Test – CrossfireX : le Counter-Strike du pauvre

Attendu au tournant par les amateurs de FPS compétitifs, CrossfireX s’annonçait comme une jolie alternative à l’incontournable Call of Duty. Le résultat est malheureusement très en deçà de nos attentes. 

S’il avait beaucoup fait parler de lui à son annonce, CrossfireX était resté très en retrait dans l’actualité ces derniers mois, ce qui n’est jamais très bon signe pour un jeu “attendu”. Exclusif aux consoles Xbox et au PC, le titre présentait surtout la particularité d’être développé par deux studios avec d’un côté les Coréens de Smilegate, qui ont conçu le mode multijoueur du jeu, et de l’autre le studio Remedy, auteur de Control et Alan Wake, qui a travaillé sur le mode solo.

Visuellement, le jeu n’est pas laid, mais loin des standards actuels.

Au premier contact, on s’étonne déjà du modèle économique du jeu, qui n’est ni vraiment un free-to-play, ni un jeu “payant”. En réalité, on se retrouve ici face à deux, voire même quatre jeux différents, avec d’un côté un mode solo classique, inspiré par ce bon vieux Counter Strike, qui rassemble quatre cartes (pour autant de modes de jeu, nous y reviendrons), et qui déstabilise quelque peu le joueur de par certaines de ses caractéristiques. Il n’y a ainsi pas de système de zoom pour la visée dans ce mode de jeu, dans lequel vous tirerez un peu à l’aveugle. Le gameplay paraît très old school et manque cruellement de précision. A côté de cela, on retrouve un mode “moderne”, qui compte seulement deux cartes, et autant de modes de jeu encore une fois. On s’affronte entre terros et contre-ops sur une carte, où il faudra soit placer une bombe soit la désamorcer. C’est fun, il y a la visée, le gameplay est un peu plus moderne, mais on fait malheureusement très vite le tour des deux petites cartes qui nous sont proposées.

Le mode multijoueur de CrossfireX présente un véritable potentiel. Il est toutefois divisé entre ces deux segments. Certains joueurs seront totalement allergiques au mode “classique”, avec ses contrôles douteux. Etrangement aussi, certaines cartes présentes dans ce mode ne le sont pas dans le mode moderne. C’est notamment le cas de la seule et unique carte “team deathmatch”, toute petite de surcroit, où on se contente de foncer tête baissée en tirant sur tout ce qui bouge.

Dans le mode “moderne” vous retrouverez deux seules et uniques cartes…

A côté de ces deux modes solo “free-to-play”, qui intègrent au passage une myriade de microtransactions et un système de pass pour débloquer du contenu, on retrouve non pas une mais deux campagnes solo. Là encore, les choses se compliquent. La première campagne est vendue environ 10€. La seconde n’est vendue qu’en pack avec la première, pour un total de 25€. Ce qui est encore plus étrange, c’est que si vous y jouez via le Gamepass, vous n’aurez accès qu’au multijoueur et à la première campagne. Il faudra donc obligatoirement débourser 25€ pour le pack complet… Ce qui n’est en soi pas très cher. Ceci étant dit, le modèle économique n’en reste pas moins douteux.

D’autant plus qu’on a vraiment l’impression d’être face à au moins trois jeux différents, avec le mode “classique” qui ne plaira sans doute qu’aux rares habitués de la série – Crossfire étant une saga plus populaire en Asie qu’en Occident -, le mode “Moderne” qui n’est pour l’instant qu’une petite démo de ça à quoi devrait ressembler le mode multijoueur une fois finalisé, et les deux campagnes solo… qui tentent tant bien que mal de copier la formule des Call of Duty, sans trop de succès.

La narration est soignée dans le solo. Mais le scénario n’est pas forcément passionnant…

Car en définitive, on se retrouve ici face à un shooter très générique. Remedy soigne la narration de ses campagnes, avec de jolies cinématiques et une mise en scène efficace. L’ennui, c’est que pad en main, on a vraiment l’impression de jouer à un Call of Duty du pauvre, avec des séquences de jeu ultra-scriptées, un scénario peu intéressant, une IA à la rue et un manque flagrant d’inspiration à tous les niveaux. Le studio finlandais maîtrise la narration dans tous ses titres, mais il signe avec CrossfireX son premier écueil. Les ennemis tirent parfois sans vous viser, dans une direction complètement aléatoire. Le jeu enchaine des séquences ultra-scriptées, sans aucun sens du rythme. Les aides sont d’ailleurs si nombreuses qu’il est bien difficile de mourir, même en difficile. On se rend d’ailleurs très vite compte que le mode solo n’avait aucune espèce d’importance pour les développeurs du jeu. Aucun succès du jeu n’est par exemple lié au mode solo… C’est dire.

