Child Focus est une fondation pour enfants disparus et pour des enfants sexuellement exploités. Elle lance l’application Child Rescue, pour retrouver les enfants disparus plus rapidement grâce à l’appui de la population. 

Child Focus reçoit trois signalements d’enfants disparus par jour, en moyenne. Les premières heures après la disparition sont toujours cruciales. Parmi les disparitions, Miguel Torres Garcia le directeur de la communication de Child Focus parle des fugues, qui sont la majorité des dossiers. Mais également d’enlèvements parentaux, d’enlèvement par des tiers ou de disparitions de mineurs étrangers non accompagnés.

L’application Child Rescue s’adresse au grand public. Elle promet également des avancées capitales pour le futur de la recherche d’enfants disparus en Belgique et en Europe.

Signaler et consulter les disparitions 

L’outil est plus personnel et plus ciblé selon Child Focus. Un outil qui “correspond aux jeunes générations, mais pas seulement”, explique Miguel Torres Garcia. L’outil actuel n’est également “plus tributaire d’une connexion” pour avoir connaissance des cas de disparitions. À l’inverse des alertes sur Facebook par exemple.

Vous allez recevoir de manière personnelle sur votre téléphone une notification qui vous signale que dans votre région vous avez un cas de disparition et que notre organisation vous demande d’être plus vigilant, mais également de reporter ce que vous voyez”, explique le directeur de la communication.

Tout passe donc par des notifications “push“, et la géolocalisation. Les utilisateurs reçoivent uniquement les cas qui se passent dans leur région. “Sauf si nous avons décidé évidemment de lancer une publication nationale”, précise Miguel Torres Garcia. Libre aux utilisateurs de témoigner s’ils voient quelque chose qui correspond à l’alerte.

Il faut aussi préciser que si un utilisateur vit en dehors de la capitale par exemple, mais qu’il travaille à Bruxelles, il va recevoir une notification lorsqu’il se rendra à Bruxelles si une disparition a eu lieu dans cette zone.

Le début d’un système plus grand : machine learning 

L’application est conçue pour avoir une résonance européenne. Avec un intérêt pour les collaborations transfrontalières.

Le développement doit encore continuer. Il s’agit également de mettre en place des algorithmes pour suivre un parcours, ou localiser plus précisément un jeune. “Non seulement par rapport à sa propre disparition, mais par rapport à l’expérience que nous avons tirée d’autres disparitions”, précise Miguel Torres Garcia.

Nel Broothaerts, la directrice de la prévention chez Child Focus explique que dans le futur, le système pourra faire des suggestions. Notamment sur la pertinence des témoignages. “Par exemple, si on a dit que l’enfant a disparu le 20 août à 17h et qu’il est à pied. Si nous avons un témoignage par après qui vient de quelqu’un qui a dit j’ai vu l’enfant à Gand à 17h03, le système va suggérer que sans doute ce témoignage – même si nous allons le partager avec la police – est peut-être un peu moins pertinent”. Il s’agit d’entraîner le système pour qu’il puisse faire des suggestions. Des suggestions qui peuvent aussi donner des indications sur les itinéraires récurrents dans le cas d’une disparition. Ces fonctionnalités verront le jour plus tard.

Un outil d’appui et de suivi 

Plusieurs outils étaient à disposition pour lancer des campagnes de recherche. Les réseaux sociaux de Child Focus, les partenaires digitaux (SNCB, Loterie, Digitopia), les avis dans les médias. Mais aussi Child Alert sur Facebook et sur les autoroutes. Ou les traditionnelles campagnes d’affichage papier. L’outil Child Rescue est présenté comme un appui supplémentaire à toutes ces solutions.

Miguel Torres parle également d’une chaîne de solidarité. “Il est important pour nous qu’il y ait un ancrage, qu’il y ait une solidarité, et que cette solidarité se marque par une réaction rapide“. Il met un point d’attention sur le fait de tenir au courant les personnes qui s’intègre à cette solidarité sur le dénouement d’une affaire (mais évidemment pas sur l’enquête en cours).

L’application est disponible sur Android et iOS. Notez que l’utilisateur peut décider de s’enregistrer ou non sur l’application à l’aide de son adresse e-mail. Si l’utilisateur ne s’enregistre pas, il peut alors témoigner de manière anonyme.