Test – A Memoir Blue : le raté d’Annapurna

Moins connu qu’un Electronic Arts ou un Ubisoft, Annapurna Interactive s’est toutefois imposé comme l’un des éditeurs indépendants les plus productifs ces dernières années. On lui doit quelques classiques dont l’excellent What Remains of Edith Finch, ou encore le très original Outer Wilds. Sa dernière production risque toutefois de faire débat…

Reconnu pour ses jeux très originaux, Annapurna Interactive n’hésite pas à prendre de très gros risques avec des projets parfois totalement délirants, à l’image du très réussi The Artful Escape. L’éditeur remet le couvert cette année avec “A Memoir Blue”, un nouveau jeu narratif produit par le petit studio Cloisters Interactive.

Dans cette séquence, il faut imprimer son ticket de métro soi-même, le valider et l’entrer dans la machine…

Le projet partait sur de solides intentions. L’histoire du jeu nous narre l’histoire d’une nageuse professionnelle, médaillée aux Jeux Olympiques, qui reparcourt à travers ses rêves plusieurs souvenirs de son passé… et notamment, sa relation avec sa mère, qui était victime d’une relation abusive. Une approche intéressante sur le papier, mais qui a toutefois beaucoup de mal à captiver le joueur en cours de partie, la faute à une mise en scène beaucoup trop surréaliste et des séquences de jeu sans queue ni tête.

Avant de se plonger dans A Memoir Blue, il convient en effet de savoir qu’il s’agit d’une expérience narrative surréaliste. Le passé du personnage central est narré de façon illustrée à travers une série de séquences de jeu qui alternent des mini-jeux et des séquences purement visuelles liées d’une façon ou d’une autre aux profondeurs sous-marines.

Dans cette séquence, il faut faire tomber des gouttes d’eau pour révéler la photo…

N’y allons pas par quatre chemins : d’un point de vue purement ludique, A Memoir Blue est une véritable catastrophe. On enchaine ici des séquences souvent sans queue ni tête, ludiquement très pauvres. Celles-ci se réduisent en effet à de très courts “mini-jeux” mal intégrés à l’aventure et surtout peu engageants. Dans les premières mintues du jeu, le joueur sera ainsi amené à imprimer deux tickets de métro, les poinçonner pour les valider et les entrer dans la machine. L’opération prend une à deux minutes, et le joueur ne se voit attribuer aucune consigne. Il devra, de façon générale, tout deviner lui même dans cette aventure. Certes, la plupart du temps, cela va de soi, mais vu qu’il s’agit d’une expérience surréaliste, on se retrouve parfois bêtement bloqué à chercher désespérément un élément cliquable à l’écran. On notera d’ailleurs que niveau prise en main, le titre lorgne davantage du côté d’un point & click que d’un party-game, puisque le joueur devra littéralement constamment cliquer à l’écran à déplacer son curseur pour réaliser des actions… On a déjà vu plus passionnant…

L’histoire du jeu n’est également pas franchement passionnante pour le commun des mortels. En grande partie, en raison de son style surréaliste. La lenteur de la narration et l’aspect très contemplatif du jeu ne jouent pas vraiment en sa faveur. C’est d’autant plus dommage qu’artistiquement, il y avait là de belles idées avec de superbes séquences animées, qui contrastent avec les séquences ingame, en 3D, nettement moins réussies, et font, elles, progresser le scénario. A l’inverse des séquences de jeu ennuyeuses et atrocement répétitives.

Les séquences de jeu sont très contemplatives.

Côté bande sonore, on retrouve en revanche de très jolies choses avec des bruitages très réussis et des musiques de qualité, signées par quelques grands noms de l’industrie. Et, notamment, des partenaires de longue date de l’éditeur, comme Joel Corelitz (Gorogoa) ou Eric Hillman (Ashen).

L’enfer est pavé de bonnes intentions et on le ressent avec ce “A Memoir Blue”, les développeurs ont tenté de nous proposer une expérience narrative unique. La formule a toutefois beaucoup de mal à prendre, la faute en grande partie à des séquences de jeu peu engageants, un rythme excessivement lent et une histoire finalement peu intéressante à suivre. On notera également que le jeu se boucle d’ailleurs très rapidement. Vous verrez le bout de l’aventure en moins de deux petites heures de jeu. Annapurna Interactive semble avoir être bien au courant des faiblesses de son jeu, puisque celui-ci n’est facturé que 7,99€. La bonne nouvelle, c’est qu’il est intégré au Gamepass et qu’il est donc possible de l’essayer sans débourser d’argent si vous êtes abonné au service…

 

Conclusion

 

S’il a l’habitude de nous livrer de petites pépites, Annapurna Interactive rate le coche avec sa dernière production. Tout partait pourtant sur de solides fondations. Les développeurs d’A Memoir Blue nous promettaient une aventure narrative surréaliste artistiquement très réussie. Si, d’un point de vue technique et artistique, la production s’en sort plutôt bien, le titre peine à convaincre au niveau de sa narration avec son rythme extrêmement lent et son approche surréaliste, qui crée une certaine distanciation avec l’histoire de cette relation entre une jeune fille et sa mère, victimes d’une relation abusive. D’un point de vue ludique, le titre peine aussi à convaincre. Chaque séquence de jeu prend la forme d’une sorte de mini-jeu extrêmement basique. Il faudra, par exemple, valider un ticket en le poinçonnant ou faire apparaître progressivement une image en faisant couler des gouttes dessus… Peu engageant, le titre est de surcroit très mal rythmé et très court aussi. Comptez 1 heure de jeu en passant les séquences animées, et moins de 2 heures en prenant son temps. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de l’acheter pour y jouer puisque le titre est intégré à l’offre Gamepass.

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A Memoir Blue

Gameplay 1.0/10
Contenu 2.5/10
Graphismes 5.5/10
Bande son 7.0/10
Finition 6.5/10
4.5

On aime :

La bande son, très réussie

Quelques passages très réussis artistiquement

On aime moins :

Une succession de mini-jeux sans intérêt

Une narration très pauvre

Une expérience surréaliste peu engageante

La prise en main maladroite