Test – Dolmen : un Souls-like à la sauce Dead Space très vieillot

Le tout jeune studio Massive Work Studio arrive sur le devant de la scène avec un très ambitieux Souls-like, Dolmen. Un poil trop ambitieux peut-être, puisqu’à force de vouloir titiller le soleil, le titre s’en brûle les ailes.

Massive Work Studio, c’est un nouveau studio de développement d’origine brésilienne créé en 2016. Après un premier petit titre passé dans l’ombre, le studio est directement passé à du plus lourd et plus ambitieux avec Dolmen. Sorte de Souls-like prenant place dans un univers futuriste dans l’espace, le titre s’apparente à une vraie super-production, les moyens d’un Ubisoft ou Microsoft en moins.

Vous l’aurez probablement remarqué, la mode actuelle est aux Souls-like. Ce genre, dont le gameplay et les mécaniques de combat s’inspirent énormément, est énormément plébiscité ces derniers temps, avec notamment Elden Ring. Seul petit bémol : sauf exception comme Sekiro, tous prennent place dans des univers fantasy. Dolmen, lui, est à des années-lumières de ce type d’environnement. Direction les étoiles et les mines lunaires dans ce titre dont l’univers est très largement inspiré d’un certain Dead Space.

Et pour cause, le scénario de Dolmen, bien que très anecdotique durant l’aventure, semble très inspiré du célèbre jeu d’aventure spatiale. Dans ce titre, vous êtes envoyé sur une station minière extraterrestre appelée Revlon Prime dans le but d’y récupérer des fragments d’un cristal rare et ultra convoité, le Dolmen. Les radiations de ce cristal “ont des propriétés interdimensionnelles”, permettant à elles seules de révolutionner l’exploration spatiale. Autant dire que tout le monde s’arrache cette pierre, et que vous plongerez au beau milieu de cette lutte intergalactique. Clairement, l’histoire a de quoi faire rêver. Elle est d’ailleurs magnifiée par une sublime direction artistique nous plongeant dans un univers   très réussi, inspiré de la saga Dead Space notamment. Si l’on ne retrouve pas l’aspect survival horror de la série d’Electronic Arts, le côté aventure spatiale dans les bas-fonds d’une lune minière nous fait véritablement frissonner, tout comme la construction des niveaux.

Niveau direction artistique, Dolmen fait fort. Ce Souls-like s’inspire directement de ce qui se fait de mieux dans Dead Space.

Tout au long de l’aventure, le scénario semble toutefois nous passer sous le nez et être totalement inaperçu. Si on a le droit à quelques cinématiques de temps à autre, les scénaristes du titre n’ont pas suffisamment exploité ce très intéressant univers que l’on nous sert. En effet, on erre dans les niveaux, affronte les nombreux méchants qui se dressent sur notre chemin et revenons quelques fois à notre vaisseau pour améliorer notre soldat ou modifier son équipement.

Comme indiqué plus haut, Dolmen est un pur Souls-like. Tout dans son gameplay, ou presque, nous ramène aux titres développés par FromSoftware, à tel point que la comparaison est tout simplement inévitable avec des Elden Ring, Demon’s Souls et autre Bloodborne. L’interface est la même, les mécaniques de gameplay sont littéralement copiées et la difficulté tout aussi importante. 

Les phases de tir sont elles plus réussies. Mais ne vous attendez toutefois pas à des combats de haute volée.

En effet, en jouant à Dolmen, on a vraiment l’impression de toucher à un Demon’s Souls. Les attaques sont lentes, on peut éviter les attaques ennemies avec une roulade et des jauges d’endurance, de magie et de vie conditionnent notre aventure. Des éléments de gameplay qui ont fait leur preuve et qui diviseront très probablement les joueurs tant il s’agit d’un type de jeu particulier. Mais ce qui nous perturbe davantage, c’est à quel point le titre semble vieillot et ressemble davantage au Demon’s Souls de 2009 sur PS3 qu’à son remake de 2020 sur PS5.

D’un point de vue visuel d’abord (nous y reviendrons), mais aussi et surtout d’un point de vue jouabilité. Les combats sont extrêmement lourds et peu intuitifs. Si vous appuyez trois fois sur la touche d’attaque avec une arme lourde, les trois attaques s’enchaîneront sans que vous ne puissiez plus rien faire ou vous adapter. Les ennemis sont par ailleurs plutôt rapides, là où votre soldat est très lent et vraiment lourd, ce qui ne facilite vraiment pas la chose. Les combats de boss sont plutôt fastidieux, avec des attaques qui ne correspondent pas toujours au mouvement de l’ennemi. Impossible également de sauter pour atteindre une parcelle haute de quelques centimètres alors que cela peut paraître si facile. 

