À l’heure des réseaux sociaux et du besoin irréductible de tout partager, les élections belges et européennes du 26 mai prochain pourraient donner envie à certains d’immortaliser la chose et de partager gracieusement son passage dans l’isoloir. Malheureusement pour eux, la pratique est illégale en Belgique et peut entraîner des sanctions salées.

Le 26 mai prochain, les Belges devront se rendre aux urnes pour remplir leur devoir de citoyen. Un passage obligé qui s’apparente plus à une contrainte pour certains et à la jouissance de ses droits pour d’autres. Dans l’un ou l’autre cas, certains seraient peut-être tentés d’immortaliser leurs votes, cachés dans l’isoloir, et partager son acte citoyen sur les réseaux sociaux. Un geste à première vue innocent, qui n’en est pas moins interdit.

En effet, en Belgique, le secret du vote est un principe fondamental inscrit dans la loi le 9 juillet 1877. Un principe démocratique qui offre une double protection. Cette loi protège la confidentialité du vote électoral afin d’assurer l’indépendance du choix de chacun, mais elle permet également d’éviter les pressions et commentaires d’autrui.

Bien que cela ne soit pas interdit, divulguer ou promouvoir le choix de son vote n’est pas conseillé. Ainsi, on peut parfaitement appliquer cette loi à l’époque et aux technologies actuelles. Si la loi ne fait pas directement référence aux smartphones, le droit du secret peut être étendu aux selfies dans l’isoloir et aux partages sur les réseaux sociaux.

Le risque de sanctions ne tient pas dans le fait de divulguer son choix électoral – la confidentialité de celui-ci est plus un droit qu’un devoir -, mais partager un selfie dans l’isoloir pourrait être considéré comme une forme de publicité pour l’un ou l’autre parti ou candidat. Or, faire campagne le jour des élections est formellement interdit en Belgique.

De manière générale, il est conseillé de garder son téléphone dans sa poche lorsqu’on entre dans le bureau de vote, cela évitera tout malentendu. On évitera donc les photos de son bulletin vierge ou coché, ainsi que les selfies dans l’isoloir au risque de recevoir une amende entre 50 et 500 euros.

Petite piqûre de rappel, il est également déconseillé de commenter son choix électoral aux abords des bureaux de vote, ainsi que de dévoiler la nature de celui-ci. Cela pourrait être considéré comme une forme de pression ou d’influence sur ceux qui n’ont pas encore rempli leur bulletin. Là encore, des sanctions pourraient également être infligées en cas de faute. L’amende peut aller de 300 à 5000 euros. En dehors de la zone de vote, les électeurs sont libres de dévoiler leur choix.