Le salon des télécommunications (MWC) qui s’est tenu à Barcelone a été l’occasion de découvrir les dernières tendances en matière de smartphones et d’avancée technologiques, mais l’évènement a aussi permis de revenir sur la polémique autour des équipements 5G de Huawei.

En guerre commerciale depuis plusieurs mois, les États-Unis ont multiplié les accusations envers la Chine et ses entreprises. Fin 2018, Donald Trump avait corsé les choses en accusant Huawei d’utiliser ses équipements de télécommunication comme moyen d’espionnage pour le gouvernement chinois. Des accusations qui ont été prises au sérieux, notamment en Europe où plusieurs pays envisagent d’interdire la présence des équipements de la société chinois sur leur territoire, et ce, malgré les réfutations de Huawei.

Le Mobile World Congress a été l’occasion pour plusieurs acteurs des télécommunications de revenir sur le sujet, notamment le patron de Vodafone, Nick Read, mais surtout, le principal intéressé, Huawei.

Durant sa conférence, le vice-président du conseil et président suppléant de la société chinoise, Guo Ping, a débuté par une blague de circonstance « il n’y a jamais eu autant d’intérêt pour Huawei […] Nous devons faire quelque chose de bien ». Se voulant rassurant, le président suppléant de Huawei a déclaré qu’il était plus judicieux d’attendre l’avis des experts concernant la sécurité du réseau chinois plutôt que de se baser sur les propos du président américain.

Malgré le nuage sombre qui plane au-dessus de la société, Guo Ping a affirmé que Huawei était « la première entreprise capable de déployer des réseaux 5G à grande échelle ». Il a également ajouté que sa société proposait un kit réseau de nouvelle génération « puissant, simple et intelligent », plus performant que ce que les États-Unis proposent.

À travers son discours – qui se voulait sympathique -, parsemé de blagues et de pics à l’encontre des États-Unis, Guo Ping a souligné le fait que la sécurité d’un réseau devait être assurée tant par les équipements que par les opérateurs qui l’utilisent « les opérateurs sont responsables des opérations sécurisées de leurs propres réseaux. Les réseaux 5G sont des réseaux privés. La limite entre différents réseaux est claire. Les opérateurs peuvent empêcher les attaques extérieures avec des pare-feu et des passerelles de sécurité. Pour les menaces internes, les opérateurs peuvent gérer, surveiller et auditer tous les fournisseurs et partenaires afin de s’assurer que leurs éléments de réseau sont sécurisés ».

Enfin, afin de dissiper les derniers doutes, le président suppléant de Huawei a déclaré qu’« en tant que fournisseur, nous n’exploitons pas les réseaux des opérateurs et nous ne possédons pas de données d’opérateur ». Il a également ajouté que sa société ne faisait pas « de mauvaises choses ».

Un discours qui se veut rassurant, mais qui n’empêchera pas l’Europe de poursuivre son enquête sur la sécurité des équipements de Huawei. La Grande-Bretagne et l’Allemagne, ainsi que la Belgique, envisagent d’exclure les équipements 5G de la société chinoise.

 

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