Test – The Last Oricru : un souls-like qui sort des sentiers battus

Développé par un petit studio tchèque inconnu au bataillon, The Last Oricru est l’un des premiers jeux “new-gen only” à voir le jour. Et incontestablement, une bonne surprise. 

S’il n’a que peu fait parler de lui jusqu’ici, l’éditeur Prime Matter commence petit à petit à révéler ses ambitions. Après Dolmen, il nous livre The Last Oricru, un second Souls-like qui joue lui aussi la carte de l’originalité. Pour se démarquer de son modèle, le petit studio tchèque Goldknights n’a de facto pas hésité à oser explorer de nouvelles idées.

L’univers de The Last Oricru se démarque des autres univers fantasy.

Tout d’abord, au niveau de l’univers. Exit la fantaisie pure. Si l’on est bien plongé dans un univers médiéval, le monde de The Last Oricru mélange fantaisie et science-fiction puisque l’on incarne ici le rescapé (humain) d’un crash sur une curieuse planète aux confins de la galaxie, où le joueur va se retrouver au beau milieu d’une guerre entre deux factions, les Ratkins, des humanoïdes à l’apparence de rats, qui ont été asservis par les Noborus, une curieuse espèce indigène.

Autre distinction majeure avec les autres Souls-likes, The Last Oricru développe son univers à travers un scénario très riche, secondé par de nombreuses cinématiques et dialogues. Très rapidement, le jeu prend des allures de Game of Thrones et nous introduit à une multitude de personnages secondaires qui ont tous leurs propres ambitions et vous proposeront des quêtes qui permettront de faire évoluer des lignes narratives distinctes. Chaque choix posé par le joueur mènera à des conséquences qui seront lourdes pour chacun. En tuant un personnage central, le joueur se fermera ainsi les portes de plusieurs arcs narratifs. Le jeu introduit d’ailleurs un système de gestion des relations avec les deux factions en présence, qui impactera lourdement son aventure puisque la faction dont il est le plus proche le considérera comme un allié et l’autre comme un ennemi, ce qui signifie que chaque niveau du jeu peut en théorie être joué au moins deux fois, de façons radicalement différente, avec des quêtes qui diffèrent énormément dans leurs structures. Vous pourrez ainsi participer à la “Ratvolution” contre les Naborus, ou prendre part aux conflits internes chez les Naborus, tout en écrasant ladite révolution. Rien ne vous empêchera non plus de changer la direction de la ligne narrative en cours de route en trahissant un allié et en rapportant la tête d’une personnalité à la faction dissidente… Le concept est bien rôdé et offre d’entrée de jeu une énorme rejouabilité au titre.

Selon la faction que vous supporterez, les quêtes seront radicalement différentes.

Et puis, bien sûr, il y a la partie coop, véritable atout de ce Souls-like. Il est de facto possible de parcourir toute l’aventure à deux joueurs, en écran splitté. Le jeu a d’ailleurs réellement été pensé dans ce sens, puisque certaines armes privilégient un usage en coopération. Rassurez-vous il est tout à fait possible d’y jouer en solitaire également, mais à deux, le jeu est radicalement plus fun.

Malgré les apparences, The Last Oricru n’est donc pas un bête clone de Dark Souls. A vrai dire, il se rapproche d’ailleurs davantage d’un action-RPG que d’un Souls-like. Si le gameplay tire clairement son inspiration de Dark Souls et Elden Ring, surtout pour les combats et les affrontements de boss, la structure des niveaux et le système d’évolution rappelle davantage un Dragon Age. Beaucoup plus linéaire qu’un Elden Ring, The Last Oricru accorde énormément d’importance à la customisation de son personnage.

Il est possible de parcourir l’aventure en coop.

