Peu spectaculaire, la conférence annuelle des développeurs organisée par Google a surtout été le théâtre d’une philosophie industrielle basée sur la valorisation des créations.

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Pas d’appareil, zéro cadeau

Cet I/O 2015 prolonge une certaine et récente tradition qui veut que l’attention soit exclusivement tournée vers le code, les plateformes et les services. Google n’a donc pas présenté de nouveaux Nexus, de Chromecast améliorée ou tout autre gadget expérimental. Hormis Jump, cette caméra circulaire équipée de plusieurs GoPro et compatible avec YouTube, aucun dispositif majeur n’a ébloui la scène du Moscone Center de San Francisco ce jeudi.

Tout au plus, des chiffres et des promesses ont été évoqués à propos d’Android Auto qui équipera bon nombre de voitures dont toutes les Volkswagen, d’Android Wear et ses futures montres connectées et d’Android TV avec des téléviseurs équipés par Sony, Philips et Sharp.

Nouveauté: les participants n’ont pratiquement rien reçu pour les remercier de leur présence. Google est, semble-t-il, agacé de voir des pique-assiettes plutôt qu’une population réellement intéressée.

We are only here to make you go

Après une introduction animée particulièrement réussie et relativement accaparante, sur des sons tonitruants, les spectateurs ont été rapidement placés face à des diapositives comprenant du code. Rappel: il s’agit bel et bien d’une conférence pour développeurs. Même la dernière chanson, Go, des Chemical Brothers accompagnant la vidéo de présentation initiale annonce la couleur. Le refrain dit simplement: no time to rest (pas le temps de se reposer), just do your best (faites de votre mieux), what you hear is not a test (ce que vous n’entendez n’est pas un test), we are only here to make you go (nous sommes ici uniquement pour vous faire décoller). Le message est on ne peut plus clair: l’époque beta permanente est définitivement enterrée, les outils sont sérieux, le ton est inquisitoire, les mains des millions de programmeurs sont invitées à marteler les claviers. La star n’est pas Google mais vous, producteur de contenu.

Android M, Brillo

Android est ce que l’on peut appeler le Windows des smartphones. Et, à ce titre, Google ne prend aucun risque avec la prochaine version majeure de sa plateforme. Il s’agit uniquement d’améliorer les performances et de peaufiner l’expérience des utilisateurs. Point final. Une prévisualisation technique est livrée aux experts tandis que les consommateurs traditionnels, un brin technophiles tout de même, devront attendre le troisième trimestre pour acquérir un smartphone ou une tablette bénéficiant des nombreux ajustements annoncés. Rien sur les mises à jour, rien sur des solutions pour éradiquer la fragmentation.

Par contre, une nouvelle branche d’Android a été coupée afin de fournir aux fabricants d’objets connectés une nouvelle plateforme légère mais efficace. A ce propos également, Google ne se montrera pas très prolixe, repoussant d’éventuels détails pour la fin de l’année.

Google Now partout

A l’aide d’algorithmes toujours plus complexes et d’une immersion encore plus profonde, le moteur de recherche livre des réponses sans même devoir quitter l’activité en cours sur son appareil mobile. La fonction « now on tap » est tout aussi fantastique que redoutable puisqu’elle comprend le contexte dans lequel elle intervient, récupère un tas d’informations et parvient à fournir une réponse à « quel est son vrai nom » sachant que le lecteur musical joue une chanson. L’artiste est ainsi immédiatement démasqué alors que la question ne comprenait même pas son nom de scène. Le même bidule saisit qu’un de vos contacts vous demande si un cinéma vous intéresse. Lorsqu’un titre de film apparaît, un long appui sur le bouton d’accueil indiquera tout ce que vous devez savoir sur ce long métrage.

Android Pay

Même si le portefeuille de Google existe depuis plusieurs années, l’arrivée de Apple Pay et de son succès retentissant force l’éditeur d’Android à revoir sa copie. Ne dites plus Google Wallet mais Android Pay. Enfin, si vous habitez de l’autre côté de l’Atlantique. En Europe, inutile de demander quand cette méthode de paiement débarquera.

Google Photos

En détachant l’ensemble des fonctions photographiques de Google+ au sein d’un service isolé, le géant américain a créé certainement la seule surprise de taille de ce Google I/O 2015. En effet, aux côtés des fonctions déjà connues mais singulièrement améliorées, l’espace de stockage est désormais tout à fait libéré de limite.

Bonne nouvelle, les applications iOS et Android, ainsi que le site photos.google.com, ont été immédiatement rendus disponible dans les minutes qui ont suivi l’annonce. Chose suffisamment rare que pour être soulignée.

Inbox

L’autre petite surprise vient de la nouvelle boîte de réception de Google qui ne requiert plus d’invitations et dont les fonctions continuent d’évoluer. La mise à jour a été immédiatement fournie pour profiter de la nouvelle organisation des mails concernant les voyages et de bien d’autres nouveautés intéressantes.

Le prochain milliard

Google ne ménage pas ses efforts pour convaincre les marchés émergents de foncer vers ses plateformes. Après l’initiative Android One, c’est Google Maps qui va fournir un mode hors ligne étendu afin d’éviter des téléchargements trop importants dans les zones où l’accès au web mobile reste très onéreux.

Le cardboard, ce bout de carton dans lequel on glisse un smartphone pour découvrir la réalité augmentée, est non seulement plus accessible mais permet de découvrir encore de nouveaux mondes.

Le plus important est derrière le rideau

Si les quelques annonces de ce Google I/O 2015 peuvent paraître peu enthousiasmantes et, somme toute, classiques dans un univers informatisé qui progresse constamment à vive allure, les nouveautés les plus marquantes se situent au niveau du développement. Les Play Services et les directives d’interface Material Design ont été sérieusement mis à jour avec une quantité impressionnantes de nouvelles possibilités offertes aux éditeurs. Que ce soit en matière d’échange d’identité entre appareils, de flux vidéos envoyés vers la télévision, de communication avec les montres et des avancées sur le segment fitness, il reste complexe d’établir une liste exhaustive. Mais encore faut-il que les plateformes diffusées auprès des consommateurs suivent.

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