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États-Unis : les services chinois WeChat et AliExpress placés sur liste noire

Washington a décidé de resserrer l’étau sur certaines plateformes chinoises.

Selon les autorités américaines, certaines plateformes chinoises feraient office de plaque tournante pour la vente de biens contrefaits. Elles seraient à l’origine de manquements face aux droits de la propriété intellectuelle.

Un constat illustré par la publication de l’édition 2021 de la liste noire du Bureau du représentant américain au commerce (USTR). Elle répertorie les services en ligne et installations physiques connues pour leurs contrefaçons et les abus de propriétés intellectuelles.

Ainsi, WeChat et AliExpress rejoignent la liste des entreprises chinoises placées sur liste noire des “marchés notoirement réputés” aux États-Unis. Baidu Wangpan, DHGate, Taobao d’Alibaba, l’une des plus grandes plateformes e-commerce de Chine, ou encore Pinduoduo y figurent déjà. Au total, 20% de la liste vient de Chine.

Stopper le marché de la contrefaçon

L’année dernière, les Etats-Unis ont répertorié “42 marchés en ligne et 35 marchés physiques qui se livreraient à, ou faciliteraient une importante contrefaçon de marques ou un piratage de droits d’auteur”, ont indiqué jeudi les services de Katherine Tai. Elle est la représentante américaine au Commerce (USTR). Les auteurs du rapport estiment que “la Chine est le principal pays d’origine des produits contrefaits saisis par le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis”.

En guise d’illustration, d’après les douanes américaines, 79% des contrefaçons saisies aux États-Unis en 2020 venaient de la Chine.

WeChat et AliExpress rejoignent le club de l’Empire du milieu

En effet, selon les autorités américaines, les marchands chinois passent de façon plus régulière par les réseaux sociaux pour vendre leurs produits contrefaits. Ainsi, deux grands fleurons chinois du numérique rejoignent la liste noire des “marchés notoirement réputés”. À savoir, le plus populaire réseau social chinois WeChat et AliExpress, la marketplace du géant de l’e-commerce.

L’inscription sur cette liste n’induit aucune sanction financière, mais ternit la réputation des sites ou des pays qui y sont mis en avant.

Un risque pour la santé des consommateurs

Selon le rapport de l’USTR, les produits contrefaits représenteraient des risques pour la santé et la sécurité des consommateurs. Le texte prend l’exemple des équipements de protection contre le coronavirus.

En effet, des produits censés protéger contre le virus “ont été signalés comme étant fabriqués dans des conditions non stériles, y compris dans des ateliers de misère autrefois utilisés pour fabriquer d’autres types de produits contrefaits”, rapporte l’USTR.

DU côté de la vente de parfums et de vêtements contrefaits, l’USTR relève une technique trompeuse. Celle-ci consiste à utiliser des “liens cachés” dans des publicités sur les réseaux sociaux pour vendre des produits. En clair, un vendeur fait la publicité d’un produit sur une plateforme de médias sociaux ou un hébergement. Son objectif est de rediriger les utilisateurs visionnant la vidéo vers des catalogues complets de produits contrefaits.

“La publicité contiendra souvent des informations sur le produit tel que son prix et un moyen de se connecter avec le vendeur pour discuter des détails sur la façon d’acheter le bien contrefait”, explique aussi l’USTR.

Travail forcé et pratiques abusives

Les auteurs du rapport dénoncent aussi le fait que la Chine produise “le plus grand nombre de marchandises fabriquées en utilisant le travail forcé (illégal), y compris du travail forcé orchestré par l’État” et le travail des enfants.

Pour Katherine Tai, “le commerce mondial de produits contrefaits et piratés sape l’innovation et la créativité des Etats-Unis et nuit aux travailleurs américains”. Elle ajoute que, ces marchés illégaux amplifieraient “la vulnérabilité des travailleurs impliqués dans la fabrication de produits contrefaits aux pratiques de travail abusives”.

Les plateformes chinoises réagissent

Le géant chinois du numérique Tencent, propriétaire de WeChat, a indiqué vendredi être en “profond désaccord avec la décision”. Selon lui, la lutte contre la contrefaçon constitue le cœur de son activité.

“Nous surveillons activement les violations, les décourageons et agissons en conséquence sur toutes nos plateformes”, a souligné l’entreprise. De plus, elle promet de continuer à améliorer ses systèmes et ses technologies pour bloquer la vente de produits contrefaits.

De son côté, le géant Alibaba (AliExpress) indique être conscient des défis posés par la protection de la propriété intellectuelle. Il assure être “pleinement engagé à faire progresser son leadership dans ce domaine” et prêt à collaborer avec les gouvernements.

Dans la continuité de Donald Trump

La liste noire des marchés notoirement réputés a vu le jour en 2011 dans le but de sensibiliser le public, les entreprises et les gouvernements aux services les plus susceptibles de favoriser la vente de produits contrefaits et le vol de propriété intellectuelle.

Pendant le mandat de Donald Trump, WeChat était déjà l’une des plateformes chinoises dans le viseur. Pour rappel, l’ancien président considérait que l’application représentait une menace pour la “sécurité nationale” des États-Unis. Et ce, en raison de l’obligation pour les entreprises chinoises de répondre aux requêtes de Pékin sur les données.

En janvier 2021, en Californie, une plainte visait Tencent. Les plaignants accusaient l’application de censure et de surveillance. Par exemple, ils estimaient que le fait que WeChat partage les données de ses utilisateurs avec les autorités chinoises servait de base à Tencent “pour améliorer ses algorithmes de censure et de surveillance“.

Quelques notes positives

À noter que l’USTR a aussi relevé les efforts de certains pays en matière de lutte contre la vente de produits contrefaits. Il cite la Thaïlande, le Brésil et les Emirats Arabes Unis.

De même, d’après Bloomberg, les auteurs du rapport précisent qu’Alibaba mettrait en place des systèmes performants de lutte contre les contrefaçons. Et ce, même s’ils constatent une hausse préoccupante des produits en question sur la plateforme.

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