Test – Doom The Dark Ages : la série s’essaye au triple-A

Annoncé lors du Xbox Games Showcase de 2024, Doom: The Dark Ages est parvenu à susciter le buzz avec ses nouveautés de gameplay et son esthétique médiévale. C’est aussi le titre le plus ambitieux de la saga à ce jour. Mais mérite-t-il vraiment qu’on s’y intéresse ?

Avec le premier volet de la saga, id Software a posé les bases du FPS. La série a depuis connu de multiples suites et reboots, le plus notoire étant sans doute l’épisode de 2016. Avec Doom: The Dark Ages, le studio vise plus haut que jamais en nous livrant un FPS beaucoup plus grand public, avec un vrai scénario, une mise en scène de blockbuster, une réalisation dantesque et un gameplay entièrement repensé. Un pari qui n’aurait jamais été possible sans le rachat de Bethesda par Xbox.

Avec cinq années de développement depuis Doom Eternal, id Software a eu le temps de peaufiner sa vision, s’appuyant sur le moteur id Tech 8 pour offrir une vitrine technique impressionnante. Mais au-delà de la prouesse technologique, c’est l’ambition de réécrire les règles tout en restant fidèle à l’essence de Doom qui intriguait.

Une nouvelle arme destructrice vous attend à l’intérieur.

Doom: The Dark Ages se présente comme un prequel à Doom (2016) et Doom Eternal, plongeant le joueur dans un royaume médiéval ravagé par les forces de l’Enfer. L’histoire suit le Doom Slayer, ici dépeint comme une arme divine au service des Maykrs et des Sentinelles de la Nuit, confronté à la menace du prince Ahzrak et de ses hordes démoniaques. Ces dernières convoitent le Cœur d’Argent, un artefact mystique, tandis que l’humanité lutte pour sa survie. Contrairement aux précédents opus où le scénario était relégué au second plan, souvent distillé via des codex, The Dark Ages mise sur une narration plus cinématographique, avec des cutscenes abondantes, de nombreux personnages secondaires et un énorme lore.

Les 22 chapitres de la campagne, qui s’étendent sur 15 à 20 heures, tissent une trame mythologique centrée sur la genèse du Slayer. Une idée intelligente pour redonner un solide background à la saga. Et malgré que l’on se perde un peu parfois dans cette histoire, il faut bien avouer que la formule fonctionne plutôt bien. L’histoire est en tout cas suffisamment intéressante pour qu’on s’y plonge et qu’on ne passe pas toutes les cutscenes, comme dans de si nombreux jeux.

Un gros effort a été apporté au niveau de la narration.

C’est toutefois dans son gameplay que Doom: The Dark Ages tire toute sa richesse. Les développeurs sont parvenus à faire du neuf avec de l’ancien. En l’occurrence, ils ont conservé tout ce qui a fait le succès des deux précédents volets de la saga avec un gameplay nerveux tout en introduisant tout un tas de nouveautés qui redéfinissent le gameplay. Ce nouveau Doom se veut à la fois plus varié, plus technique et plus lourd que son prédécesseur. Exit les acrobaties d’Eternal, on dirige ici un vrai “tank”, qui se déplace plus lentement et est équipé d’un bouclier qui le protège. Le bouclier-tronçonneuse est la star de ce nouvel opus. Polyvalent, il permet de parer les attaques, de lancer des assauts dévastateurs ou d’effectuer un dash pour repositionner le Slayer. Cette mécanique introduit une dimension tactique : les combats exigent de jongler entre parades, contres et attaques. En parallèle, on utilisera des armes variées comme le shotgun ou le lance roquettes pour semer la mort dans les rangs démoniaques. S’il est un peu moins nerveux et sanglant que son prédécesseur, ce nouveau Doom gagne donc en profondeur et en complexité. Les habitués seront toutefois déçus par deux aspects du jeu : l’arbre des compétences, simplifié par rapport à Eternal, et le level design avec des zones de jeu à la qualité variable. Certaines zones de jeu paraissent beaucoup trop étriquées pour ce type de combat.

Les séquences à dos de dragon sont les moins réussies, mais n’en restent pas moins plaisantes.

