Le fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, indique que l’intelligence artificielle d’OpenAI aura probablement un rôle à jouer dans le futur de l’encyclopédie en ligne. Que ce soit en tant qu’assistant, ou rédacteur. On ne présente plus ChatGPT. L’intelligence artificielle (IA) générative d’OpenAI a très largement secoué le monde de la tech et du web depuis son lancement, en novembre 2022. Lors d’une interview accordée à l’Evening Standard, le fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales a répondu à l’éventuelle inclusion du phénomène dans l’encyclopédie. Ce qui pourrait provoquer une véritable onde de choc, puisque le chatbot rédigerait des articles au lieu de s’en inspirer pour nous répondre. Néanmoins, Jimmy Wales est formel : ChatGPT ne dispose pas encore des compétences nécessaires pour contribuer activement à Wikipédia. « Je pense que nous sommes encore loin de l’idée : “ChatGPT, écris une entrée Wikipédia sur l’Empire State Building”, mais je ne sais pas à quel point nous en sommes. Certainement plus près que je ne l’aurais pensé il y a deux ans », indique-t-il. Un problème de fiabilité Concrètement, le fondateur de Wikipédia doute de la fiabilité de ChatGPT. Après avoir mené ses propres tests, Jimmy Wales estime ainsi que les failles de l’IA sont encore trop nombreuses. Particulièrement en ce qui concerne les « hallucinations » de ChatGPT. « Ce qu’ils appellent dans le domaine “l’hallucination”, j’appelle cela le mensonge. […] Il (ChatGPT, ndlr) a tendance à inventer des choses à partir de rien, ce qui est vraiment mauvais pour Wikipédia », précise l’homme d’affaires. En parallèle, Jimmy Wales souligne l’incapacité de ChatGPT à repérer les contradictions dans ses propres écrits. « J’ai demandé à ChatGPT si un avion s’était écrasé sur l’Empire State Building. Il m’a répondu que non, un avion ne s’était pas écrasé sur l’Empire State Building », raconte-t-il. « Mais il a poursuivi en disant […] que l’une des choses les plus célèbres qui se soient produites était l’écrasement d’un bombardier B25 sur l’Empire State Building ». Dernier point de discorde, la partialité de l’intelligence artificielle. De l’aveu même du fondateur, les contributeurs de Wikipédia sont en grandes majorités des hommes (80%) blancs (89%). Or, ChatGPT se nourrit des textes qu’on lui fournit. Dans le cas de Wikipédia, il y a donc un risque de rédiger des articles en adoptant un point de vue spécifique à cette catégorie de la population. Un assistant plutôt qu’un rédacteur Ceci étant dit, l’homme d’affaires ne ferme pas la porte à l’intégration future de l’IA. « Je pense qu’il existe des possibilités intéressantes d’assistance humaine si l’on dispose d’une IA entraînée sur le bon corpus de données », explique Jimmy Wales. Concrètement, le créateur de la plus grande encyclopédie du monde voit en ChatGPT un assistant de luxe. Lequel pourrait aider à l’automatisation de certaines tâches. Évidemment, rien de tout cela n’arrivera dans les prochains mois. Néanmoins, à terme, l’IA pourrait passer les articles au crible pour cibler les incohérences et, pourquoi pas, les compléter. « Notre communauté pourrait trouver cela très utile », s’avance le fondateur de Wikipédia. Et c’est peut-être bien vrai, si tant est que le chatbot soit bien entraîné.