Selon le PDG de Nokia, le déploiement de la 5G en Europe serait retardé. La raison serait due aux obstacles réglementaires en la matière en Europe.

Lors du MWC, Rajeev Suri s’est exprimé au sujet du déploiement de la 5G en Europe. Répondant aux questions de la journaliste Karen Tso, de CNCB, le PDG de Nokia a souligné le fait que l’Europe était à la traine en comparaison avec les États-Unis et la Chine.

Selon lui, ce retard s’expliquerait par plusieurs éléments. Le premier serait structurel. L’Europe manque de spectre, des ondes radio nécessaires pour les réseaux sans fil haut débit, sur tout le continent. « Le spectre est disponible dans certains pays, mais pas dans tous », a-t-il déclaré.

La seconde raison de ce retard serait que la réglementation européenne en la matière serait trop stricte. Le marché est sur-réglementé. Pourtant, Nokia a tout de même réussi à signer un contrat avec le Danemark pour tester les équipements 5G du fournisseur norvégiens.

Le discours pessimiste de Rajeev Suri est à mettre en parallèle de la controverse croissante d’un autre fournisseur d’équipements 5G, Huawei. Depuis plusieurs mois, la société chinoise est accusée de déployer une technologie faillible exploitable par le gouvernement chinois pour espionner les pays européens. Des accusations que Huawei réfute évidemment.

Nokia suit de très près ce dossier. Si l’Europe interdit effectivement la 5G de Huawei, Nokia, qui fait partie des trois plus grands fournisseurs au monde d’équipements de télécommunication avec la société chinois et Ericsson, pourrait bien récupérer le marché. Une décision qui pourrait coûter très cher à l’Europe comme l’a souligné Nick Read, patron de Vodafone, lors du salon MWC.

« Nous serons là pour nos clients quand ils auront besoin de nous », a avancé Rajeev Suri, précisant tout de même que cette mission pourrait dépasser les compétences de l’entreprise norvégienne. « Tout ce que je peux dire, c’est que la sécurité ne sera pas négociable dans le monde de la 5G », a rajouté le PDG de Nokia.

Concernant les accusations à l’encontre des technologies de Huawei, l’Europe doit encore étudier le sujet et donner son verdict. L’Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique envisagent d’exclure Huawei de leur territoire.