Test – Rainbow Six Extraction : la bonne surprise de janvier

Rainbow Six Siege faisait s’affronter terroristes et opérateurs venus des quatre coins du monde. Six ans plus tard, les terroristes font place aux extra-terrestres dans Extraction.

Sorti en 2015, Tom Clancy’s Rainbow Six Siege continue, encore aujourd’hui, à accueillir de nouveaux joueurs et à s’enrichir en contenu. Ubisoft est en effet parvenu à fédérer la communauté autour du titre avec de nombreux DLC et des saisons qui s’enchaînent apportant de nouveaux opérateurs, environnements et missions. C’est bien simple : en 6 ans, Rainbow Six Siege n’est absolument plus le même jeu qu’à sa sortie. Parmi les DLC sortis, Operation Chimera en 2018 apportait un événement plutôt original et transformant considérablement le jeu de base : Outbreak. Des agents de Rainbow partaient au Nouveau-Mexique, à Truth or Consequences, combattre une épidémie causée par un parasite.

Le succès d’Outbreak aura finalement donné des idées aux équipes d’Ubisoft. Quatre ans plus tard, sort Rainbow Six Extraction. Comme dans le pitch du DLC, les agents de l’unité Rainbow sont envoyés aux quatre coins des États-Unis pour combattre des extra-terrestres appelés les Archéens venus dévaster la Terre. De nombreux agents présents dans Siege font d’ailleurs leur grand retour, comme l’agent du GIGN Lion, ou encore le Sud-Coréen Vigil. Ce ne sont d’ailleurs pas les seuls éléments issus de Siege repris dans Extraction.

C’était annoncé et cela se ressent énormément : Rainbow Six Extraction est très fortement inspiré de Rainbow Six Siege. Les 18 agents sont issus du jeu d’origine, le système de barricade et de renforcement des abris fait son retour, l’environnement est quasiment entièrement destructible… Les joueurs arriveront ici en terrain conquis, ou presque. Bien évidemment, Extraction dispose de ses propres atouts et éléments qui permettent de le différencier de son illustre modèle.

La sécurisation d’un VIP ou le sauvetage d’un allié en danger de mort font partie des missions du titre. Dommage qu’il n’y en ait que 9.

La mission des agents de Rainbow diffère évidemment de celle dans Siege. Comme précisé plus haut, les agents ne devront plus sauver des otages ou mettre des terroristes hors d’état de nuire, mais plutôt combattre une invasion d’extra-terrestres. C’était déjà le cas dans Siege et ça l’est de nouveau dans Extraction : il n’y a pas vraiment de scénario à suivre. Contrairement à d’autres jeux exclusivement multijoueur comme Back 4 Blood ou Aliens Fireteam Elite où l’on progresse dans l’histoire avec nos coéquipiers, Extraction propose uniquement un enchaînement de missions aléatoires. Seules quelques (très jolies) cinématiques viennent ponctuer la découverte de nouveaux environnements.

Finalement, c’est ce que l’on reprochera le plus à Extraction. Nous avançons dans les missions et gagnons des crédits sans réel but. Nous débloquons bien des nouveaux opérateurs, niveaux ou équipements, mais le titre nous donne surtout l’impression de prolonger de manière quelque peu artificielle sa durée de vie, avec notamment une barre de progression REACT qui fait beaucoup d’allées et venues, mais nous y reviendrons plus tard. Pour en revenir à la durée de vie, comptez une petite vingtaine d’heures pour boucler les 6 environnements et leurs trois sous-zones. C’est raisonnable compte tenu du prix demandé (40€), mais la durée de vie est artificiellement allongée par les répétitions de missions pour débloquer des environnements… Cela reste en soi très léger pour un titre payant, qui a en bien des aspects l’allure d’un Free-to-play. En ce sens, on comprend mieux pourquoi le jeu est intégré au Gamepass en day-1. 

Le level design est tout simplement irréprochable, avec certaines salles très réussies. Comme dans Siege, la quasi-totalité de l’environnement est destructible.

Ainsi, vous allez être propulsé seul ou jusqu’à trois joueurs dans un environnement où vous devrez accomplir trois missions. Au nombre de 9, celles-ci demandent tantôt de tuer un ennemi “Elite”, tantôt de capturer un extra-terrestre, tantôt d’arrêter des interférences grâce à une espèce de sonar. Entre chaque mission, vous aurez accès au SAS, vous permettant de vous remettre de vos émotions, mais également de récupérer soit des munitions, soit des compétences, soit de la vie, en fonction de ce que le jeu sera prompt à vous proposer. La structure restera alors la même dans tout le jeu, si ce n’est dans la dernière “campagne”, le Protocole Maelstrom, où 9 sous-zones s’enchaînent, les opérateurs sont sélectionnés par défaut, la difficulté croît au fil des missions et les ressources trouvables diminuent. C’est le seul moment où nous sortons réellement de ce schéma dans lequel s’engouffre Extraction.

En effet, force est de constater que les missions se répètent, surtout si vous enchaînez les parties durant la même soirée. Une mission a davantage retenu notre attention que les autres. Lorsque vous perdez un de vos soldats au combat et que vous n’êtes pas capable de l’extraire, celui-ci sera capturé par les extra-terrestres et vous devrez le secourir grâce à vos compagnons.

C’est là que l’aspect coopératif prend tout son sens. À l’instar d’un Back 4 Blood, vous devrez constamment compter sur vos coéquipiers pour accomplir les missions. Le titre se joue bien évidemment en solo et s’adapte même au nombre de joueurs présents dans la partie. Ainsi, la difficulté et le nombre d’extra-terrestres seront revus à la hausse ou à la baisse en fonction du nombre d’opérateurs. Malgré tout, il est vivement conseillé de jouer à Extraction entre amis, comme c’était déjà le cas dans Siege. Le jeu est bien plus fun et la progression et résolution des missions plus aisées. 

