Test – Aztech Forgotten Gods : le raté de Lienzo

Le petit studio mexicain Lienzo s’est fait connaitre avec le sympathique Mulaka, un jeu d’action-aventure qui proposait de s’imprégner de la culture Tarahumara. Plus ambitieux, son nouveau projet avait tapé dans l’œil de pas mal de joueurs… 

Changement radical de ton pour le nouveau projet du studio Lienzo. Exit l’action-aventure, place cette fois-ci à un jeu d’aventure en monde ouvert, plus ambitieux, qui propose également des phases de combat plus nerveuses, face à des boss gigantesques. Aztech Forgotten Gods avait de quoi impressionner à travers les premières images révélées avec ses boss titanesques. Le résultat n’est toutefois pas à la hauteur de nos attentes…

Les quelques boss que vous affronterez sont, en effet, gigantesques.

Tout partait pourtant de très bonnes intentions. A commencer par l’univers du jeu, une métropole mésoaméricaine futuriste qui fait office de vaste open-world dans lequel le joueur peut voyager librement. L’histoire d’Aztech nous place dans la peau d’Achtli, une jeune femme aztèque qui va être amenée à affronter les anciens dieux oubliés pour sauver ses proches. On sent ici plusieurs influences : Zelda pour la structure, God of War pour les combats, mais aussi un certain Prototype pour la façon dont notre personnage se déplace dans la ville…

Très ambitieux, le projet ne montre toutefois jamais son réel potentiel. On le sent, les développeurs ont été beaucoup trop ambitieux et n’ont pas déployé assez de moyens pour ce projet. Niveau sonore, pas de thème qui résonne dans l’esprit, ni de doublages d’ailleurs. Il faudra se contenter de quelques lignes de dialogue pour suivre l’intrigue. Celle-ci n’est elle aussi guère vraiment travaillée. On débarque dans un univers sans trop savoir qui l’on est ni où on se trouve exactement, et on suit les balises qui apparaissent à l’écran pour progresser à travers l’intrigue. L’histoire n’a pas vraiment de rebondissements et l’écriture est si peu intéressante qu’on en vient vite à zapper tous les dialogues pour aller droit à l’essentiel.

Vous serez amené à résoudre l’une ou l’autre énigme.

Côté gameplay, Aztech a également tendance à partir dans toutes les directions sans trop savoir comment s’y prendre. En intérieur par exemple, on est pratiquement face à un walking simulator, lent et sans aucun intérêt. En extérieur, on virevolte entre les pyramides grâce à son gant à propulsion, relativement fun à utiliser, mais à l’autonomie désastreuse (en début d’aventure). Le monde ouvert qui nous est offert est vide, ne contient que quelques petites activités secondaires sans grand intérêt (des courses aussi pénibles que peu nombreuses, des combats qui auraient très bien pu être directement intégré au jeu), et manque surtout de la moindre subtilité. Vous ne pourrez pas prendre ici le volant de véhicule, interagir avec des PNJ ni participer à la moindre activité. En réalité, le monde ouvert qui nous est proposé ici ne sert strictement à rien… si ce n’est à interrompre des phases de combat. Car entre deux allers-retours, il faudra fracasser des ennemis qui n’opposeront aucune résistance, avant de pouvoir enfin affronter les boss titanesques aperçus dans le trailer du jeu.

Et là aussi, c’est la déception. Les commandes de jeu manquent de précision, les “patterns” des boss sont faciles à deviner et le tout est si bugué qu’on en vient vite à complètement déchanter. On le reconnaîtra toutefois : ces gigantesques créatures en jettent.

On peut circuler librement dans la mégalopole.

Avec ses malheureuses petites heures de temps de jeu, Aztech ne parvient pas à proposer un challenge à la hauteur de nos attentes. L’open world ici proposé est complètement sous-exploité. Il y a certes quelques bonnes idées comme la capacité de notre personnage à voler dans les airs ou le système de combat dynamique qui s’inspire (un peu) de God of War. L’ennui, c’est que pad en main, on s’ennuie ferme. La structure du jeu est médiocre, les séquences narratives ratées, et le seul intérêt réside finalement dans les combats de boss, qui se comptent sur les doigts d’une main.

Les textures sont atrocement pauvres.

Techniquement, Aztech ne parvient pas non plus à impressionner. Les textures du sol sont atrocement pauvres, l’univers du jeu manque cruellement de vie, les bugs sont nombreux et la plupart des personnages modélisés à la truelle. Seule l’héroïne et quelques ennemis semblent avoir eu droit à une attention particulière. La réalité, c’est que le jeu est loin d’être aussi joli que sur les quelques screenshots montrés par le studio.

S’il partait sur de bonnes intentions, ce projet a clairement été victime d’un manque de moyens et de temps. Cela n’a pas empêché le studio de facturer son jeu presque plein pot. Il faudra débourser 29,99€ pour en faire l’acquisition sur le support de son choix. Un tarif beaucoup trop élevé une fois encore pour un titre qui se boucle en moins de 3 heures et sur lequel vous ne reviendrez sans doute jamais. C’est d’autant plus dommage, que sur le papier, le projet était sans doute prometteur.

Conclusion

Après le sympathique Mulaka, le studio mexicain Lienzo semble avoir eu les yeux plus gros que le ventre pour sa nouvelle production. S’il était prometteur sur le papier, Aztech Forgotten Gods est loin d’être le jeu d’action/aventure dont on rêvait. Lienzo a été beaucoup trop ambitieux avec ce projet. Au niveau de sa structure tout d’abord. Le titre est présenté comme un open-world. L’univers du jeu est toutefois pauvre et son open-world ne sert finalement pas à grand chose si ce n’est à entrecouper les combats de longs allers-retours. Lienzo pioche également son inspiration à gauche et à droite. Du côté de God of War pour ses combats, et d’un Prototype pour les déplacements du personnage principal. Mais dans la pratique, Aztech est loin d’être aussi réussi que ses modèles. Les commandes manquent de précision et le gameplay se réduit le plus souvent à du matraquage de bouton bête et vilain. Pauvre esthétiquement, truffé de bugs et de surcroit très court (comptez 3h pour en voir le bout), Aztech Forgotten Gods représente un premier échec pour le studio mexicain. Même avec la meilleure volonté du monde, on aurait d’ailleurs beaucoup de mal à le conseiller à qui que ce soit… 

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Aztech Forgotten Gods

Gameplay 3.0/10
Contenu 2.5/10
Graphismes 3.0/10
Bande son 3.5/10
Finition 3.5/10
3.1

On aime :

Les boss titanesques

L'arbre de compétences

On aime moins :

Un gameplay pauvre et qui manque de précision

Visuellement très pauvre

Un scénario pas intéressant

Une durée de vie très courte (2 à 3 heures)

La finition à la truelle