Comprendre l’être vivant par la prédiction informatique, c’est la mission que s’est donnée DeepMind, la branche britannique de Google spécialisée dans l’intelligence artificielle.

On lui doit des succès comme la victoire contre le champion du monde du jeu de Go, le développement d’un IA passée maître sur StarCraft, Hearthstone ou encore les échecs : Google DeepMind concentre ses recherches sur le développement d’intelligences artificielles capables de prédire les situations les plus complexes.

Derrière ces exploits en apparence divertissants, se cache un plan bien plus ambitieux. L’entreprise britannique annonce que ses IA seront mises au service de la résolution de l’un des mystères les mieux gardés de la biologie : la formation des protéines.

L’IA AlphaFold sera développée dans l’objectif de déterminer la forme tridimensionnelle qu’adopteront les protéines en fonction des acides aminés qui les composent. Prédire la manière dont elles s’entortillent sur elles-mêmes permet d’en prévoir la fonction puisque celle-ci dépend tant de sa composition que de sa forme.

La tâche s’annonce titanesque pour DeepMind, chaque protéine est une chaîne de 300 acides aminés en moyenne, dont l’ordre détermine le rôle, avec un repliement possible entre chaque acide aminé. Résultat, la protéine peut adopter un nombre astronomique de structures – et donc de rôles – différents : de l’ordre de 1 suivi de 300 zéros.

Comprendre le repliement de ces macromolécules sera la clé qui permettra de percer bien des mystères de la science. Cela permettrait d’identifier le développement de certaines maladies ou même de créer artificiellement des protéines dont le rôle serait soigneusement sélectionné, avec l’objectif de résoudre des problèmes d’ordre écologique ou sanitaire, par exemple.

Dans le meilleur des mondes, cette technologie permettrait de contrer la dégénérescence des neurones causée par les maladies d’Alzheimer et de Parkinson ou encore d’apporter une solution au recyclage des matières plastiques.