Pendant longtemps les journalistes étaient perçus comme les chiens de garde de la démocratie. Aujourd’hui ce sont les hackers, ces spécialistes des codes informatiques, qui se mettent au service de la communauté lors d’une première rencontre, hier, à Bruxelles, au BetaGroup.

En francophonie, les hackers sont souvent perçus comme des pirates sans vergogne à l’abordage de nos ordinateurs et de l’internet tout entier. Pourtant ce terme anglo-saxon recouvre une activité bien plus large. Xavier Damman, le fondateur belge du HackDemocracy – et à qui on doit notamment Storify – l’explique : « un hacker c’est quelqu’un qui est passionné d’informatique et qui peut développer une application mobile ou pour un site internet. »

Des applications comme iRail.be qui permet d’accéder aux horaires de la SNCB depuis un smartphone ou WheresMyVillo.be un site de surveillance des stations Villo disséminées dans Bruxelles. Ces deux exemples étaient présentés lors du premier rendez-vous Hack Democracy bruxellois. Tous deux utilisent les données disponibles sur les sites de la SNCB et de JCDecaux, l’opérateur privé de Villo. Cette utilisation n’est pourtant pas clairement réglementée et cela créé des remous.

Ainsi le cofondateur d’iRail témoigne : « Nous avons rencontré la SNCB et… ce n’était pas une discussion agréable. » La SNCB estime-elle avoir un copyright sur les horaires de train ? Un ancien employé d’Infrabel, le gestionnaire des infrastructures, rétorque « Je travaillais pour eux au moment où iRail est apparu. Je pense que si vous les aviez contacté avant de publier votre application, ils auraient été plus ouverts. » Il ajoute rapidement « Cela dit je suis d’accord avec vous. Je suis parti parce que je ne supportais plus le manque de réactivité face aux nouvelles technologies. »

Les réactions ne sont pas toujours négatives pour autant. Les fondateurs de WheresMyVillo.be ont également rencontré JCDecaux avec un résultat très différent : l’opérateur a organisé un service de redistribution des vélos entre les stations. « Au delà de cet effet concret, nous avons également remarqué que les parlementaires étaient heureux d’enfin pouvoir se reposer sur des données et des citoyens lorsqu’il s’adressaient à JCDecaux. » explique Jonathan Van Parys, le cofondateur de WheresMyVillo.

À l’inverse, une initiative londonienne qui permet de comparer les données des différents opérateurs de vélos partagés en Europe a moins bien été accueillie : « JCDecaux les a menacé de poursuites judicaires, indique encore Jonathan Van Parys, parce que là on pouvait clairement voir la mauvaise gestion par rapport à leurs concurrents. » Le hacker affirme encore que JCDecaux n’est pas seul responsable « il y a des gros manques dans le contrat du partenariat public-privé. La Région Bruxelloise est aussi fautive. »

Ainsi rassemblés au premier rendez-vous du HackDemocracy bruxellois, ces hackers et ces acteurs de la démocratie ont pu s’apprivoiser autour d’une bière et d’une tranche de pizza « pour faire progresser nos sociétés », selon le slogan de la rencontre. L’occasion de constater qu’à l’instar de WiliLeaks et Anonymous, les hackers sont devenus des éléments actifs de la démocratie avec qui les institutions publiques devront désormais compter.

Source des images
Zoé de York

1 COMMENTAIRE

  1. Bravo Jonathan Van Parys. Un citoyen qui a eu de l’impact sur un géant et qui permet d’améliorer un service auprès d’autres citoyens. BRAVO !

  2. J’aime bien la photo où on les voit tous en réunion sur leur PC. Si ça se trouve, le conférencier n’était pas vraiment indispensable et ils auraient tous pu faire leur congrès de chez eux !