Du côté du multijoueur, on trouve quelques très bonnes idées. Le level-design de certaines cartes est très réussi. Le joueur a la possibilité de personnaliser son arsenal en débloquant de nouvelles armes et skins et en choisissant son matos à chaque résurrection. Les modes de jeu font également dans l’originalité, avec, à côté du mode team deathmatch et du mode pose de bombe, un mode infecté dans lequel les joueurs infectés se transforment en monstres et coursent les autres joueurs, et un mode de jeu dans lequel l’une des deux équipes agit dans l’ombre en étant invisible aux yeux des adversaires. C’est original, mais malheureusement, pas forcément passionnant, car les combats au corps à corps sont clairement ratés. On ne ressent absolument aucune sensation en donnant des coups de couteau à ses adversaires et surtout on ne sait absolument pas lorsque ceux-ci touchent leur cible. Certaines features sont également très mal intégrées, à l’image du Boogeyman, un état qui transforme votre unité en super-soldat capable d’encaisser beaucoup de coups. Grâce à un système d’upgrades, il est possible de devenir quasiment invulnérable et d’enchainer plusieurs dizaines de kills dans cet état… De façon générale, le gameplay est également assez mal calibré puisqu’on a rencontré plusieurs fois un bug qui causait un dézoomage automatique du viseur en pleine séquence de gunfight… Bug qui conduit très souvent à une mort instantanée… Les développeurs l’ont toutefois déjà précisé sur leur site : la plupart de ces bugs seront rapidement corrigés à travers une mise à jour.

En solo, il faudra choisir entre du 30 FPS avec ray-tracing, ou du 60 FPS sans.

En solo, on a également été très surpris de constater qu’on avait le choix entre du 30 FPS et du 60 FPS. Le mode par défaut tourne en 30 images par seconde, avec une sensation très particulière de lenteur… qui nous a conduit à rapidement passer au mode “performances” en 60 images par seconde… L’ennui, c’est que dans ce mode, la plupart des effets visuels disparaissent et le rendu en pâtît lourdement.

Difficile de ne pas avoir le sentiment que CrossfireX sort aujourd’hui dans une version presque pré-alpha, avec un contenu digne d’une petite démo. Le mode “moderne”, qui est celui qui intéressera la plupart des joueurs, ne compte que deux niveaux. On est d’autant plus surpris par ce contenu rachitique que le jeu avait déjà été repoussé de plusieurs mois l’an dernier… Les développeurs semblent toutefois bien au courant des remarques des joueurs puisqu’ils ont annoncé que de nouvelles cartes allaient être ajoutées très prochainement.

Une seule et unique carte est disponible pour le “team deathmatch”.

Une chose est sûre : en l’état, difficile de le conseiller. Avec du temps et de la patience, CrossfireX pourrait toutefois devenir une belle alternative à un Counter Strike. Les patchs et mises à jour de contenu devront toutefois être nombreuses avant d’avoir une proposition correcte.

Conclusion

Attendue au tournant, la collaboration de Smilegate et Remedy tourne au cauchemar. A mi-chemin entre un Call of Duty et un Counter Striker, CrossfireX adopte un modèle économique douteux et peine à convaincre tant au niveau de sa réalisation que de son contenu. Si le jeu est proposé à un petit tarif, ses deux campagnes solo, calquées sur celles d’un Call of Duty, souffrent surtout d’un manque d’imagination et de moyens flagrants, avec une IA pauvre, des niveaux très linéaires et un manque de sensations, pad en main. Le multijoueur a le mérite de montrer un certain potentiel, en mode “moderne”, mais le contenu extrêmement léger (seulement 2 cartes dans le principal mode de jeu!) a de quoi surprendre. Le jeu souffre également d’un nombre incalculable de bugs qui rendent actuellement l’expérience de jeu désastreuse. Les développeurs l’ont promis toutefois : les mises à jour corrigeront le tir et apporteront de nouveaux contenus rapidement. En l’état, difficile de le conseiller. Le potentiel est toutefois là… Mais encore faudra-t-il que la communauté survive jusqu’à ce que le jeu devienne décent… 

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CrossfireX

Gameplay 5.0/10
Contenu 3.0/10
Graphismes 6.0/10
Bande son 5.0/10
Finition 3.0/10
4.4

On aime :

Quelques parties plaisantes en multijoueur

La mise en scène efficace du solo

Quelques bonnes idées

On aime moins :

Deux campagnes solo extrêmement fade

Le mode "Classique", sans zoom

Seulement 4 cartes, 2 en modes "moderne"

Totalement déséquilibré en multijoueur

Le modèle économique "cassé"