Malgré une popularité grandissante et un marché en plein essor, les appareils de suivi de santé et de sport ne permettent pas de changer les comportements de ceux qui les portent, à en croire les résultats d’un sondage de grande ampleur mené par l’université de Pennsylvanie.

©Alexey Boldin/shutterstock.com
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Le fossé est immense entre les données enregistrées et le changement de comportement, selon l’équipe de chercheurs, qui n’hésite pas à conclure sur probable absence d’évolution positive, à terme, malgré l’immense popularité des gadgets.

Les auteurs Mitesh S. Patel et Kevin G. Volpp ont sondé 6.223 utilisateurs de bracelets et autres capteurs portatifs et ont trouvé que plus de la moitié d’entre eux avait rapidement abandonné leur accessoire.

Parmi les 50% d’utilisateurs qui avaient cessé d’utiliser leurs appareils, deux tiers l’avait fait dans les six premiers mois suivant leur achat.

Les professeurs Patel et Volpp ont regroupé ces mauvaises statistiques en quatre catégories de raisons d’abandon de la part des utilisateurs : le coût, la lassitude envers le gadget, la fiabilité du suivi et l’efficacité des méthodes d’analyses de données.

Et, concernant son coût, les chercheurs expliquent que la technologie prêt-à-porter plaît surtout aux personnes qui en ont le moins besoin. Leur sondage a révélé que ces utilisateurs sont en majorité jeunes, de catégories socio-professionnelles supérieures et des pionniers des nouvelles technologies.

Les deux directeurs de l’étude ont tenu à complimenter les efforts de certains employeurs et assureurs américains qui ont donné accès à ces gadgets à des personnes qui en avaient le plus besoin.

Mais les chercheurs soulignent que certains gadgets requièrent une maintenance trop fastidieuse pour les personnes peu versées dans les nouvelles technologies, qui n’ont pas le temps de synchroniser, de charger ni de connecter leur appareil. Ils leur conseillent d’en rester aux smartphones.

Par ailleurs, les professeurs Patel et Volpp remettent en question la fiabilité des nouvelles fonctions proposées par les appareils, comme le suivi du sommeil et de la fréquence cardiaque. Ils expliquent qu’ils devraient adopter une approche plus directe en se connectant directement aux boîtes de médicaments, plutôt que de cacher des informations de dosage dans une application.

Il semblerait que ces appareils n’aient pas assez été testés avec comme objectif premier l’application de changements de comportements. C’est pourquoi les auteurs de ce rapport concluent que les “wearables” doivent plus se concentrer sur ceux qui en ont le plus besoin et qu’il est nécessaire de créer des stratégies plus adaptées à ces mêmes personnes.

Cet article est paru dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

AFP