C’est la fin d’une longue saga qui a sonné vendredi, avec la signature d’un accord, officialisé aujourd’hui, entre les éditeurs de presse francophones belges et le géant de l’Internet Google. Celui-ci s’est engagé à rembourser les frais de justice aux éditeurs belges.

La saga avait débuté en 2006, où un bras de fer judiciaire s’était engagé entre le moteur de recherche américain et les éditeurs de presse, représentés par Copiepresse, et les auteurs, sous la bannière de la SAJ.

Selon le communiqué de Copiepresse, grâce à ces accords, “les éditeurs de presse francophones belges travailleront en partenariat avec Google afin de générer des opportunités commerciales liées au contenu en ligne“, avec en vue de doper la fréquentation des sites et les revenus générés sur les sites des éditeurs de presse.

Le principal point de discorde entre le géant du web et les sociétés de droits d’auteurs et les représentants des éditeurs était que Google violait les droits d’auteurs. Après un premier jugement en première instance condamnant Google, et une confirmation de celui-ci par la Cour d’Appel en 2011, Google a décidé de ne pas se pourvoir en cassation, et accepté d’engager une nouvelle négociation. Au terme de celle-ci, les deux parties sont parvenues à un accord à l’avantage des éditeurs.
Pour Francois Le Hodey, représentant des éditeurs et administrateur délégué d’IPM (la DH, la Libre) : « En 2006, les éditeurs francophones belges n’avaient pas de personne de contact chez Google en Belgique et n’avaient pas une vision claire des intentions de Google sur ces marchés lors du lancement de Google News. Aujourd’hui, surtout depuis l’arrivée d’une nouvelle direction Google en Belgique, une relation plus constructive a été construite avec ces éditeurs, ouvrant la porte à de nouvelles synergies ».

Comme l’indique LeMonde.fr, Google remboursera les frais de justice aux éditeurs, qui représente selon une source “entre 2 % et 3 % du chiffre d’affaires” de la presse belge francophone, soit près de 5 millions d’euros. Une part de ce pactole devrait être versée aux journalistes par l’entremise de la SAJ, société des droits d’auteurs des journalistes.

« Nous sommes très heureux de pouvoir mettre de côté les divergences du passé », a déclaré Thierry Geerts, country director de Google Belgique. « En partenariat avec l’industrie de l’édition, nous pourrons aller plus loin et c’est avec impatience que nous attendons la mise en œuvre de nouveaux produits qui généreront des revenus et aideront le secteur de la presse à prospérer sur Internet » a-t-il déclaré.
Le site du journal indique encore que cette décision pourrait faire boule de neige dans d’autres pays européens comme l’Italie ou la France.

C.Pt