Test – Gran Turismo 7 : course nostalgique

Neuf ans après Gran Turismo 6, Polyhony Digital nous livre enfin le septième volet de sa série de jeux de course. Premier épisode “next-gen”, le titre peine toutefois à impressionner. Explications.

L’attente aura décidément été longue, très longue même pour les fans de la série. Neuf longues années séparent la sortie du sixième volet du septième. On le sait, Polyphony Digital prend son temps. Ce qui est tout à son honneur. On ne pourra d’ailleurs pas reprocher à ce septième épisode son manque de finition. Durant nos longues séquences de jeu, nous n’avons répertorié pratiquement aucun bug, ralentissement ou crash. Gran Turismo 7 fait partie de ces jeux triple-A qui nous sont livrés dans un état pratiquement irréprochable à leur sortie, et il s’agit déjà d’un très bon point pour l’éditeur.

Les replays sont très réussis.

Gran Turismo 7 se veut un épisode fidèle à ses racines, qui conserve l’ADN de la franchise tout en apportant quelques petites notes de fraicheur. Attention toutefois pour les non-initiés, GT7 offre une approche très différente des autres jeux de course, avec un mode solo axé sur les défis et la collection de véhicules. Ne vous attendez donc pas à une narration poussée ni des saisons ou compétitions effrénées. Gran Turismo, c’est avant tout de la détente, au volant de jolis bolides.

S’il est appréciable de retrouver tout ce qui a fait le succès de la série, on regrette tout de même un certain manque de prise de risque avec cet épisode, qui semble être resté bloqué 20 ans dans le passé. Le mode solo paraîtra ainsi très fade à de nombreux joueurs, de par sa construction tout d’abord. Le joueur se voit proposer des missions sous forme de menus dans un “bar”, missions qui comprennent à la fois des courses et des tutoriels (améliorer sa voiture, passer un permis,…), missions qui une fois bouclées débloquent des véhicules pour sa collection personnelle. Chaque menu est composé de trois missions. Et on dénombre en tout 30 menus, soit à la louche, un peu plus de 70 “courses”. Une fois ce mode terminé, vous pourrez bien entendu continuer à participer à des courses, débloquer de nouveaux véhicules avec les crédits accumulés et améliorer vos véhicules. Clairement toutefois, les menus très austères du jeu, sa mise en scène minimaliste et ses musiques jazzy ne jouent pas en sa faveur. Gran Turismo 7 manque cruellement de personnalité et risque à ce titre d’avoir beaucoup de mal à plaire aux plus jeunes.

Les véhicules sont entièrement customisables.

La navigation dans les menus du jeu est sans aucun doute l’élément le plus troublant tant on y passe en définitive un temps fou. Entre deux courses, il faudra retourner au bar pour “finaliser son menu”, visionner une petite vidéo des véhicules débloqués, lire quelques lignes de dialogues textuels sans intérêt, accepter une nouvelle mission, potentiellement devoir passer un permis (une succession de 10 tutoriels totalement inintéressants pour les habitués du volant), pour enfin pouvoir passer à la course suivante, et réaliser qu’en fait il faut retourner dans le menu pour améliorer son véhicule car son PPI (son indice de performance) est trop faible pour la compétition… Certes, c’est la recette des Gran Turismo depuis ses débuts, mais Polyphony Digital aurait tout de même pu moderniser un peu ces mécanismes d’un autre temps…

Ceux qui attendaient un Gran Turismo fidèle à son ADN seront toutefois aux anges : Gran Turismo 7 conserve tout ce qui a fait le succès de la série : un garage bien rempli (420 véhicules au total, au lancement), de nombreux circuits (97 tracés dans 30 destinations différentes), un mode multijoueur solide, une conduite mi-arcade mi-simulation efficace et des sensations de conduite très différentes selon les véhicules utilisés.

Dans le cockpit, l’immersion est complète.

S’il s’agit bien d’une simulation de conduite, Gran Turismo 7 est loin d’être aussi exigeant qu’un Assetto Corsa. Seules les sorties de route sont véritablement pénalisantes. Pour peu que vous preniez soin de ralentir dans les tournants, vous ne devriez pas avoir trop de mal à remporter toutes les courses. L’IA, d’ailleurs, n’est pas le fort de cet épisode. Les collisions non plus. Elles ont souvent tendance à être surréalistes et à n’avoir que peu d’impact sur la conduite. Pour cette raison, le jeu est beaucoup plus plaisant à jouer en multijoueur qu’en solo. Accessible, Gran Turismo 7 n’est toutefois pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un jeu de course fun. On le sent d’ailleurs, rien n’a été fait pour susciter l’engouement des débutants. On commence l’aventure solo avec des véhicules qui se traînent et on ne débloque ses premiers bolides qu’après cinq ou six heures de jeu. Forza Horizon 7 avait pourtant prouvé, dès le début de son mode carrière, qu’il était possible de nous en mettre plein les yeux avec une course au volant d’une Porsche dans le désert de Dubaï. Ici, il faudra se contenter d’une Clio, Renault ou Toyota pendant quelques heures. Certes, on sent la montée en puissance de son garage, mais on aurait tout de même aimé passé aux plus grosses cylindrées immédiatement.

S’il a des défauts, Gran Turismo 7 a également de grandes qualités, à l’image de sa vue cockpit extrêmement immersive, de son système de replays qui est à lui seul une pure merveille, ou de ses sensations de vitesse. La conduite n’est pas forcément extrêmement fun, mais en vue cockpit, le jeu est grisant. Ce n’est en revanche pas vraiment le cas avec la vue extérieure, qui est une véritable catastrophe.

