Politiques, économistes, journalistes, philosophes, students, artistes… Toujours plus sur Twitter. Must ou posture ? L’avis de @MichelleBlanc, “consultante conférencière et auteure marketing internet et stratégies Web. Cofondatrice de Yulbiz.org

Twitter, c’est quoi ? Quelle-est la différence avec Facebook ?
Au Canada, la moitié de la population est sur Facebook, et il n’y a même pas 5% de la population qui est sur Twitter. Cependant, les gens qui sont sur Twitter sont le deuxième groupe le plus influent du web après les médias traditionnels comme les journalistes, les « superbloggeurs » et les faiseurs de tendances. Donc, en relations publiques ou en marketing, c’est fondamental de suivre ce qui se dit sur Twitter et de tenter d’influencer la tendance. C’est ça la grande différence entre Facebook et Twitter. La deuxième différence, c’est que Facebook est fermé sur le web, est un web a coté du web, tandis que Twitter est ouvert sur le web. Si vous mettez des contenus sur Facebook, la grande majorité de ces contenus ne seront pas visibles à gogo. Mais ils le seraient sur Twitter.

En dehors du marketing, y a-t-il d’autres usages possibles ?
Il y en a plein. J’utilise souvent l’image de l’ancien fumoir qu’on avait dans les entreprises, ou celle du perron d’église : Twitter est un outil conversationnel. Certains s’en servent pour partager des infos via des « raccourcisseurs » de liens, les « tiny url ». D’autres s’en servent simplement pour « socialiser ». Evidemment, une conversation se fait sur plusieurs niveaux. On peut parler de choses professionnelles et de choses personnelles. Une critique qui revient souvent consiste à dire qu’on y trouve des informations insignifiantes. Bien sûr, si je dis qu’hier soir je suis allé voir un film de Tarantino et que j’ai beaucoup aimé, c’est une info qui paraît insignifiante. Cependant, si je suis producteur de cinéma ou propriétaire d’une salle, c’est fondamental de savoir si les gens ont aimé le film ou combien de temps je vais le laisser à l’affiche. Parmi les infos qui paraissent insignifiantes, il peut donc y en avoir qui sont capitales pour qui sait chercher et utiliser le réseau.

L’expression « personal branding » décrit-elle bien ce qu’on fait sur Twitter ?
C’est une expression chère aux européens mais peu usitée en Amérique. C’est le fait, pour une personne, de s’occuper de son image de marque. On dit souvent que sur le web, si tu ne t’occupes pas de ton image de marque, d’autres s’en chargeront pour toi. Si tu n’es pas sur Facebook et que des gens publient une photo de toi sous un aspect défavorable, comment feras-tu pour leur demander de l’enlever, puisque tu ne sais même pas qu’elle y est ?

Cela justifie-t- il n’importes quels types de messages, y compris les plus insignifiants ?
Twitter est un outil conversationnel. Dans une conversation, il y a des gens qui sont imbéciles. Si tu ne dis que des bêtises, les gens vont considérer que tu es une personne insignifiante et ils ne te suivront pas. Mieux vaut mêler de l’insignifiance à de la pertinence. Si tu es tout le temps pertinent, c’est un problème aussi : les gens trop sérieux ennuient souvent. Donc comme dans la conversation « normale », on doit faire un savant mélange de pertinent et de badin et là, c’est gagné. Et c’est ce que je fais. Mais il n’y a pas vraiment de règles coulées dans le béton, puisque les réseaux et les usages sont en évolution. On sait qu’il y a des usages plus performants que d’autres, mais on est libre d’en faire ce qu’on veut.

Comment avoir de l’impact sur Twitter, et comment savoir si on en a ?
Le nombre d’abonnés ne veut plus rien dire. L’impact peut se mesurer par le nombre de fois où on est retweeté, grâce au nombre de listes dans lesquelles on apparaît ou le nombre de fois qu’on nous fait un « follow friday ». Pour avoir de l’impact, c’est comme dans la vrai vie : il faut être de bonne conversation, interagir avec les gens, leur parler, valoriser les autres. Ca, ça donne des résultats. Si on parle tout le temps, ou que de soi, on se fera taper sur les mains – comme dans la vrai vie – et on sera traité de narcissique. Bref, Il faut parler aux autres et des autres.

