Une enquête menée communément par Motherboard et PCMag a permis de révéler qu’Avast continuait de collecter et de vendre des données de navigation de ses utilisateurs.

Le plus célèbre des éditeurs d’antivirus est de nouveau au cœur d’un scandale, après que le chercheur Wladimir Palant ait révélé que les extensions web d’Avast récoltaient des données sur ses utilisateurs. L’enquête de Motherboard et PCMag a démontré qu’Avast continuait son activité en vue de revendre les données à de grosses entreprises.

Parmi les clients de Jumpshot, filiale d’Avast qui gère les données collectées, on peut notamment citer Microsoft, Google, Yelp, Pepsi ou encore Condé Nast. Ces derniers paient des millions de dollars pour mettre la main sur des informations concernant les habitudes de navigation des utilisateurs d’Avast. Avec plus de 435 millions d’utilisateurs actifs par mois, Avast a de quoi se remplir les poches, même si Jumpshot n’a accès qu’aux données de 100 millions d’entre eux.

L’éditeur se défend en précisant que les données collectées sont anonymisées. Pourtant, il est tout de même possible de retrouver l’identité des utilisateurs à partir de ces données collectées, comme l’a démontré PCMag.

Un antivirus dont vous êtes le produit

Le siphonnage des informations concernant les habitudes de navigation Internet des utilisateurs d’Avast se faisait via ses extensions navigateurs web, comme l’a révélé Wladimir Palant. L’éditeur assure que ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais cela ne signifie pas que la collecte de données ait stoppé.

Avast souhaite poursuivre la collecte de données de ses utilisateurs depuis la version gratuite de son antivirus. L’éditeur a mis en place une option qui permet à ses utilisateurs d’accepter ou de refuser que ses données soient collectées, mais selon Motherboard, certains utilisateurs n’auraient pas eu leur mot à dire à ce propos.

Des informations concernant les URL visitées, l’ordre dans lequel ces sites sont visités, ainsi que le moment de la journée où ils sont consultés sont transmises à Jumpshot. La filiale d’Avast enregistre également des informations concernant les achats et les recherches effectués par les utilisateurs. Un procédé qui confirme l’adage « quand c’est gratuit, c’est vous le produit ».

L’éditeur assure respecter les réglementations en vigueur concernant la protection des données des utilisateurs. Les informations récoltées et exploitées seraient expurgées de tout indice permettant d’identifier l’utilisateur, indique Avast.