Test – Grid Legends : un dérapage contrôlé

Trois ans après GRID, Codemasters nous revient avec un nouveau reboot pour sa série culte, qui roule désormais sous l’étendard de l’éditeur Electronic Arts. Grid Legends opère un tournant à 90 degrés qui ne plaira pas forcément aux fans de la saga.

Rebaptisée Grid il y a une dizaine d’années, la série des TOCA World Driver aura décidément connu de multiples reboots depuis ses débuts… On s’en doutait, le changement d’écurie avec le rachat d’Electronic Arts allait forcément influencer la direction de ce nouveau volet. Moins simu et beaucoup plus arcade, Grid Legends est un titre qui cible désormais davantage le grand public que les passionnés de sport automobile. Un tournant qui avait d’ailleurs déjà été entamé avec le dernier volet de la saga…

Le rendu de la pluie est particulièrement réussi.

Codemasters est cette fois allé beaucoup plus loin. Si la conduite reste réaliste, le jeu est beaucoup plus permissif avec les débutants. Le gameplay est en grande partie basé sur le drift. Grid Legends peut compter sur un gameplay extrêmement nerveux, une immersion complète grâce aux caméras cockpit et des tracés très bien construits pour tenir le joueur en haleine. On regrette en revanche un certain manque de compétitivité des adversaires, de difficulté de façon générale et d’impact sur la conduite pour chaque sortie de route… Clairement, Grid Legends n’est pas un titre qui se destine aux passionnés de sport automobile ni aux amateurs de simulation. On est très loin d’un Asseto Corsa.

Pour donner un point de comparaison, on pourrait dire que Grid Legends suit les traces de Dirt 5, une autre série de jeux de course qui étaient initialement plus orientée simulation et qui s’est progressivement transformée en une série de jeux de course arcade… La structure du mode solo est toutefois très différente.

Les nouveaux circuits en mettent plein les yeux.

Codemasters a eu la drôle d’idée ici de remplacer le mode carrière classique par un mode narratif composé d’une trentaine de courses qui sont entrecoupées de cut-scenes mettant en scène des acteurs de chair et de sang. C’est plutôt bien fichu, et agréable à suivre. L’ennui, c’est que “Driven to Glory” est un mode de jeu très court. Comptez deux à trois heures pour en voir le bout. Après quoi, il faudra repasser au mode solo classique, qui est cette fois beaucoup moins bien construit que sur un Dirt 5…

Il faudra progresser ici dans des compétitions en commençant tout en bas de l’échelle, avec des véhicules peu intéressants à piloter. Un contraste énorme avec les grosses cylindrées du mode Driven to Glory. Chaque étape se débloque progressivement au fil des défis réussis… L’ennui, c’est que d’autres conditions viennent s’y joindre : débloquer un nouveau niveau d’amélioration pour un véhicule, qui ne se débloque qu’après x kilomètres parcourus… Ce qui conduit le joueur parfois à “grinder” en rejouant certains tracés…

Autre surprise de ce mode carrière, la présentation y est très pauvre. Pas de cinématiques cette fois, ni d’élément narratif, des tableaux sans vie et surtout, l’absence complète de musique lors des tracés, aux antipodes encore de la bande son du mode Driven to Glory.

Le mode Driven to Glory est réussi, mais très court.

De façon générale, on pourra reprocher à Codemasters de faire beaucoup de recyclage aussi dans cet épisode. Plusieurs tracés du dernier volet sont présents, et seulement une poignée de nouveaux tracés sont proposés. Ceux-ci sont toutefois plutôt réussis, mais les acheteurs du précédent opus se sentiront clairement lésés…

La sélection des tracés est plutôt variée.

En dépit de l’abondance des circuits, véhicules et modes de jeu proposés, on ne peut pas s’empêcher d’être déçus. Le mode Driven to Glory est une réussite mais beaucoup trop court. Et surtout, une fois qu’on se décide de passer au reste, la structure du jeu est si chaotique qu’on a parfois du mal à comprendre comment tout cela fonctionne. Le mode principal est fainéant et peu passionnant. Reste alors le multijoueur, où on trouve encore la meilleure plus value.

