Depuis quelques temps, Motorola a fait de la guerre des brevets l’une de ses activités centrales. L’entreprise n’en finit plus de lancer de nouvelles affaires devant les tribunaux, en espérant grappiller quelques millions de dollars par des deals de licences. Mais en s’attaquant directement à Microsoft, le géant des téléphones portables a peut-être bien ouvert la boite de Pandore…


Ca ne rigole plus entre Microsoft et Motorola. Après avoir obtenu le bannissement des ventes de la Xbox 360 en Allemagne, Motorola pensait avoir remporté une première victoire face à Microsoft mais était loin d’imaginer que le géant de Redmond parviendrait à bloquer la vente de tous ses smartphones aux Etats-Unis.

On savait que les guerres de brevets étaient en vogue. Samsung et Apple défrayent la chronique depuis des mois, Kodak était récemment entré dans le jeu et Motorola s’attaquait depuis quelques mois à tout ce qui bouge ou respire. Ce qu’on ignorait, c’est que cela prendrait des proportions aussi grandes. L’affaire qui oppose actuellement Microsoft et Motorola devant les tribunaux pourrait bien reléguer la lutte entre Samsung et Apple à une simple dispute entre deux écoliers tant les deux géants ne semblent pas se faire de cadeaux.

Le but de Motorola est simple : parvenir à décrocher des licences de Microsoft qui permettraient à l’entreprise de récolter quelques dollars à chaque terminal Windows, à chaque Xbox ou chaque Windows Phone vendu. Bien sûr, Microsoft ne l’entend pas de cette oreille et a décidé d’échanger les bons procédés en reprenant la même technique que son nouvel ennemi déclaré.

Hier, la Cour allemande a accordé la victoire à Microsoft en confirmant que Motorola enfreint un brevet de gestion de SMS composés de plusieurs messages. Dans un communiqué plutôt sarcastique, Microsoft a invité Motorola à rejoindre la longue liste des entreprises payant déjà une licence à Microsoft pour l’utilisation de ce brevet. “Nous sommes ravis que la cour a reconnu aujourd’hui que Motorola a enfreint la propriété intellectuelle de Microsoft et nous espérons que Motorola aura la volonté de rejoindre d’autres constructeurs d’appareils sous Android en acceptant nos licences” a déclaré Microsoft dans un communiqué de presse. De son côté, Motorola a immédiatement répondu en soulignant que l’entreprise attendait un verdict définitif le 1er juin et qu’ils exploreront toutes les possibilités en ce compris l’appel.

En parallèle, Microsoft menait une action contre Motorola aux Etats-Unis et a obtenu gain de cause devant l’International Trade Commission, qui l’a autorisé à bloquer les ventes de nombreux smartphones Motorola sur le sol américain. Le verdict n’est bien entendu pas définitif puisqu’il s’agit d’une mesure temporaire jusqu’au procès qui opposera les deux sociétés. De son côté, Motorola essaye toujours d’obtenir l’interdiction de la vente de Xbox 360 sur le sol américain. Dans un cas comme dans l’autre, la décision de la justice devrait être contestée et portée en appel.

La seule issue à cette véritable guerre thermonucléaire, comme la nommerait sans doute Steve Jobs, semble être un accord de licences croisées, qui permettrait aux deux constructeurs de recevoir des royalties pour l’utilisation de certains brevets par son concurrent. L’ennui, c’est qu’aucune des deux sociétés ne semble désirer tomber sur un accord. Motorola devrait être le premier à en faire les frais avec l’interdiction de la vente de ses smartphones sur le sol américain, qui le poussera probablement à adopter une licence sur le long terme, ou à apporter des modifications importantes (et couteuses) aux terminaux visés violant les brevets de Microsoft. De son côté, le géant de Redmond a répondu au bannissement du territoire allemand en délocalisant son centre logistique aux Pays-Bas. Affaire à suivre…

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