Un reportage diffusé sur M6 a révélé les pratiques douteuses d’Amazon quant à la gestion des marchandises invendues. Le géant américain des sites de vente en ligne aurait recours à la destruction de ses invendus, une pratique qui représenterait près de 3 millions d’objets neufs détruits chaque année, en France. Mais pourquoi Amazon a-t-il recours à cette solution ?

Le géant américain repose essentiellement sur les produits fabriqués par des vendeurs tiers. La plupart d’entre eux proviennent de Chine. Pour satisfaire le plus rapidement possible les commandes de ses clients, Amazon a établi de nombreux entrepôts de stockage à travers le globe, dont l’Europe, dans lesquels sont entreposés des produits. Ainsi, en France, on retrouve actuellement 5 entrepôts, mais deux supplémentaires devraient voir le jour dans le courant des prochains moins.

Or, entreposer des marchandises coûte un certain prix puisqu’il s’agit de louer un emplacement le temps que la vente en ligne se fasse. Une vente qui peut prendre du temps et, comme tout le monde le sait, le temps, c’est de l’argent. Ainsi, Amazon propose à ses vendeurs de louer des espaces dans ses différents entrepôts pour 26 euros le mètre cube. Au bout de 6 mois, la facture flambe puisqu’Amazon demande 500 euros et le double après un an.

En cas d’invendus, le géant américain propose seulement deux solutions aux vendeurs. Les vendeurs tiers peuvent récupérer leurs marchandises afin d’éviter de payer pour le stockage inutile de celles-ci. S’ils ne souhaitent pas récupérer leurs produits, Amazon propose alors de les détruire. Une solution qui semble séduire de nombreux vendeurs puisque ce sont près de 3 millions d’objets divers qui sont détruits chaque année en France. Parmi eux, certaines marchandises présentent des défauts de fabrication ou autres, mais une grande part est dans un état parfait.

Crédit : Guillaume Souvant – AFP

Avoir recours à cette solution permet aux vendeurs d’éviter de payer des indemnités de stockage à Amazon et de payer le réacheminement des marchandises à la maison mère. En fonction des volumes, leur renvoi peut s’avérer très coûteux. De son côté, Amazon récupère de nouveaux emplacements pour d’autres produits qui pourraient connaitre un meilleur succès sur son site.

En réalité, Amazon n’est qu’une plaque tournante sur lesquels des millions de produits sont publiés, vendus et acheminés. La fortune engrangée par le site américain repose donc sur les commissions touchées grâce aux ventes réalisées sur son site, mais également de l’entreposage des marchandises dans ses bâtiments.

Amazon n’est pas le seul à avoir recours à ce genre de pratiques. Dans le marché de la mode, de grands noms de la haute couture préfèrent également détruire leurs marchandises plutôt que de la rapatrier à la société mère et de les stocker ou de les vendre à un prix trop bas.

Amazon, bientôt responsable des produits qu’il vend ? 

À l’origine de ces révélations, un journaliste, Guillaume Cahour, qui a réalisé un reportage au cœur d’un entrepôt d’Amazon, à Loiret, pour l’émission Capital, diffusée sur M6. Un reportage qui a choqué de nombreuses personnes, consommateurs et politiques, et qui a permis la création d’une pétition contre ce genre de pratiques.

Du côté du gouvernement français, la secrétaire d’État du ministre de la transition écologie, Brune Poirson, entend bien interdire ces méthodes considérées comme irresponsables et incompréhensibles. À terme, la secrétaire d’État espère également rendre les « market place » telles qu’Amazon « comme étant responsables par défaut de la fin de vie des produits qu’elles commercialisent ».