencé mon blog, j’ai été contacté par Alain Gerlache. C’est quelque chose qui n’aurait jamais pu arriver autrement. Maintenant on se voit assez souvent et on a de bons contacts. Ca permet vraiment de créer des liens : j’ai rencontré une trentaine de personnes par Twitter, et c’est vraiment très sympathique.

Chez qui arrive un message quand tu l’envoies sur Twitter ?
Si quelqu’un m’envoie un message, il tape @nathansoret – mon pseudo – et ça va arriver dans mes mentions. Sur Twitter il y a trois grandes catégories : la « timeline », là où tous les messages des gens que tu suis apparaissent. Les mentions, avec les messages qui te sont adressés ou où il est question de toi. Et les « DM » – « direct messages »– les messages privés que personne ne peut voir. Les mentions, à moins que le profil ne soit privé, sont toujours publiques. C’est un peu ça la force de Twitter, l’échange.

Y a-t-il de meilleures façons de « tweeter » que d’autres ?
Les gens qui tweetent tout le temps et qui remplissent toute la timeline, ou qui tweetent « pas très utile » on peut très bien ne plus les suivre : certains relatent tout ce qu’ils font – à la base le slogan de Twitter c’était « What are you doing ? » – « Qu’est-ce que vous faites ? » Beaucoup ont pris ça au mot. Maintenant le slogan est devenu « What’s happening now », ce qui est plus révélateur de la réelle puissance de Twitter.

As-tu des conseils pour bien utiliser Twitter ?
Je ne veux pas codifier Twitter car tout le monde doit le prendre à sa façon. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas vouloir avoir plein de gens qui te suivent dés le début. Ca se construit, c’est une communauté qui se crée. Il ne faut pas non plus faire un tweet toutes les minutes pendant plusieurs heures : ça devient lourd et les gens ne suivent plus. Faire attention à ce qu’on dit, c’est important aussi : je me souviens d’un américain qui avait dit sur Twitter, alors que son avion avait du retard, qu’il ferait tout péter s’il ne décollait pas dans trente minutes. Il a été arrêté. Mais il ne faut pas non plus être coincé, ça sert aussi à se lâcher.

Tweeter trop rarement, est-ce aussi quelque chose à éviter ?
Plus on est modéré, plus on se fait attendre. Mais si on lance un tweet une fois tout les deux mois, les gens ne vont plus trouver d’intérêt à nous suivre, ils ne vont peut-être même pas voir le message. Personnellement, je suis 300 personnes, et après deux minutes un message a disparu de la timeline : c’est très rapide.

Combien de temps faut-il passer sur Twitter pour pouvoir suivre ?
Encore une fois, chacun voit comment il veut l’utiliser. Je reçois automatiquement les messages qui parlent de moi ou qui me sont adressés sur mon smartphone, et je regarde ma timeline quatre ou cinq fois par jours, pour voir un petit peu tout ce qui s’est dit. Mais certains sont accros : ils voient le moindre tweet de la journée et regardent tout ce qui s’est dit pendant la nuit quand ils se lèvent le matin. Je faisais ça aussi au début, je ne le cache pas !

Quels sont les différents usages que font les gens de Twitter ? Y a-t-il différents profils d’usagers ?
Beaucoup s’en servent pour de la promotion, pour relayer leurs articles – je le fais aussi, une grosse partie de mes visites viennent de Twitter. Les « community managers » s’en servent beaucoup. D’autres racontent toute leur vie, beaucoup font des blagues et se foutent vraiment de tout, un peu comme les gens au fond de la classe qui se foutent de la gueule de tout le monde et parfois sortent une vanne marrante.

Ne pas tweeter, est-ce un handicap ?
Ca dépend pour qui. Pour un journaliste de la presser nationale, tweeter est un atout majeur. Je sais qu’au « Soir » beaucoup sont sur Twitter, l’utilisent régulièrement et qu’il y a pas mal d’infos qui sortent de là. Mais j’ai fait un stage à « La Meuse Verviers », un journal purement régional, et pour eux c’est quasiment inutile. Tous les métiers en relation avec la communication vont plutôt bénéficier de Twitter. Mais son utilisation n’est pas seulement fonction de l’activité professionnelle : j’ai un ami qui aime monter des sites et qui est sur Twitter, j’en ai un autre qui fait du basket et qui joue à des jeux vidéos qui y est aussi. Ce n’est pas réservé aux journalistes.

Twitter a-t-il des conséquences sur le comportement dans la vie de tous les jours ?
Bien souvent, quand il m’arrive quelque chose, ou quand je vois quelque chose à la télé, j’aime bien voir les réactions des gens sur Twitter avant de me forger ma propre opinion.
Sur Twitter, on utilise aussi beaucoup les hashtag, composés du signe # puis d’un mot qui contextualise le tweet. Par exemple, si je dis « j’en ai marre des profs », je l’accompagnerai éventuellement d’un « #école ». On ne le fait pas tout le temps mais ça peut être assez utile. Et il m’arrive parfois d’avoir le réflexe d’utiliser un hashtag dans d’autres contextes.
Enfin, certaines personnes sont complètement différentes sur Twitter et dans la vie réelle, où elles sont plus sérieuses et plus introverties. En tout cas, on peut vraiment tweeter tout ce qu’on veut, il ne faut pas vouloir faire comme les autres. Chaque personne sur Twitter est une valeur ajoutée. Chacun doit l’utiliser à sa manière, on peut avoir sa personnalité, comme dans la vrai vie.

A.DA.

L’avis d’autres utilisateurs:
@Caro_Bxl : Twitter, “c’est pour réagir”
Jacques Mercier: “Twitter, c’est du jeu”
Megaconnard: “Twitter, c’est un exutoire”
Michelle Blanc: “Twitter, c’est légitimement élitiste”
Sand La Blonde: “Twitter, c’est surtout des vannes”