Lors du salon du Mobile World Congress, le PDG de Vodafone s’est exprimé sur la possible interdiction de Huawei en Europe, pourtant fournisseur de nombreux systèmes de télécommunication. Selon Nick Read, cette décision pourrait retarder d’au moins deux ans le déploiement de la 5G.

Au cours d’une conférence de presse au MWC, le PDG de Vodafone s’est exprimé sur les effets pervers que l’interdiction de Huawei de déployer une infrastructure 5G en Europe pourrait avoir. La firme chinoise fait partie du trio des plus grands fournisseurs au monde d’équipements de télécommunication, avec Nokia et Ericsson.

Selon Nick Read, exclure Huawei pourrait entraver la concurrence entre les trois sociétés et donner lieu à une situation malsaine « si nous concentrons nos efforts sur deux acteurs, je pense que ce serait une position malsaine, non seulement pour nous en tant qu’industrie, mais également pour les infrastructures nationales du pays ».

Rappelons tout de même que Vodafone et Huawei sont des partenaires commerciaux. Ils l’ont d’ailleurs bien illustré lors du salon des télécommunications de Barcelone avec une démonstration 5G. La société britannique repose sur les équipements de la société chinois pour son réseau.

Nick Read a également affirmé que remplacer les infrastructures de Huawei déjà présentes en Europe par celles d’un concurrent pourrait coûter très cher aux opérateurs mobiles et, in fine, aux consommateurs. Cela retarderait également le déploiement de la 5G sur le vieux continent d’au moins deux ans.

La société chinoise est l’un des plus grands fournisseurs d’équipements de télécommunication au monde grâce à une offre de qualité à des prix attractifs en comparaison avec ses concurrents. Il est d’ailleurs le principal fournisseur de Proximus et Orange Belgium. Mais le côté sombre de la chose est que Huawei est accusé d’implanter une technologie faillible ce qui laisserait une porte ouverte pour l’espionnage en faveur du gouvernement chinois.

Des soupçons partagés par le directeur du Centre pour la Cybersécurité de Belgique (CCB), Miguel De Bruycker, qui, en décembre dernier, avait déclaré que plusieurs études avaient démontré « que l’utilisation de la technologie de Huawei comporte des risques ».

Évidemment, la société chinoise réfute totalement ces accusations.

Nick Read invite autant les États-Unis que les pays européens à présenter les preuves qui appuieraient les accusations contre Huawei car, jusqu’ici, aucun fait ne va dans cette direction, selon le patron de Vodafone.