On parle souvent de 5G et de l’influence des antennes réseaux sur le corps humain, mais on en oublie souvent que nos smartphones, s’ils sont récepteurs, sont aussi émetteurs d’ondes. C’est via le DAS que se mesure leur rayonnement.

Débit d’absorption spécifique, ou DAS. C’est le chiffre écrit en tout petit, en bas des publicités pour les téléphones, et que la plupart des consommateurs ne regardent même pas. Pourtant le DAS est une mesure importante, qui quantifie le rayonnement d’un modèle et ses effets sur nos organismes en mesurant la quantité d’énergie absorbée par le corps humain par unité de temps. Son unité est le Watt par kilogramme et cette énergie est perceptible physiquement par la chaleur. Après un appel prolongé, il n’est donc pas étonnant de constater un certain échauffement de l’oreille, qui n’est pas seulement dû aux frottements mais aussi aux transmissions d’ondes entre votre smartphone et l’antenne la plus proche.

L’Europe a mis en place depuis des années des valeurs seuils à ne pas dépasser pour avoir droit de commercialiser un smartphone. Ainsi, le DAS mesuré à la tête ne doit pas dépasser 2 W/kg pour être conforme, pareil pour le DAS mesuré au tronc (maximum 5 mm de distance), tandis que le DAS mesuré aux membres (téléphone dans les mains, poche de pantalon, brassard de course etc) doit être inférieur à 4 W/kg. En Belgique, c’est l’Institut belge des services postaux et des télécommunications qui est chargé de contrôler la bonne conformité de tous les appareils utilisant des fréquences radio. Son homologue français est l’Agence nationale des fréquences, qui met à disposition ses données pour qui souhaiterait les étudier. Un fichier qui recense des contrôles inopinés sur des smartphones, fréquemment mis à jour, est disponible en cliquant sur ce lien.

Des risques sur la santé ?

Les ondes émises et reçues par les smartphones utilisent des fréquences radio. Que l’on parle de 5G, 4G, 3G, de Wi-Fi ou même d’un four à micro-ondes, il s’agit à chaque fois du même type d’onde. Qu’on le veuille ou non, on y est donc confronté quotidiennement et il faut se trouver dans un coin franchement reculé pour ne plus y être exposé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe les ondes radio comme « possiblement cancérogènes », car il n’y a pas de preuves tangibles de corrélation entre l’apparition de cancers et l’exposition aux ondes sur le long terme. Il existe bien de nouvelles formes de pathologies comme l’hypersensibilité électromagnétique (HSEM), que l’on peut identifier avec des symptômes bénins comme de la fatigue chronique, des troubles de l’équilibre ou encore des nausées. Mais dans les faits, l’OMS indique qu’elle n’a pas formellement identifié les ondes comme étant responsables du syndrome HSEM, et que ce dernier pourrait venir de quantité d’autres facteurs : passer trop de temps derrière un écran, respirer de l’air de mauvaise qualité, subir les scintillement d’un éclairage artificiel, subir trop de stress dans l’environnement professionnel comme personnel… Il n’y a pas, aujourd’hui, de consensus sur la dangerosité des fréquences radios. Quantité d’études abondent dans un sens, quantité d’autres disent le contraire, beaucoup prétendent s’appuyer sur des sources fiables et des tests reproductibles à l’humain.

Le modèle choisi a son importance

En conséquence, en Europe c’est le principe de précaution qui prévaut, c’est à dire qu’en l’absence de preuves tangibles, on fait attention à ne pas déréguler complètement le secteur pour prévenir des conséquences sanitaires catastrophiques qu’on ne peut pas prévoir pour l’instant. En clair, ce n’est pas parce que la menace n’est pas avérée pour l’instant qu’elle n’existe pas… Mais pas de raison de céder à l’affolement, ne serait-ce que parce que si vous vivez en ville, vous ne pourrez simplement pas échapper aux ondes. Simplement, pensez à vérifier lorsque que vous changerez de smartphone que le DAS mesuré à la tête indiqué par le constructeur est le plus bas possible. Ça peut aussi être un critère de choix si vous hésitez entre deux modèles aux prestations similaires ! Car on passe dans certains cas du simple au double… Certains appareils émettent moins d’1 W/kg. D’autres se rapprochent des 2 W/kg. Certains appareils vendus en dehors de l’Europe ont même un rayonnement de près de 3 W/kg. Mieux vaut donc éviter l’import d’appareils de marques asiatiques de façon générale.

Des émissions différentes selon les activités

Ce qu’il est important de savoir, c’est qu’un smartphone n’émet pas à tout moment de la journée la même quantité de radiations. Il émettra le plus de radiations à l’allumage. Ensuite, viennent les phases d’usage intensif : les appels vocaux, l’usage combiné du GPS / Wifi / Bluetooth et la recherche de réseau – par exemple lors d’un déplacement en voiture, en train, en bus ou dans une région reculée. Lorsqu’il passe un appel, l’intensité est multipliée par quatre voire cinq. C’est donc bien l’usage intensif qu’il faut de préférence proscrire.

Une personne qui passe 2h par jour au téléphone, l’oreille collée contre son smartphone, qui dort à côté de son appareil sans avoir activé le mode avion et en laissant le Wifi / Bluetooth & GPS activés, et laisse le Wifi activé à pleine puissance toute la journée à proximité de lui est donc en théorie beaucoup plus exposée aux ondes qu’une personne qui a un usage beaucoup plus modéré de son mobile.

La plupart des experts s’accordent toutefois pour dire que le seul danger potentiel de ces radiations, c’est l’élévation du niveau de la température, liée à une forte exposition prolongée – par exemple, lors d’un appel téléphonique d’une trentaine de minutes. L’augmentation de la température resterait toutefois réduite à un petit degré ou plus. “Les niveaux d’exposition aux réseaux sans fil sont si bas que le niveau d’élévation de la température est insignifiant et n’affecte pas la santé humaine” insiste l’Organisation Mondiale de la Santé. Il n’y aurait donc, encore une fois, aucune raison de s’inquiéter. Dans l’absolu, rien ne vous empêche toutefois de réduire votre exposition en suivant nos conseils.