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Vers une augmentation du prix des livres achetés en ligne ?

Acheter un livre en ligne ne sera bientôt plus moins cher en France.

Les ministres de l’Économie et de la Culture se sont mis d’accord. C’est par l’intermédiaire d’un communiqué du ministère français de la Culture que l’information est tombée. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et sa consœur Rami Abdul Malak, ministre de la Culture, « ont décidé d’accepter la proposition de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP) concernant la tarification minimale des frais de livraison de livres ».

La décision est une nouvelle étape dans la mise en place de la loi Darcos, votée fin 2021. Celle-ci veut mettre un terme à la quasi-gratuité des services de livraison de livres et restaurer la balance établie au début des années 1980 par la loi du prix unique du livre. Un équilibre rompu, entre autres, par Amazon.

Aujourd’hui, le géant américain et d’autres plateformes de livraisons profitent d’une faille, interdisant la gratuité mais n’indiquant pas de tarif minimum, pour fixer le prix de livraison à un centime d’euro. Or, les librairies indépendantes sont dans l’impossibilité de s’aligner et pointent depuis longtemps cette concurrence déloyale. C’est ici qu’intervient la proposition de l’ARCEP : régler le problème en fixant à trois euros le prix de livraison des livres pour toute commande inférieure à 35€. Proposition qui a donc été acceptée.

Une mesure qui souffle… le froid

Amazon regrette évidemment la décision. La société américaine s’est déjà exprimée sur une possible hausse tarifaire de la livraison de livres et a signalé que la mesure « pourrait affecter le pouvoir d’achat des lecteurs et plus particulièrement de ceux qui résident loin des points de vente physiques et n’ont pas d’alternative ». Précisant au passage que 46% des livres achetés sur la plateforme sont à destination de communes de moins de 10.000 habitants.

En face, l’intitulé du communiqué du Syndicat de la librairie française (SLF), « Le compte n’y est pas », en dit long sur l’accueil réservé à la mesure. Le SLF maintient que la mesure va conduire « les libraires à ventre à perte s’ils expédient des livres au domicile de leur client » et plaide désormais pour obtenir auprès de la Poste un tarif plus avantageux pour se « rendre enfin compétitifs à l’égard des grandes plateformes en ligne ».

Les libraires vont, quoi qu’il en soit, devoir s’armer de patience. En effet, le gouvernement doit maintenant notifier son projet à la Commission européenne, après quoi il faudra attendre que celle-ci l’examine et rende son avis. Enfin, l’entrée en vigueur de ce tarif minimum pourrait prendre jusqu’à six mois après la publication de l’avis.

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