Pour diversifier l’expérience, id Software a intégré des séquences inédites : combats à dos de dragon et pilotage d’un mécha Atlan, une machine de guerre colossale. Si ces moments impressionnent visuellement, leur gameplay déçoit. Les phases aériennes en dragon, inspirées de Panzer Dragoon, manquent un peu de dynamisme. Les séquences en mécha, bien que spectaculaires, souffrent d’une répétitivité et d’un manque de profondeur. Ajoutez à cela quelques séquences en tourelle et de l’exploration pour découvrir des zones cachées et vous obtenez un joli mix de séquences de jeu qui a au moins le mérite d’offrir de la diversité.

Le plus gros atout de The Dark Ages vient toutefois de ses séquences de jeu dans des environnements ouverts. Dans plusieurs chapitres du jeu le joueur se retrouvera dans des mini open world. Il pourra y décider d’explorer à sa guise le niveau et d’avancer dans ses objectifs comme il l’entend. Et il faut l’avouer, ça fonctionne là aussi plutôt bien avec une formule qui rappelle un peu le dernier Indiana Jones.

Certaines cartes sont gigantesques, et sont remplies de secrets à découvrir !

Sur le plan technique, Doom: The Dark Ages est une vitrine impressionnante pour le moteur id Tech 8. Le jeu affiche une fluidité exemplaire, avec un framerate stable même dans les moments les plus chaotiques. Le titre est globalement très joli avec des effets visuels (éclairages dynamiques, particules de sang et de cendres) très soignés, de jolies textures au sol, des environnements destructibles. Ce n’est pas la claque de l’année, mais pour un jeu utilisant son propre moteur graphique, The Dark Ages est une vraie réussite. D’autant plus que la direction artistique le met joliment en avant. L’esthétique médiévale-fantastique est une franche réussite. Les décors, bien que parfois génériques (plaines, marais, châteaux), captivent par leur échelle et leur atmosphère oppressante.

La bande-son, signée Finishing Move, troque les riffs metal d’Eternal pour une approche plus tribale, mêlant percussions lourdes et nappes synthétiques. Si elle accompagne bien l’action, elle est moins mémorable que les compositions de Mick Gordon. Le sound design, en revanche, est irréprochable : les chocs du bouclier, les cris des démons et les détonations des armes créent une immersion sonore viscérale. La VF, avec des doublages de qualité et un Dolby Atmos bien exploité, ajoute une touche de modernité.

La direction artistique est une vraie réussite, avec un univers médiéval très sombre.

Au final, difficile donc d’être déçu par ce nouveau Doom, certes plus grand public que les précédents et différent dans sa proposition. L’aventure est vraiment plaisante à parcourir, variée, et offre son lot d’excellents gunfights. Certes, les séquences de jeu en mécha et à dos de dragon sont un poil en deçà, mais globalement, le jeu est vraiment plaisant. On pourra néanmoins lui reprocher l’absence d’un mode coop ou multijoueur, qui aurait pu lui apporter un plus, et des missions un peu moins maîtrisées que d’autres. A défaut d’être LE jeu de cette année 2025, The Dark Ages s’impose comme une solide expérience en solo.

Conclusion

S’il divisera les fans avec son orientation plus grand public et ses séquences de jeu audacieuses, Doom: The Dark Ages reste un excellent FPS à jouer en solitaire. id Software signe un prequel audacieux, rempli de séquences de jeu jubilatoires. Le jeu tire sa richesse de la diversité de son gameplay, de sa mise en scène soignée et de sa réalisation magistrale. Accessible aux néophytes grâce à sa narration simplifiée et son gameplay intuitif, le jeu conserve ce qui a fait le succès des anciens volets avec un gameplay très nerveux. Le bouclier tronçonneuse reste le plus bel ajout par rapport aux deux précédents volets.

_
Suivez Geeko sur Facebook, Youtube et Instagram pour ne rien rater de l'actu, des tests et bons plans.

Recevez nos dernières infos directement sur votre WhatsApp en vous abonnant à notre chaine.

Doom: The Dark Ages

Gameplay 8.0/10
Contenu 8.0/10
Graphismes 8.5/10
Bande son 7.0/10
Finition 8.5/10
8.0

On aime :

Une jolie finition, peu de bugs, de ralentissements

Un vrai scénario avec une mise en scène soignée

Un contenu solide

Un gameplay toujours aussi nerveux, avec un peu plus de diversité

Plein de nouveautés dans le gameplay

On aime moins :

Les séquences à dos de dragon, un peu en deçà

Une bande son en retrait par rapport aux précédents volets

Le level-design pas toujours au top