Politiques, économistes, journalistes, philosophes, students, artistes… Toujours plus sur Twitter. Must ou posture ? L’avis de @Caro_Bxl, politologue convertie à Twitter grâce à ses étudiants.

Depuis quand tweetez-vous ?

Depuis la campagne électorale de 2010. C’est le fameux Alea Jacta Est de @VincentVQ qui m’a convaincue d’aller voir ce qui se passait sur twitter.

Pourquoi tweetez-vous ?

C’est un moyen de réagir en direct sur certaines informations. J’ai décidé de tweeter à visage découvert, en tant que politologue, peut-être pour me donner une certaine crédibilité. Au départ, tweeter me permettait de faire entendre ma voix (même dans le vide au début, puis avec un nombre de followers nettement inférieur à la moyenne des autres twittos shortlistés) et de faire passer certains messages que je juge importants. J’utilise pour critère ce que j’aimerais que mes étudiants sachent, non pas comme info brute ou jugement tout fait, mais quelle réflexion j’aimerais qu’ils puissent entamer.

A la base, l’idée était bien d’apporter ma toute petite contribution à l’enrichissement du débat, quitte à jouer parfois l’avocat du diable en prenant le contre-pied d’une déclaration politique ou d’un commentaire lu sur Twitter. C’est donc un prolongement de mes cours de système politique de la Belgique. Mes étudiants savent que je fonctionne de la même manière au cours. Cet été, je tweetais aussi beaucoup la revue de presse sur #BeGov.

De plus en plus, je tweete sur d’autres sujets, souvent plus légers. C’est pour cela que j’ai changé mon « profil » en indiquant « J’interviens dans les discussions politiques et dans ce qui me plait », c’est mon disclaimer à moi.

Ça vous apporte des infos ? Lesquelles ?

Oui, cela apporte des infos. Pas nécessairement politiques ou sur #BeGov plus précisément. Twitter est un relai rapide d’infos, des plus sérieuses aux plus légères. Au niveau de la politique belge, on n’apprend pas grand-chose des
mandataires politiques, mais en suivant les journalistes, on a souvent l’attention attirée par l’un ou l’autre élément (dont les incontournables #teasing de @Le_Bux).

Ça flatte l’ego ou ça rend humble ?

Franchement, c’est un prolongement de mon travail, surtout d’enseignement, parfois de recherche, mais c’est avec plaisir. Il y a une série d’activités médiatiques que je ne souhaite pas faire, mais tant qu’il s’agit de donner des outils, des références pour permettre aux étudiants ou aux citoyens de penser par eux-mêmes, en enrichissant leur réflexion, je suis partante. C’est pour cela que j’aime beaucoup les chats ou les échanges sur Twitter, même si cela prend du temps. Maintenant, il faut bien reconnaître que figurer dans une liste en compagnie de personnes que j’aime suivre, c’est agréable, mais c’est sans aucune comparaison avec le plaisir que peuvent procurer les #FF.

C’est un outil qui permet de mesurer l’impact que vous avez sur “les gens”?

Les évaluations positives de mes étudiants restent le meilleur moyen de mesurer l’impact que j’ai sur les gens.

Vous suivez plutôt qui?

D’une part, les mandataires politiques, journalistes, commentateurs « usual suspects ». D’autre part, des citoyens qui s’intéressent tous un jour ou l’autre à la politique belge, parfois en tenant un blog ou en réagissant de temps en
temps sur Twitter. Les influenceurs shortlistés, cela devrait être eux tous et non pas juste 19 personnes. On a tous beaucoup à gagner en les écoutant. D’un côté, j’absorbe l’info et la commente parfois, de l’autre, j’interagis plus,
non pas en donnant mon avis, mais l’un ou l’autre élément qui me vient à l’esprit et qui est en mesure d’enrichir l’échange.

Qu’est-ce que vous allez y cherchez?

J’essaie d’améliorer mes arguments, de clarifier mes propos, d’en tirer des réflexions pour mes cours ou des papiers que je rédige (j’ai ainsi fait ma première référence à un tweet dans un texte sur le fédéralisme belge, en citant une
réflexion judicieuse de @Phineas_Barnum).

L’avis d’autres utilisateurs:
Jacques Mercier: “Twitter, c’est du jeu”
Megaconnard: “Twitter, c’est un exutoire”
Michelle Blanc: “Twitter, c’est légitimement élitiste”
Nathan Soret: “Twitter, c’est des rencontres”
Sand La Blonde: “Twitter, c’est surtout des vannes”