Il faudra ici non seulement faire évoluer son équipement – en achetant de nouveaux éléments ou en les améliorant, avec la fortune accumulée -, mais aussi faire évoluer les compétences de son personnage avec l’expérience accumulée, et ainsi lui donner un style de jeu bien particulier en privilégiant la force, la vitesse, la magie… Chaque point attribué aura une importance capitale car certaines armes ne peuvent ici être utilisées que si vous avez un nombre suffisant de points dans une catégorie définie. De façon générale, on sent également très bien la montée en puissance du personnage au cours de l’aventure.

Les combats de boss sont assez intenses.

Si la formule fonctionne plutôt bien et The Last Oricru parvient brillamment à se distinguer de ses modèles, tout n’est toutefois pas parfait. Le jeu est taillé pour tous les publics. Le challenge est là pour les experts, mais un mode débutant est également proposé, ce qui est clairement un très bon point. Accessible dans son gameplay, le titre a toutefois tendance à être plus difficile par la suite non pas de par les affrontements mais de par sa structure. On évolue ici dans des niveaux linéaires qui sont tous interconnectés et les quêtes nous poussent à faire de nombreux allers-retours. Or, les indications ne sont pas toujours claires et il ne sera pas rare de devoir chercher un personnage durant parfois des dizaines de minutes pour pouvoir avancer dans la quête. En fonction de vos chois narratifs, des incohérences risquent également de se poser et de vous bloquer dans l’aventure. Au moins partiellement sur certaines quêtes, avec des chemins bloqués notamment. Tout cela n’est pas forcément très bien pensé.

Dans la mine, vous serez amené à utiliser des charriots pour progresser.

Et puis bien sûr il y a les bugs, encore nombreux même si une première mise à jour en a corrigés certains. Ce n’est pas catastrophique, mais on sent que le projet était ambitieux pour une petite équipe.

Sans oublier les doublages en anglais (avec sous-titres FR), absolument médiocres, avec un accent anglais très prononcé et un ton rarement adapté aux dialogues.

Malgré ces défauts, The Last Oricru s’impose toutefois comme un titre très intéressant pour les amateurs d’action RPG, parce que justement il ose une approche différente avec des idées joliment explorées, un mode coop, ce qui est assez rare pour être noté, mais aussi parce qu’il est proposé à un tarif attractif (39,99€) pour un jeu double-A complet, et dispose d’une réalisation soignée. Pour un jeu new-gen only, Oricru n’est pas une claque, mais ils e révèle suffisamment joli pour qu’on apprécie cette balade. Le jeu utilise l’Unreal Engine 4 à bon escient. Ce sont toutefois surtout sa direction artistique et ses superbes panoramas qui lui donnent du cachet.

Conclusion

A mi-chemin entre un Souls-like et un action-RPG, The Last Oricru est l’une des bonnes surprises de cette fin d’année. Le premier jeu du studio tchèque Goldknights brille par la richesse de son univers, ses choix narratifs qui impactent lourdement la progression et offrent une excellente rejouabilité au titre, son mode coop brillant et son système d’évolution du personnage. Accessible, contrairement aux autres Souls-likes, le jeu de Goldknights est également plutôt joli et ose se distinguer des autres action-RPG par son univers scifi. Dommage que quelques bugs soient présents et que le jeu se perde parfois dans ses choix narratifs… Le potentiel du titre était énorme. La finition déçoit. Reste que pour les amateurs du genre, The Last Oricru a au moins le mérite d’apporter un petit vent de fraîcheur… 

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The Last Oricru

Gameplay 7.5/10
Contenu 8.5/10
Graphismes 7.0/10
Bande son 6.5/10
Finition 5.5/10
7.0

On aime :

Un Souls-like accessible et jouable en coop

Une narration soignée

Plutôt réussi artistiquement et visuellement

Le petit prix (39,99€)

Une excellente rejouabilité

On aime moins :

Pas mal de bugs

Les doublages en anglais, médiocres

Très peu d'indications sur les quêtes

Des choix narratifs peuvent vous bloquer partiellement

La première heure de jeu