Côté contenu, une petite nouveauté fait parler d’elle, le mode rallye musical, qui consiste à dépasser un tas de véhicules sur un tracé et à continuer de rouler jusqu’à ce que la piste se termine. Votre note est définie par le nombre de véhicules dépassés en fin de parcours. Amusant, même si ça n’a rien de révolutionnaire. Clairement, on aurait aimé que Polyphony prenne plus de risques avec ce mode solo, qui manque vraiment de personnalité avec ces petites bulles affichant des visages générés par une IA, qui auront avec vous des discussions très fades. Tout au cours du test, nous avons eu cette curieuse sensation que Gran Turismo 7 était comme un rescapé d’un autre temps…

Les menus ne sont pas très esthétiques.

Techniquement, le jeu ne brille pas non plus. On le sent, GT7 souffre du syndrome du jeu cross-gen. S’il est beaucoup plus joli que son prédécesseur, et en soi pas vilain du tout, on n’a pas du tout l’impression d’être face à un jeu next-gen. Visuellement, seules les modélisations des véhicules impressionnent, et, éventuellement, les abords des route, avec la modélisation de chaque brin d’herbe. Les environnements urbains sont une véritable catastrophe. Le rendu du bitume est également inférieur à tout ce qu’on a pu voir récemment dans des jeux de course. Alors oui, le jeu a quelques jolis effets de lumière pour lui, et les replays rendent très bien. Mais au volant d’un véhicule, on n’a clairement pas la mâchoire décrochée. On remarque d’ailleurs également un certain manque de prise de risque dans le choix des tracés. On retrouve beaucoup de circuits, et peu de tracés à la campagne ou en ville. Les environnements manquent de détail, d’originalité et de style. Gran Turismo 6 avait su se montrer plus ambitieux à ce niveau.

Côté son, même constat : les bruitages sont excellents, la spatialisation ajoute un réel plus, surtout lorsqu’on joue avec un casque sur la tête, et la playlist est gigantesque avec plus de 300 morceaux. Mais on a du mal à y trouver un fil conducteur avec de nombreux styles qui se mélangent et une surabondance de musique classique. Il s’agit certes d’une caractéristique de la série, mais pour le grand public, il y avait tout de même moyen de faire des efforts…

Alors, faut-il ou non craquer? Si vous êtes fan de la série, très certainement. Gran Turismo 7 est fidèle à ses origines. Il s’agit d’un très bon jeu de course, véritablement pensé pour les fans de la série. Si vous n’avez jamais touché à un Gran Turismo en revanche, autant vous dire que ce premier contact sera douloureux. Polyphony Digital n’a fait aucun effort pour rendre son jeu sexy aux yeux du grand public. Esthétiquement, le jeu n’est pas vraiment une claque. Son mode solo peine à convaincre, la montée en gamme est très lente, la présentation fade et le titre est rempli de fonctions totalement inutiles, à l’image par exemple du car-wash ou du système de maintenance du véhicule…

Conclusion

Gran Turismo est de retour avec un nouveau volet qui se veut très fidèle à l’ADN de la franchise et se destine avant tout aux fans de la saga. On retrouve tout ce qui a fait le succès des précédents volets : un garage bien rempli (420 véhicules), de nombreux circuits (97 tracés dans 30 destinations différentes), un mode multijoueur solide, une conduite mi-arcade mi-simulation très plaisante. Techniquement, le jeu peine toutefois à impressionner en dehors de ses superbes replays. On le sent, il s’agit d’un épisode cross-gen. Le potentiel de la PS5 n’est pas exploité. Polyphony Digital n’a également fait aucun effort pour ouvrir sa franchise au grand public : le mode solo est excessivement fade, la navigation dans les menus est pénible, aucun effort n’a été fait au niveau de la narration ou de la présentation. On se contente d’enchainer ici des défis qui nous sont présentés sous la forme de “menus” dans un bar, pour débloquer des véhicules et remplir son garage. Si la personnalisation des véhicules est poussée, on regrette que de nombreux éléments du jeu ne puissent être rangés de côté. Il faudra se coltiner les cinématiques (longues et pénibles), des dialogues creux, des “permis” longs et inintéressants pour les habitués des jeux de course, et un tas de fonction complètement inutiles, à l’image par exemple de la maintenance du véhicule. Et puis bien sûr, ne vous attendez pas à conduire des bolides avant des heures de jeu. Il faudra commencer tout en bas, au volant des véhicules les moins excitants du jeu. Clairement, il y avait moyen de faire quelque chose de beaucoup plus excitant. A condition de ne pas être allergique à son mode solo, les fans y trouveront toutefois largement leur compte. La conduite reste un réel plaisir, en particulier dans la vue cockpit très immersive, le garage est bien garni et en multijoueur, le jeu parvient à montrer son réel potentiel.  

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Gran Turismo 7

Gameplay 7.5/10
Contenu 7.0/10
Graphismes 7.0/10
Bande son 6.5/10
Finition 8.5/10
7.3

On aime :

La conduite très plaisante

La vue cockpit, très immersive

Un garage bien garni

Le multijoueur

Les replays

On aime moins :

Un certain manque de personnalité

Un mode solo très fade

Les permis, longs et sans intérêt pour les initiés

Techniquement décevant

Les menus et l'interface