Le Paquet Souveraineté Technologique de la Commission est peut-être le plan le plus ambitieux que Bruxelles ait jamais présenté sur le numérique. L’Europe tire la sonnette d’alarme sur sa dépendance technologique et passe à l’offensive : la Commission européenne a présenté son Paquet Souveraineté Technologique, un ensemble législatif ambitieux qui veut tripler la capacité cloud du continent, relancer sa filière semi-conducteurs et bâtir des alternatives souveraines à l’IA et au cloud américains. Pour y parvenir, la Commission articule son plan autour de quatre piliers : la production de semi-conducteurs, les serveurs IA, l’open source et l’énergie. Il faut dire qu’en 2026, les 27 de l’Union européenne dépendent encore énormément des Etats-Unis d’une part, et de l’Asie d’autre part, dans ces quatre secteurs. L’objectif est donc de rassembler les pays membres sur le sujet du numérique face à un monde plus fragmenté que jamais. En 2023, la Commission présentait le Chips Act, une loi visant déjà à doubler la part de marché européenne en production de semi-conducteurs et permettant de ne plus dépendre exclusivement de Taïwan et compagnie. Si sa promulgation a donné un nouvel élan au marché, il n’a certainement pas atteint les chiffres attendus. Avec le Chips Act 2.0, l’UE veut aller encore plus loin. Les procédures de permis seront accélérées pour la construction d’usines, un label d’excellence sera mis en place et un soutien à l’investissement promis. Du côté des serveurs IA, là aussi l’UE voit grand. Objectif : tripler la capacité des centres européens dans les 5 à 7 ans. Focus sur l’énergie et sa digitalisation En matière d’open source, la Commission annonce que 3 millions de contributeurs sont actifs en Europe. Là aussi, elle souhaite encourager l’utilisation de l’open source dans les administrations publiques, investir dans les startups open source et, surtout, développer des alternatives souveraines dans le cloud, l’IA, la cybersécurité et les semi-conducteurs. “Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre des autres pour les technologies qui font fonctionner nos hôpitaux, stabilisent nos réseaux énergétiques et sécurisent nos services”, justifie la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. “Il s’agit de protéger nos citoyens, de défendre nos intérêts et de faire nos propres choix.” Enfin, face à une énergie toujours plus chère, l’Europe estime que la digitalisation du secteur est plus que nécessaire. Pour cela, elle prévoit des mesures visant, notamment, à développer des modèles IA souverains pour l’énergie ou encore à accélérer le déploiement des compteurs intelligents.