En 2013, Elon Musk livre un document détaillant le fonctionnement de l’Hyperloop. Disponible pour tous, ce livre blanc a rapidement trouvé preneur puisque trois grandes entreprises se sont lancées dans l’aventure : Virgin Hyperloop One, Hyperloop Transportation Technologies et TransPod. Qui sont ces sociétés d’aujourd’hui, constructeurs du transport de demain?

Virgin Hyperloop One

Dans les mois qui suivent la publication d’Hyperloop Alpha, le fameux document produit par Elon Musk et ses équipes d’ingénieurs issus de Tesla et SpaceX, Shervin Pishevar et Brogan BamBrogan fondent Hyperloop Technologies qui sera rebaptisé Hyperloop One par la suite.

L’entreprise s’installe à Los Angeles et tente de réunir les investisseurs autour d’elle. Mise en couverture du magazine Forbes en février 2015, Hyperloop Technologies commence à attirer les regards et les nouvelles recrues.

C’est l’année 2016 qui sera décisive pour l’entreprise avec le premier test du système de propulsion de l’Hyperloop effectué dans le désert du Nevada en mai. Plus tard dans l’année, une piste de plusieurs kilomètres y sera érigée.

Un premier essai est mené avec succès dans la nuit du 11 au 12 juillet 2017 : L’engin circule à 112 km/h dans un tube sous vide de 500 mètres de long. Un nouvel essai lui succède en août avec une vitesse de pointe de 310 km/h, puis en décembre, où le prototype atteint les 387 km/h sur la même piste.

Fin 2017, Virgin se greffe à l’entreprise désormais nommée Virgin Hyperloop One suite à l’arrivée d’un investisseur de choix : le PDG de Virgin Richard Branson qui prendra la tête de l’entreprise pendant près d’un an.

À ce jour, il s’agit de l’entreprise la plus prometteuse pour le lancement de l’Hyperloop. Les contrats avec les gouvernements se multiplient et les projets les plus ambitieux autour du globe sont signés Virgin Hyperloop One. L’ouverture de la toute première ligne commerciale qui reliera Dubaï à Abu Dhabi en 12 minutes est attendu pour 2020.

Hyperloop Transportation Technologies (HTT)

Le parcours de cet autre firme américaine est bien différent puisque c’est grâce au financement participatif qu’elle verra le jour. Fondée un peu plus tôt qu’Hyperloop One, en novembre 2013, l’entreprise attire des ingénieurs de haut vol autour d’elle.

HTT décide de ne pas se concentrer sur la ligne qui doit relier Los Angeles à San Francisco pour faire ses preuves, cette liaison souvent évoquée par Elon Musk en guise d’exemple pour son mode de transport. La société s’intéresse immédiatement à d’autres horizons et signe notamment un contrat avec le gouvernement slovaque pour la construction d’un réseau au centre de l’Europe qui devrait, à terme, relier Bratislava, Vienne, Budapest et Cracovie.

HTT se voit confier de sérieux projets autour du globe et amasse d’importants investissements à travers plusieurs levées de fonds. On signale sa présence en Indonésie, aux États-Unis, en Corée du sud et surtout en France. La société y a installé son premier centre de recherche début 2017, puis débuté l’assemblage de la toute première ligne d’une longueur de 320 mètres à laquelle un segment d’un kilomètre viendra s’ajouter dans le courant de cette année.

Les tubes qui compose la piste d’essai de Toulouse en route vers le centre de recherche.

C’est à HTT qu’on doit la conception du Vibranium, un matériau composite au nom inspiré de l’univers de Marvel. Cet alliage ultra-résistant recouvrira les capsules qui circuleront à plus de 1000 km/h à l’intérieur des tubes sous vides des Hyperloop développés par HTT.

La firme crée l’événement en octobre dernier, présentant au public la toute première capsule habitable en Espagne. Elle doit pouvoir accueillir entre 28 et 40 passagers dans un espace intérieur de 15 mètres et effectuera son premier voyage sur la piste de Toulouse.

La capsule assemblée en Espagne, d’une longueur de 32 mètres pour 5 tonnes.

TransPod

Seule firme non-américaine du trio de tête de l’Hyperloop, TransPod nous vient tout droit du Canada. À la différence des deux autres entreprises, l’Hyperloop de TransPod se distingue par son système électromagnétique qui permettra aux capsules de léviter en lieu et place d’air comprimé.

Néanmoins, la firme fondée en 2015 par le duo Sébastien Gendron et Ryan Janzen prend également racine dans le document publié par Musk. Cadette des trois entreprises phare pour l’Hyperloop, TransPod débloque un premier investissement de 15 millions de dollars en novembre 2016, plus d’un an après sa création.

Le petit dernier se démarque par des coûts potentiels inférieurs à Virgin Hyperloop One et HTT. Dans une étude publiée en juillet 2017, la firme assure un coût 30% inférieur aux lignes de train à grande vitesse. Le prix est l’un des arguments les plus porteurs du projet Hyperloop mais il s’est avéré moins intéressant que prévu au fil du temps, avec des estimations allant parfois au-delà de ce qui était annoncé par Musk.

TransPod a su maintenir le cap économique en s’écartant justement de l’itinéraire tracé par le livre blanc d’Elon Musk. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’entreprise ne porte pas le nom Hyperloop.

Une fois encore, c’est la France qui a été choisie pour une piste d’essai. Droux, un village voisin de Limoges accueillera prochainement une piste d’essai avec l’objectif d’y mener les premiers tests d’ici la fin de l’année. TransPod table sur l’ouverture d’une première ligne commerciale d’ici 2030.

Et les autres?

D’autres startups ont pris part à l’aventure initiée par le patron de Tesla et SpaceX. Seulement, les investissements sur la table ne sont pas aussi importants que pour les trois actuels leaders en matière d’Hyperloop.

On retiendra tout de même l’existence de Hardt, une jeune pousse néerlandaise née d’une équipe d’étudiants de Delft qui a réussi à faire circuler une capsule à une vitesse de 142 km/h dans le cadre d’une compétition organisée par SpaceX en Californien juillet dernier. Ils n’étaient pourtant que deuxième au classement. Devant eux? Une équipe universitaire appelée WARR Hyperloop dont le pod a atteint les 467 km/h.

Ces essais restent toutefois difficilement comparables à ceux menés par Hyperloop One puisqu’il s’agissait de capsules de la taille d’un homme et d’un poids de 70 kg.