Un dirigeant de Meta accuse les utilisateurs d’être responsables de la diffusion de fake news

Un dirigeant de Meta a déclaré que les “individus humains” sont responsables de la diffusion de fausses informations sur Facebook.

Les déclarations ont été faites lors d’une interview publiée le 12 décembre. Le média américain Axios a interrogé Andrew Bosworth, vice-président de la réalité augmentée et virtuelle de Meta. L’année prochaine, il deviendra directeur technique de l’entreprise. L’interview portait sur les fake news et le rôle de la plateforme dans leur propagation.

Le rôle des réseaux dans la désinformation

Facebook aurait contribué à la diffusion de fausses informations sur la pandémie de Covid-19. Selon des documents internes récupérés par la chaîne CNN, la plateforme n’aurait pas mis en place les outils de modération suffisants pour permettre de lutter efficacement contre les messages violents. Plus précisément, on peut lire que la “capacité de Facebook à détecter les commentaires douteux sur les vaccins est mauvaise dans les publications en langue anglaise et totalement inexistante dans les autres langues”. 

Depuis le lancement des campagnes de vaccination, nombreuses sont les critiques qui affirment que Facebook a joué un rôle important dans l’hésitation à se faire vacciner et la diffusion de fausses informations politiques. D’autant plus depuis les révélations des “Facebook Papers” partagées par la lanceuse d’alerte France Haugen.

“La responsabilité des utilisateurs”

Face à ces accusations, M. Bosworth a choisi de blâmer les utilisateurs lors d’une une interview pour Axios. Le vice-président a insisté sur un point : les “fake news” sont des problèmes de société plutôt que des problématiques amplifiées via les réseaux sociaux.

“Les individus choisissent de croire ou de ne pas croire une chose. Ils sont également responsables du choix de ce qu’il faut partager ou non”.

Tout au long de l’interview, les propos de M. Bosworth dédouanent la plateforme de toute responsabilité. Son argumentation considère que les individus font le choix de se fier ou non à ces informations diffusées par leurs amis et leur famille. “C’est leur choix. Ils ont le droit de le faire. Vous avez un problème avec ces personnes. Vous n’avez pas de problème avec Facebook. Vous ne pouvez pas me mettre ça sur le dos”, exprime-t-il.

Facebook et la lutte contre le virus

M. Bosworth a défendu le rôle de Facebook dans la lutte contre la propagation du virus. Il justifie sa position en affirmant que l’entreprise a mené “l’une des plus grandes campagnes d’information au monde pour diffuser des informations faisant autorité”. Pendant l’interview, le vice-président a cité les efforts de Facebook pour diffuser des informations précises sur les vaccins. “Même si nous consacrions tout notre argent à la prévention, cela n’empêcherait pas les gens de voir des choses qu’ils n’aiment pas. Cela n’éliminera pas toutes les possibilités qu’auront les gens d’utiliser la plateforme de manière malveillante”, assure-t-il.

Pourtant, une étude menée par des chercheurs de l’Université de New York et de l’Université Grenoble Alpes remet en cause ces efforts énoncés par le vice-président. Les chercheurs ont examiné les messages publiés par plus de 2 500 pages Facebook entre août 2020 et janvier 2021. Les résultats révèlent que les messages de sources réputées dans la diffusion de fake news obtenaient six fois plus d’appréciations, de partages et d’interactions sur la plateforme que les messages de sources plus fiables.

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