Avec son mélange d’infiltration et de simulation, Crime Simulator mise sur la tension des missions. La version consoles souffre toutefois d’une adaptation imparfaite. On peut éventuellement reprocher aux jeux vidéo de rendre violent voire hyperactif (l’argument préféré des détracteurs), mais il y a toutefois une chose qu’on ne peut leur enlever : ils permettent de faire des choses dans un monde imaginaire qui sont tout à fait illégales dans le monde réel. Crime Simulator en est le parfait exemple. Ce petit jeu indépendant vous place dans la peau d’un cambrioleur dont le seul but est de se faire un max de blé en s’immisçant dans les propriétés de bourgades toutes calmes. Il serait trop facile de juger Crime Simulator sur base des très nombreux “sim-like” sortis ces dernières années et dont la qualité est bien souvent très médiocre. Il est pourtant question ici d’un jeu sorti initialement sur PC en 2025 et qui recueille, sur Steam, 5 000 avis dont la moyenne est jugée “très positive”. Qu’en est-il de la version consoles ? Globalement, on reste sur une proposition qui est tout à fait décente pour un jeu à petit budget. Le titre nous propose initialement un tutoriel nous permettant de nous familiariser avec les mécaniques du jeu au sein d’une petite maison très facile à cambrioler, avant de nous permettre de plonger dans le vif du sujet : du cambriolage à gogo et une cagnotte à faire grimper jusqu’à 50 000€ pour apurer votre dette. Le jeu apporte de la tension lorsque l’on se retrouve dans une habitation à 5 mètres d’une victime. Le principe sera au final très simple. Vous démarrez votre mission dans votre planque, que vous pourrez d’ailleurs personnaliser grâce aux deniers accumulés au fil des missions, et devrez planifier votre prochaine mission. Equipement, lieu des faits, défis optionnels… L’objectif est de vous préparer au mieux pour accomplir vos objectifs sans la moindre bavure. Faites vous repérer par vos victimes ou provoquez la venue de la police et cela vous compliquera fameusement la tâche. Malgré une progression assez lente et bancale, Crime Simulator nous propose d’améliorer nos techniques de cambriolage au fur et à mesure des missions. On débute avec peu d’argent et donc le strict minimum au niveau du matériel : crochet, trousse de soins, pied de biche… Mais enchaîner les missions permettra de s’affuter et d’utiliser des outils très intéressants permettant de multiplier les approches. On se retrouve ainsi avec du gaz soporifique à distiller dans la ventilation d’une maison, d’un appareil de piratage pour couper caméras et relever volets électriques… Bien qu’intéressant, le titre souffre de répétitivité. L’intelligence de Crime Simulator est de combiner l’infiltration des missions avec la tension d’être repéré ou non. Les PNJ adoptent une routine assez prévisible et parfois étrange qu’il faut analyser pour pénétrer la maison sans se faire voir. Mais que l’on soit seul ou en équipe jusqu’à 4 joueurs, le titre nous fait extrêmement bien ressentir la tension d’un cambriolage qui peut foirer à n’importe quel moment, avec des scènes où l’on se retrouve à 5 mètres d’un PNJ en train de dormir et qu’il faut à tout prix ne pas réveiller. La gestion du temps est également importante, puisqu’il faut à tout prix finir vos missions avant le lever du jour. Mais Crime Simulator a beau être intéressant en bien des points, il reste perfectible sur de nombreuses choses, la faute à son budget probablement ridicule. Le passage du PC aux consoles n’apportent finalement que de la frustration dans une interface capricieuse et compliquée à prendre en main. Enfin, les graphismes représentent la forme du titre et, malgré un fond sympathique, sont assez fort datés. On regrettera enfin que le titre apporte une certaine répétitivité, avec des missions qui s’enchaînent et dont le but reste le même : cambrioler des maisons plus ou moins sécurisées. Conclusion Crime Simulator propose une expérience d’infiltration surprenante, portée par une tension bien dosée et une liberté d’approche appréciable pour un jeu à petit budget. La progression, l’équipement et les cambriolages en coopération parviennent à maintenir l’intérêt malgré quelques routines répétitives. Mais l’adaptation consoles, entachée par une interface maladroite et une technique datée, freine clairement l’immersion. Une proposition imparfaite mais attachante, qui séduira les amateurs de simulation et d’infiltration prêts à fermer les yeux sur ses limites.