La direction artistique du titre est irréprochable. L’invasion des extra-terrestres apporte une ambiance sombre très plaisante.

Si vous redoutez les jeux qui demandent un investissement trop important et de la rigueur à toute épreuve, vous devriez peut-être passer votre chemin. En effet, la progression de votre “profil” se fait au moyen de grade REACT. Plus vous réussirez vos missions et parviendrez à vous extraire sans le moindre blessé, plus vous grimperez vite en grades REACT, et plus vous débloquerez de nouveaux niveaux ou opérateurs. En revanche, le moindre faux pas vous sera fatal. Perdez un homme au combat ou échouez à l’une de vos trois missions et vous perdrez très vite des points REACT, à tel point que ça en devient frustrant. Il faudra faire preuve de communication avec vos partenaires et éviter le moindre faux pas en mission. Si cette composante est frustrante, elle peut, au contraire, en motiver certains, désireux d’accomplir leurs missions et de progresser le plus vite possible.

La progression REACT n’est pas la seule à laquelle vous devrez faire attention, puisque chacun de vos agents va progresser dans des niveaux. Comme dans Siege, jouez avec vos agents et ils engrangeront de l’expérience. Expérience qui leur permettra alors débloquer de nouvelles armes et modifications d’armes. Si chaque agent est particulier et dispose de son propre équipement et compétence, on regrettera malheureusement que l’arsenal déblocable chez chacun d’entre eux soit bien trop maigre. Comptez seulement entre 4 et 5 armes principales et armes secondaires par personnage. L’équipement, quant à lui, se débloque au moyen de jetons REACT débloqués comme expliqué au paragraphe précédent.

Entre chaque sous-mission, vous passerez par le SAS vous permettant de récupérer vie, munitions ou compétences.

Comme expliqué plus haut, Extraction s’inspire directement de son principal modèle Siege. Pour certaines missions, vous devrez sécuriser un point pendant un laps de temps imparti face à des hordes d’extra-terrestres vous déferlant dessus. Il vous sera alors possible de sécuriser davantage des fenêtres, cloisons ou porte grâce aux barricades que l’on trouvait déjà dans Siege. La quasi-totalité de l’environnement peut quant à elle être utilisée pour surprendre un ennemi en tirant, par exemple, à travers une cloison ou en posant une mine derrière un mur qu’un ennemi ne pourra voir. Autant de mécaniques empruntées à Siege qui font d’Extraction un titre extrêmement nerveux et jouissif.

Difficile d’exploiter un environnement si celui-ci est mal conçu. Dans Extraction, les développeurs ont accordé une importance toute particulière à la construction des environnements. Les ennemis et leurs nids peuvent par exemple venir de partout, tandis que les éléments destructibles sont extrêmement nombreux. La réalisation des différentes cartes est très soignée, même si l’on regrettera un manque de diversité et que certains environnements se ressemblent trop souvent entre eux. Par exemple, un laboratoire de San Francisco ressemble presque à s’y méprendre à celui de l’Alaska. Les niveaux restent également relativement exigus. 

Les gunfights et autres moments du titre sont extrêmement jouissifs. Le son occupe d’ailleurs une place importante avec une spatialisation permettant de repérer facilement les ennemis.

Pour ce qui est de la technique, Rainbow Six Extraction s’en tire plutôt bien, sans briller. Le titre est extrêmement fluide (constamment à 60FPS) et les effets de lumière sont absolument superbes. Le titre est joli, mais ne tire pas vraiment parti des capacités des consoles next-gen. Les sons sont quant à eux très bien réalisés, avec une spatialisation ô combien importante qui vous permettra de repérer très facilement vos ennemis. 

Enfin, et non des moindres, évoquons l’IA d’Extraction. Dans ce type de jeu, l’intelligence artificielle doit être quasiment irréprochable pour fournir au joueur l’expérience de jeu la plus idéale possible. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas, les extra-terrestres ayant par moment des réactions assez surprenantes ou ne réagissant pas toujours de la manière la plus spontanée. 

Conclusion

Avec Rainbow Six Extraction, Ubisoft ose tenter quelque chose de radicalement différent. D’un FPS multijoueur compétitif, on passe ici à un FPS coopératif dans un  univers SF très convaincant. Exit la guerre contre le terrorisme, place à une invasion extraterrestre. Le gameplay reste fidèle à l’ADN de la franchise, avec des séquences d’action intenses et beaucoup de tactique. Les 18 agents, tous tirés de Siege, disposent chacun de leur propre capacité et arsenal malgré un équipement bien maigrichon. Les parties sont terriblement jouissives, avec des objectifs relativement variés qui vont du sauvetage d’agent à l’élimination de cible. Si la formule fonctionne parfaitement, elle a toutefois tendance à vite se répéter, la faute à un contenu très (trop!) léger. Pas de scénario ici mais une succession de missions sans aucun lien entre elles, des environnements trop sages, des niveaux trop petits et une progression frustrante qui rallonge artificiellement la durée de vie. A bien des égards, Extraction ressemble à un free-to-play. Le jeu est pourtant vendu presque plein tarif (40€). On comprend dès lors mieux son intégration au Gamepass. 

 

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Rainbow Six : Extraction

Gameplay 8.0/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 7.5/10
Finition 7.5/10
7.4

On aime :

Plutôt joli

La coopération habilement exploitée

Des parties très jouissives

Une progression difficile mais motivante

18 agents à débloquer, tous différents les uns des autres

On aime moins :

Pas véritablement de scénario à parcourir

Très peu d'armes et de modifications disponibles

Une certaine répétitivité dans les missions et les cartes

Beaucoup trop cher

Une IA souvent bancale