Annoncé il y a six ans déjà, Pragmata était l’un des jeux les plus attendus de cette année 2026. Visuellement superbe, le titre de Capcom ose une approche audacieuse du jeu d’action en intégrant des mécanismes de puzzle-game. Pragmata, c’est le genre de jeu qui va forcément diviser les publics. Avec d’un côté, ceux qui tomberont en adoration devant l’audace de l’éditeur, et de l’autre ceux qui n’y verront rien de plus qu’un gimmick. Une chose est certaine, le jeu ne vous laissera pas de marbre. Le jeu narre l’histoire d’un astronaute nommé Hugh Williams, envoyé sur la station lunaire de la Delphi Corporation. Depuis quelques jours, celle-ci n’a plus aucun contact avec son personnel. Sur place, Hugh se rend vite compte que l’IA qui gère la station a pris le contrôle des lieux. Engagé dans une lutte pour sa survie, Hugh va devoir collaborer avec une petite fille baptisée Diana, qui va l’épauler en hackant ses adversaires. On est donc là face à un jeu d’action dans un univers scifi fort sympathique. Néanmoins, premier bémol majeur, si la présentation est soignée, l’histoire reste très sobre, trop même. Le lore du jeu n’est pratiquement pas développé et toute l’intrigue repose ici sur l’interaction entre Hugh et Diana et cette relation père/fille qui s’établit progressivement. C’est plein de mignonerie mais ça manque aussi cruellement d’ambition. Pad en main, le constat n’est guère plus réjouissant. Pragmata reste un jeu d’action bête et méchant. Le titre adopte une approche très linéaire avec des décors sans profondeur, pratiquement zéro exploration. On avance dans les salles en dézinguant les robots. L’aspect puzzle se réduit à deux types d’interaction : débloquer un passage ou “hacker” les robots ennemis, avec l’aide de Diana. Concrètement, le jeu se joue comme un shooter classique, avec une vue derrière l’épaule. Pendant les combats, on canarde les ennemis et on évite les coûts avec une roulade, mais on doit également gérer Diana en enchainant les piratages. Ceux-ci se pratiquent dans le coin droit de l’écran, un micro-puzzle apparait et il faudra enchainer les combinaisons de touches (ABXY) pour arriver à la destination, le tout en temps réel, donc tout en poursuivant le combat. Le concept est amusant les premiers instants, mais vite répétitif et surtout sans aucune saveur à terme. Alors oui, les puzzles gagneront en complexité, oui en soi c’est une bonne idée, en ce sens que ça expose les zones sensibles des robots et permet ainsi d’en venir à bout plus facilement, mais il faut bien admettre qu’il s’agit là d’un simple gimmick et il est profondément regrettable que tout le gameplay du jeu repose là-dessus. Ceci étant dit, cela ne fait pas de Pragmata un mauvais jeu, d’autant plus qu’il sera possible d’améliorer son personnage, ses compétences et même de résoudre ces puzzles de façon automatisée, grâce à un upgrade. Pragmata reste un jeu d’action fun, mais qui manque de profondeur. Les zones de jeu sont trop étroites, l’aventure très linéaire et l’expérience peine à se renouveler malgré les évolutions du personnage. Le titre peut par ailleurs se vanter de joliment faire la promo du RE Engine. Visuellement, le titre est superbe. Il exploite parfaitement le potentiel des consoles new gen avec des décors riches en détails, des modélisations soignées et une direction artistique d’exception. La bande son n’est pas en reste avec d’excellents doublages et morceaux. Vous l’aurez compris, il est difficile de détester Pragmata car à bien des égards, le titre remplit son contrat. Néanmoins, on s’attendait à tellement plus. Certes, Capcom a fait preuve d’originalité au niveau du gameplay, mais la caractéristique principale du jeu est clairement un gros gimmick. Comme on l’a dit au début de ce test, c’est le genre de jeu qu’on adore dès le premier contact, ou qui suscitera chez vous quelques bâillements. Conclusion Pari risqué pour Capcom, Pragmata n’est en définitive ni le joyau que certains tentent de nous vendre, ni le raté que d’autres attendaient. Visuellement, il s’agit même de l’un des plus beaux jeux de cette génération. Le titre se positionne comme un shooter scifi à la troisième personne. Tout le gameplay repose sur une fonctionnalité très “gimmick” : la jeune fille qui vous accompagne est capable de pirater les vilains robots pour exposer leurs points faibles. En d’autres termes, il faudra tirer tout en piratant. Le concept est amusant les premières secondes, mais tourne vite en rond. Avec son gameplay, ses mécanismes répétitifs, Pragmata peine à marquer. Côté technique en revanche, c’est un sans faute. Le jeu s’attire également le capital sympathie avec sa relation père/fille qui fonctionne très bien.