Child Focus a annoncé le lancement de cybersquad.be, “une plateforme pour et par les jeunes“. L’incubateur et le centre de formation Molengeek a confectionné le site, de A à Z.

Acteur clé à propos des enfants disparus et des enfants sexuellement exploités en Belgique, Child Focus s’est penché sur un nouveau projet adressé aux jeunes “pour un internet plus sûr“. La plateforme qui veut signer “le début d’une ère de solidarité et de positivité en ligne pour les jeunes“, prend la notamment la forme d’un forum.

cybersquad.be

Le forum est le cœur de la plateforme“, explique Nel Broothaerts la directrice Prévention et Développement de Child Focus. Il s’agit d’un forum classique. Les jeunes peuvent poser des questions et trouver des réponses.Des interrogations qui peuvent tourner autour de “la sexualité, l’amour, l’amitié, les relations en ligne, le harcèlement ou le cyberharcèlement, la vie privée, la réputation en ligne, la sécurité en ligne“. Les problématiques comme le “sexting, grooming ou sextortion y sont également abordées“.

Si le problème est trop lourd, s’ils n’ont pas envie de publier sur le forum même en anonyme, “il y a le bouton rouge“, ajoute Nel Broothaerts. Ce bouton donne accès à “un chat un à un“. Elle explique que “c’est la possibilité de chatter avec un conseiller de Child Focus“. Notez qu’un jeune n’est pas obligé de s’inscrire sur cette plateforme peer-to-peer pour publier une question ou chatter.

Un mouvement citoyen

Parallèlement au forum, il y a aussi le “Clap Back”, qui consiste à dénoncer une mauvaise action en ligne pour recevoir du soutien. Du soutien sous forme de messages publics ou de likes.

Mon copain ou mon ex copain a partagé des images sexy sans que je le veuille, le squad peut venir sur Instagram, Snapchat ou Tiktok pour t’inonder avec des messages positifs“. L’idée est de noyer la mauvaise action au milieu de notes positives, et par conséquent mettre en place une communauté de soutien, entre jeunes. “Nous avons l’ambition de créer un mouvement citoyen des jeunes“, c’est-à-dire de les mobiliser contre les interactions négatives et la haine en ligne avec comme objectif de “ne pas le faire eux-mêmes et ne pas le tolérer“.

Les problèmes en ligne

Heidi de Pauw, CEO de Child Focus souligne qu’atteindre directement les jeunes, “ce n’est pas facile“.

D’après une étude de Media Animation sur les usages numériques, “un jeune sur dix confie avoir été victime de cyberharcèlement“. L’enquête révèle également qu’ils ont tendance à en parler à leurs amis plutôt qu’à des adultes. “Les adolescent·es mobilisent prioritairement les réseaux sociaux numériques pour échanger sur les questions dont ils et elles ne peuvent discuter facilement avec les adultes, a fortiori les parents“.

En 2014, Child Focus a mis en place une ligne d’aide, le 116 000, à propos de la sécurité en ligne des mineurs. Le nombre d’appels, en constante augmentation atteint une moyenne de 400 dossiers par an. “60% des questions posées concernent l’atteinte à l’intégrité sexuelle des jeunes internautes et 90% des appelants sont des adultes préoccupés par le bien-être digital d’un mineur“, lit-on dans le communiqué.