Vous avez dit que l’expression « personal branding » est typiquement européenne. Y a-t-il des différences d’usages ou de perceptions de Twitter entre pays ou entre continents ?
On me demande souvent la différence entre le Québec et la France en terme de réseaux sociaux. Ma réponse est que les différences se situent sur plusieurs niveaux : technologique et sociologique. La France a une avance technologique sur le Québec : son accès au web a été retardé à cause du minitel. Quand elle opté pour le web, elle a acquis les dernières technologies. Ici en Amérique, il y a eu très tôt de très gros investissements dans de gros systèmes de gestions qui ont coûté plusieurs centaines de millions de dollars. Ces investissements ont dû être justifiés, et les gens ne sont pas allés sur le web avec les dernières technologies. En revanche, au niveau sociologique, la France est une société extrêmement hiérarchisée, alors que les messages sociaux aplatissent les hiérarchies. Ici en Amérique, un patron peut prendre un café avec un employé. Donc d’un point de vue sociologique, nous sommes plus aptes à adopter les média sociaux.

Vous, qui suivez-vous ?
Je suis tout les gens qui me suivent. Je valorise la réciprocité. Si vous ne me suivez pas, pourquoi vous suivrais-je ? Mais je suis un cas particulier. Il y a des gens qui ne font que suivre les vedettes des media et du show business, d’autres n’utilisent ça que dans un contexte professionnel, d’autres encore ne suivent que leurs amis. Moi, je suis 15000 personnes. Quelqu’un m’a demandé comment je faisais. C’est comparable à être dans une salle de concert avec plusieurs milliers de personnes. Même si on est entouré de 2000 personnes, on peut parler avec quelqu’un. Ensuite on peut continuer à se promener dans la salle, et discuter avec quelqu’un d’autre. Et il se peut que pendant cette discussion, on entende une conversation qui se passe à côté de soi et qu’on s’y embarque. Alors, je préfère entrer dans une salle où il y a une potentialité de communication avec 2000 personnes, plutôt que d’entrer dans une salle où il y a seulement 5 personnes qui ne parlent même pas. Les réseaux sociaux c’est une rivière sans fin d’informations. Je n’essaie pas de boire la rivière parce que je vais me noyer. Mais, lorsque je suis là, je bois à la rivière.

Qu’est-ce que vous tweetez ?
Je tweete professionnel, personnel, et en fin de semaine, épicurien.

Epicurien ?
Je parle de mes recettes, des restaurants où je vais, des bons vins. Je fais des blagues aussi.

Beaucoup disent que Twitter ne deviendra jamais un espace « grand public », et est plutôt voué à être un réseau « élitiste».
C’est très possible et c’est tout à fait légitime. Il faut du temps pour comprendre l’utilité de Twitter. Pour qu’elle apparaisse vraiment, il faut une certaine masse de gens à suivre. Si vous ne suivez que 10 ou 20 personnes, Twitter a l’air inutile. Si vous suivez des centaines de personnes, vous voyez la pertinence des infos. Celle-ci est proportionnelle à la pertinence de ton réseau. Et beaucoup de gens n’ont pas de réseau pertinent ou ne savent pas comment en construire un. En plus, les média ne parlent de Twitter que depuis six mois : avant que la masse embarque, ça va prendre encore du temps.

Est-ce légitime que ça reste comme cela ?
Oui, entre autre parce que ça permet de maintenir la pertinence du réseau.

A.DA.

L’avis d’autres utilisateurs:
@Caro_Bxl : Twitter, “c’est pour réagir”
Jacques Mercier: “Twitter, c’est du jeu”
Megaconnard: “Twitter, c’est un exutoire”
Nathan Soret: “Twitter, c’est des rencontres”
Sand La Blonde: “Twitter, c’est surtout des vannes”

1 COMMENTAIRE

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