Depuis leur apparition dans les villes, les trottinettes électriques sont devenues aujourd’hui un véritable fléau du paysage urbain. Omniprésentes, sources d’abus, accidents, elles sont aujourd’hui l’objet de tous les débats.

S’il est difficile d’évaluer le nombre total de trottinettes électriques en free-floating en Belgique, on estime que plus de 4.000 de ces engins circulent dans la capitale. Une flotte déjà bien conséquente qui devrait continuer à se développer.

Selon Lime, le renfort de l’offre serait avant tout une manière de répondre à la demande. « Notre objectif n’est pas de noyer la population sous les trottinettes, mais de répondre à la demande croissante de nos utilisateurs » confirme un porte-parole de l’entreprise.

Du désordre et de l’encombrement

Or, cette flotte représente une nuisance importante pour tous les autres usagers de la ville. En effet, étant donné le concept, les utilisateurs peuvent choisir de stationner leur engin où ils le souhaitent. C’est ainsi que des trottinettes se retrouvent au beau milieu du jeu de quilles, jonchent le trottoir ou tombent sur la route parce qu’elles étaient mal positionnées, quand ce ne sont pas les piétons qui les poussent, agacés de ne plus avoir de place pour se déplacer agréablement sur les trottoirs.

La situation est devenue si chaotique qu’à Paris, les autorités ont décidé d’interdire l’usage des trottinettes sur les trottoirs. La ville de San Francisco a été encore plus radicale en interdisant purement et simplement leur usage.

Une utilité limitée

D’après les chiffres de l’institut Vias, 3% de la population a utilisé une trottinette électrique, un hoverboard ou une monoroue durant l’année 2018. Les statistiques grimpent même à 6% à Bruxelles.

Vendues comme une alternative à la voiture et aux véhicules encombrants les villes et polluants, les trottinettes électriques ne sont pas pour autant utilisées que dans ce but. Si une partie de la population a effectivement adopté ce type de transport, ce n’est pas forcément par conviction écologique ni environnementale.

Selon une étude de Lime sur les utilisateurs bruxellois, 25% des utilisateurs du service disent avoir remplacé leur déplacement en voiture par la trottinette électrique et 35% disent avoir privilégié certains déplacements avec les trottinettes plutôt qu’avec leur voiture.

Ce qui fait donc que (potentiellement) 45% des utilisateurs auraient recours aux trottinettes électriques sans rapport avec une réduction de l’utilisation de la voiture. Ces engins ont tendance à être souvent utilisés dans un objectif de divertissement.

Dans majorité des cas, ce nouveau moyen de micromobilité est utilisé en complémentarité d’autres transports en commun ou véhicule tout simplement. Ainsi, un utilisateur peut enfourcher une bécane jusqu’à la gare, prendre le train et continuer les quelques centaines de mètres qui le séparent de sa destination en trottinette.

Autrement dit, les trottinettes électriques ne sont pas utilisées en remplacement, mais en complément. Et le plus souvent, le déplacement en trottinette remplace la marche… Avec un impact qu’on devine négatif sur la santé.

Un moyen de transport peu sûr

À l’image des vélos, la trottinette électrique n’est pas un moyen de transport très sûr ni sécurisant. Compte tenu de la nouveauté de la chose dans le paysage urbain et routier, les automobilistes et autres usagers de la route ne sont pas habitués à ces véhicules et il arrive que des accidents se produisent. Dans les cas les plus graves, cela peut entraîner la mort du conducteur de deux roues.

Évidemment, les automobilistes ne sont pas les seuls responsables. La nouveauté et le côté divertissant des trottinettes électriques peuvent parfois pousser les utilisateurs à avoir des comportements dangereux et irresponsables, avec les conséquences que l’on connait. Il n’est ainsi pas rare de croiser une trottinette dans un tunnel – dont l’accès leur est pourtant interdit -, voir un conducteur rouler à plus de 10km/h sur un trottoir (ça aussi, c’est interdit), braver un feu rouge, et plus encore.

L’usage des trottinettes électriques fait débat et la plupart des villes sont actuellement occupées à adapter le code de la route pour prendre en compte l’usage de ces nouveaux moyens de transport. Une chose est sûre : la trottinette électrique n’a pas l’impact positif qu’on lui prêtait à ses débuts.