Traumatismes psychiques, blessures physiques, santé mentale en berne : les médecins britanniques tirent la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux avec une comparaison qui fait froid dans le dos, à savoir celle du tabac des années 50. L’histoire se répéterait-elle ? Dans les années 1950, les grands industriels du tabac finançaient des études pour semer le doute sur les véritables effets nocifs qu’a la cigarette sur la santé des jeunes. Il aura ensuite fallu attendre la fin du XXe siècle pour que l’on commence réellement à prendre au sérieux le danger que représente le tabac. Si le tabac est aujourd’hui de moins en moins populaire chez les jeunes, c’est une toute autre addiction qui est désormais pointée du doigt. Selon l’Academy of Medical Royal Colleges, qui représente les 23 collèges et facultés médicaux royaux du Royaume-Uni, les réseaux sociaux seraient presque aussi dangereux pour les adolescents que le tabac ne l’était à l’époque. Sur 132 médecins interrogés, plus de la moitié aurait constaté au moins un cas de préjudice lié aux écrans et aux appareils chaque semaine, tandis que plus d’un tiers en observerait plusieurs fois par semaine. De sérieux préjudices pour les jeunes “Il peut y avoir peu de sujets qui ont autant uni les cliniciens ces dernières années que l’impact que l’exposition sans limites à la tech et aux appareils a actuellement sur la santé des enfants et des jeunes”, explique l’Academy dans sa soumission au gouvernement. Les préjudices documentés sur les jeunes vont des traumatismes psychiques (vidéos violentes) aux blessures physiques (challenges sur TikTok, comme celui-ci ou celui-là) en passant par les impacts sur la santé mentale. Cette étude pourrait d’ailleurs appuyer le gouvernement britannique dans son projet de loi visant à restreindre l’utilisation des réseaux sociaux chez les jeunes. Celui-ci prévoit notamment d’interdire ces plateformes aux moins de 16 ans, de mettre en place des couvre-feux numériques, d’imposer des limites de temps d’utilisation ou encore de poursuivre le déploiement du dispositif de restriction proposé aux familles britanniques. Le problème, c’est que l’industrie de la tech nie fermement les accusations auxquelles elle fait face et continue de se voiler la face. Au fil des années, les Meta et autres TikTok ont installé des garde-fous pour limiter l’accès à leurs réseaux aux plus jeunes, mais rien qui soit suffisamment efficace. Pire encore quand on voit la facilité déconcertante qu’avaient les mineurs au début de l’ère des réseaux sociaux à s’inscrire sur ces plateformes qui leur étaient pourtant théoriquement interdite.