Les combats de boss sont certes appréciables, mais difficiles à gérer.

Toutefois, à la lecture de ces quelques lignes, vous pouvez penser que Dolmen n’est qu’un nanar pour lequel il faut vite réclamer un remboursement. Rassurez-vous, on en est encore loin, notamment car le jeu est truffé de bonnes intentions. Au niveau de son univers d’une part, comme indiqué plus haut, mais aussi dans son gameplay. Toutes les armes et armures peuvent être améliorées grâce aux nombreux matériaux et accessoires que l’on trouve dans l’ensemble des niveaux. Il est par ailleurs possible de modifier les armes avec des pouvoirs de feu, d’acide, ou encore de glace, modifiant radicalement le gameplay. Le personnage progresse et s’améliore tout au long de l’aventure, grâce, surtout, à un retour au vaisseau où l’on dépense des ressources pour acquérir davantage de puissance.

Enfin, les phases de tir sont, contrairement au corps à corps, plutôt réussie, avec une attaque chargée et une attaque rapide infligeant des dégâts et des pénalités aux ennemis. Il faudra enfin sélectionner judicieusement l’arme que vous utiliserez, qu’elle soit à deux mains ou une main, au risque d’en souffrir durant toute votre partie. La mort étant punitive, ce n’est clairement pas un choix à prendre à la légère.

Oui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, il s’agit d’une cinématique d’un jeu PS5 et non PS3…

Niveau contenu, si les équipements disponibles sont plutôt nombreux et les possibilités de confection également, on regrettera que le titre ne soit trop vite bouclé. Comptez une toute petite dizaine d’heures pour terminer le jeu en ligne droite, et près du double pour l’achever à 100%. C’est relativement peu pour un titre vendu 40€, là où un titre de FromSoftware dure une trentaine d’heures.

Nous vous disions que Dolmen ressemblait au Demon’s Souls de 2009, ce n’est clairement pas une façon de parler, et encore, nous sommes gentils. Les textures sur les murs sont très grossières et prennent du temps à charger (même en mode Qualité), les animations sont ultra datées et lentes et les effets des armes et autres éléments de l’environnement ne sont vraiment pas raffinés. Les cinématiques sont encore pires et ne nous donnent clairement pas l’impression de jouer à un jeu sur une console next-gen. En effet, nous avions l’impression de jouer sur PS5 à un portage d’un jeu PS3 de la fin des années 2000. 

Conclusion

Malgré quelques bonnes idées, Dolmen loupe le coche. Ce Souls-like s’inspire (un peu trop) des Demon’s Souls, Dark Souls et autres Bloodborne, mais avec du gameplay bien trop daté et fort peu d’actualité. L’interface est copiée-collée des Souls, mais elle est trop brouillonne et aucune explication ne vient éclairer le joueur lambda. Les attaques s’avèrent lourdes et le personnage beaucoup trop lent. Bonne mention du côté des gunfights, un des rares éléments du gameplay réussi et plus nerveux. L’ambiance et la direction artistique inspirée des Dead Space fait mouche, mais les graphismes, qui auraient pu sublimer l’environnement, sont, eux aussi, bien trop vilains et d’une époque désormais révolue. Pareil du côté du scénario, qui aurait pu être habilement exploité, mais que les scénaristes ont trop vite relégué au second plan. Quelques bonnes idées viennent, heureusement, garnir Dolmen. Le système de progression du personnage ou encore le craft des armes et équipements en sont les deux principaux éléments. On sent que le personnage s’améliore vraiment à travers le temps, ce qui est plutôt pratique pour faire face à la puissance, parfois démesurée, de certains ennemis. Nous regretterons enfin que Dolmen ne se boucle qu’en une toute petite dizaine d’heures, ce qui est peu compte tenu de son prix. S’il était sorti 15 ans plus tôt, Dolmen aurait assurément marqué les joueurs. En 2022, difficile d’être surpris.

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Dolmen

Gameplay 6.0/10
Contenu 6.0/10
Graphismes 5.0/10
Bande son 6.5/10
Finition 6.5/10
6.0

On aime :

Un univers plaisant à la Dead Space

Le système de progression

Des phases de tir plus réussies

Un système de craft intéressant

On aime moins :

Une dizaine d'heures de jeu seulement

Des graphismes vraiment datés

Un gameplay très lourd et lent

Une interface confuse

Un scénario qui passe très vite au second plan