Pour autant, on n’irait pas jusqu’à dire que ce nouveau Grid Legends est un mauvais jeu, bien au contraire même. Pad en main, le titre est fun, la conduite est plaisante, on retrouve une incroyable diversité au niveau des catégories de véhicules avec des véhicules électriques, des camions de course, des sportives, des bolides de course et plus encore… Les sensations sont là, le contenu est généreux, mais tout cela est finalement très mal mis en avant.

Dubaï est l’un des environnements les plus réussis du jeu.

Techniquement, Grid Legends est également plutôt une belle réussite. Les véhicules sont très joliment modélisés, les effets visuels sont réussis et les décors nous décrochent occasionnellement la mâchoire. On trouve toutefois moins de détails que dans un Gran Turismo 7 ou un Forza Horizon 5. Le rendu de la végétation, par exemple, déçoit quelque peu. On le sent, le titre a été développé pour l’ancienne génération de consoles. L’optimisation next-gen nous a d’ailleurs paru très légère.

Mais le plus troublant dans cet épisode, cela reste quelques choix douteux, dans la structure du mode solo comme nous l’avons déjà évoqué, l’IA des concurrents aussi, avec un système de “rival” qui n’a pas beaucoup de sens vu leurs réactions… Lorsque vous rentrez dans le véhicule d’un concurrent, il y a de fortes chances que celui-ci vous sera ensuite plus agressif… Sauf que dans la pratique, ça se réduit souvent à un tout petit accrochage. La difficulté nous a également paru étonnamment basse, même en mode très difficile il n’était pas rare de prendre l’ascendant sur tous ses concurrents très rapidement. Il s’agit de petits défauts certes, mais des défauts qui ont leur importance.

Au final, difficile donc de le conseiller aux mordus de simulation mais aussi aux joueurs qui avaient parcouru le précédent volet tant on a parfois la sensation d’être face à un Grid 1.5. Pour ceux qui étaient passés à côté en revanche, Grid Legends pourrait bien s’imposer comme une très bonne alternative aux autres grosses franchises de jeu de course. Beau, fun et plutôt généreux en contenu, le titre de Codemasters reste une jolie réussite. Espérons que le studio sera toutefois un peu plus ambitieux pour le prochain volet…

Conclusion

Plus axé arcade encore que son prédécesseur, Grid Legends est un jeu de course extrêmement fun à prendre en main, très réussi techniquement, et qui offre un contenu généreux. Le principal atout de cette suite, c’est son nouveau mode scénarisé, qui vous fait enchainer les courses au volant de bolides explosifs. Les courses sont entrecoupées par des cinématiques qui nous relatent une histoire de rivalité agréablement mise en scène. Ledit mode se boucle toutefois en moins de trois petites heures. Après quoi, le joueur devra revenir à une formule plus classique avec des événements et compétitions. S’il est plutôt réussi dans l’ensemble, Grid Legends souffre toutefois d’un contenu un peu trop recyclé et de quelques choix douteux dans sa structure. Pour débloquer de nouvelles compétitions, le joueur devra non seulement remporter des courses mais aussi améliorer ses véhicules… L’ennui, c’est que tout cela ne semble pas avoir très bien conçu puisque le joueur sera parfois amené à refaire plusieurs fois la même course pour progresser. 

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Grid Legends

Gameplay 8.0/10
Contenu 7.0/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 6.0/10
Finition 8.0/10
7.3

On aime :

Une conduite arcade très plaisante

Le nouveau mode carrière scénarisé

Une réalisation soignée

Les circuits, nombreux et variés

L'immersion, à la première personne

On aime moins :

Un mode carrière très plaisant mais trop court

Une bande son pauvre

La construction du solo en dehors du mode carrière

Trop facile dans l'ensemble