Crédits : Pixabay

Des chercheurs ont réussi à stocker des données dans de l’encre

À l’ère du numérique, stocker des données le plus longtemps possible, est devenu un réel défi. Une problématique à laquelle un groupe de chimistes de Harvard tente de répondre grâce à une innovation basée sur de minuscules gouttes d’encre depuis l’année dernière.

Il y a un an, des chercheurs du laboratoire de George Whitesides de l’Université d’Harvard décrivaient une nouvelle approche de stockage des données assez surprenante. Pour sauvegarder les données, les chercheurs proposaient d’utiliser des mélanges de sept colorants fluorescents, tous disponibles dans le commerce. “Ce travail montre que les données numériques peuvent être stockées dans des mélanges de molécules de colorants fluorescents, qui sont déposés sur une surface par impression à jet d’encre, où une liaison amide attache les molécules de colorants à la surface”, indique leur papier.

Aujourd’hui, c’est au tour de l’encre de faire office de support de stockage. Le but ? Proposer une nouvelle plateforme de transmission des données. L’avantage des données contenues dans de l’encre est qu’elles sont dans un premier temps invisibles.

Un message caché dans l’encre d’une lettre

Pour réaliser cette prouesse, une équipe de chercheurs de l’université du Texas, aux États-Unis, a créé une nouvelle forme de polymères, les polymères à séquence définie. Pour définition, un polymère est une molécule composée d’une chaîne de molécules semblables et répétitives, appelées monomères. Le matériau créé par l’équipe de chercheurs comporte 10 monomères, contre 4 pour l’ADN – qui est aussi un polymère.

Afin d’illustrer ses résultats, les chercheurs ont chiffré le texte du livre “Le Magicien d’Oz” de Lyman Frank Baum. Les données à déchiffrer ne se situaient pas dans le texte de la lettre, mais bien dans l’encre utilisée.

Source : ACS Publications.

Très peu d’informations stockées

Dans le cadre de l’expérience, l’équipe de scientifiques s’est divisée en deux. Certains ont créé “l’encre magique” et écrit la lettre, et d’autres ont déchiffré les informations contenues dans l’encre. En tout, chaque polymère à séquence définie contenait 32 bits de données. Ce qui représente une clé de chiffrement de 256 bits, autrement dit, très peu.

Pour créer “l’encre magique”, les scientifiques ont mélangé les polymères avec de l’alcool isopropylique (aussi appelé, à tort, “isopropanol”), du glycérol et de la suie. Pour extraire les polymères de l’encre et accéder aux données en recréant la clé de chiffrement, l’équipe qui a reçu la lettre a utilisé du chlorure de méthylène. L’objectif à terme est d’augmenter les capacités de stockages de ce procédé et d’automatiser son processus de chiffrement.

Révolutionner le stockage de données

Un des rêves de ces chercheurs est que, dans le futur, les données puissent être sauvegardées pendant une période beaucoup plus longue et plus sécurisée que celle proposée par les supports actuels de stockage de données.

Par exemple, plus que sur une clé USB ou sur les lecteurs d’ordinateur. Ces derniers sont capables de stocker des informations pendant 40 ans maximum. Le stockage de données sur bande magnétique est la technologie la plus courante pour stocker des données à des fins d’archivage. Ce système permet de stocker des informations numériques sur une bande magnétique en utilisant l’enregistrement numérique. Selon des chercheurs du laboratoire de George Whitesides de l’Université d’Harvard, il dispose d’une stabilité, de 10 à 30 ans. Le stockage de données numériques sur ADN dispose lui d’une stabilité de plus de 2000 ans. Concernant la durée de vie des données stockées dans de l’encre fluorescente, elle reste encore à déterminer.

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