Test – Despot’s Game: Rogue-like et stratégie font bon ménage

Après un premier titre sorti en 2018, Konfa Games propose cette fois Despot’s Game: Dystopian Army Builder, un mélange de stratégie et de rogue-like très convaincant.

Les joueurs ont déjà pu s’y essayer dans une démo lors du Steam Game Festival au début de l’année, Despot’s Game débarque en ce mois d’octobre en accès anticipé. Développé par un studio du nom de Konfa Games et édité par tinyBuild, il s’agit d’un savant mélange de jeu de stratégie et de rogue-like.

Despot’s Game: Dystopian Army Builder est le successeur d’un autre titre nommé Despotism 3k, sorti en 2018. Il s’agissait d’un jeu de gestion dans lequel nous incarnions une intelligence artificielle devant exploiter des humains. Despot’s Game reprend beaucoup de son prédécesseur. Son ambiance, de nombreux éléments graphiques ou encore son écriture teintée d’humour noir, tout cela était déjà dans le premier titre. Mais cette fois, il est question de prendre le contrôle des humains, forcés à participer à un jeu morbide par cette même intelligence artificielle. Ceux-ci doivent sortir sain et sauf d’un donjon où rôdent toutes sortes de monstruosités.

Si le nombre d’humains qui composent notre armée est modeste au départ, celui-ci va vite augmenter.

Nous devons donc gérer une troupe d’humains dans un donjon généré procéduralement. La majorité des salles abritent des monstres que les humains seront forcés d’affronter pour pouvoir progresser. Ces affrontements se font automatiquement une fois le bouton dédié enfoncé. Entre les combats, nous avons tout de même la possibilité de disposer nos unités comme bon nous semble sur le terrain. Il faut forcément prendre en considération qui sera envoyé en tête de notre armée.

Une fois le combat terminé et quelques deniers empochés, certaines salles donnent accès à des magasins permettant d’acheter des armes mais aussi, et surtout, des humains pour venir renforcer vos rangs. En leur équipant une arme, ceux-ci prennent une des dix classes du jeu, des classes plutôt classiques de RPG tel que Tank, Mages, Soigneurs… Chacune des classes possède ses propres atouts et avoir plusieurs personnages avec des armes différentes de la même classe permet d’obtenir des effets passifs importants.

À cela viennent s’ajouter les mutations, des effets passifs que l’on peut soit trouver dans certaines salles des donjons, soit acheter dans un arbre de compétence. Des effets qui peuvent s’appliquer à certaines classes ou à l’entièreté de l’équipe. Il faut également faire attention à notre réserve de nourriture qui se consomme à chaque changement d’écran. Avoir 10 humains dans notre armée consomme donc 10 unités de nourriture à chaque salle et va donc demander de se réapprovisionner souvent, et ce à l’aide de la même monnaie que pour les armes, humains et mutations. Notez qu’il est également possible de sacrifier des humains pour obtenir de la nourriture.

Certains étages possèdent des événements qui peuvent rapporter gros.

Chaque étage se termine par un boss qui, une fois vaincu, nous donne accès à une nouvelle zone. Tous les débuts de zone sont l’occasion d’un événement textuel qui donnera différents effets selon nos choix. Des évènements souvent écrits avec humour, parfois un peu d’humour noir, et bourrés de références aux jeux vidéo et à la pop culture. Cet aspect caractérise d’ailleurs une bonne partie du jeu. Derrière ses créatures au design apocalyptique, le titre fait preuve de beaucoup d’humour dans son écriture et dans le design des différentes classes d’humains.

Despot’s Game est entièrement réalisé en pixel art et se montre très convaincant. Si l’apparence des humains paraît simpliste, les ennemis et autres personnages ont un design beaucoup plus travaillé. Les animations sont aussi très fluides et détaillées. Très rythmé, la bande-son propose de très bonnes compositions aussi, même si elles sont peu nombreuses.

Le gameplay montre une bonne dose de profondeur grâce aux différentes possibilités qu’offrent les classes et les mutations. Il est, en général, préférable de se concentrer sur quelques classes et de trouver une synergie qui fonctionne, au lieu de jouer tout en même temps. Les différentes mutations exploitent bien les mécaniques du jeu et le titre devient vite addictif. Despot’s Game est bien plus proche d’un rogue-like que d’un rogue-lite, entendez par là que l’on progresse très peu entre les parties et que chaque game over nous demande de tout reprendre à zéro.

Le titre devient vite très exigeant.

Cet aspect amène forcément une petite frustration après une partie qui a peut-être duré plus d’une heure. L’autre élément frustrant du jeu c’est sa difficulté particulièrement impitoyable, et ce même en mode facile. Si terminer une run ne prend que quelques heures, y parvenir va demander de bien gérer ses dépenses et de réfléchir à la composition de son équipe. Mais plus que tout, ce qui semble important pour réussir c’est la chance de tomber sur de bons événements et sur de bonnes mutations. Malheureusement, la chance prévaut sur la stratégie.

Il faudra également composer avec une traduction française encore incomplète mais qui devrait se finaliser dans les temps à venir. Le titre ne propose pas une densité de contenu très importante mais permet tout de même de débloquer des variations intéressantes de la formule de base et de comparer son armée à celle des autres joueurs une fois arrivé au bout du donjon. Despot’s Game n’est pas, pour l’instant, un de ces rogue-like qui vous tiendra durant des centaines d’heures, mais sa durée de vie est déjà très correcte pour le prix auquel il est proposé.

Conclusion

Successeur spirituel de Despotism 3k, Despot’s Game: Dystopian Army Builder est le nouveau titre du studio Konfa Games. Dans Despot’s Game, il est question de prendre le contrôle d’humains forcés à participer à un jeu morbide par une intelligence artificielle. Ceux-ci doivent sortir d’un donjon où rôdent toutes sortes de créatures monstrueuses. Il s’agit d’un rogue-like utilisant des mécaniques de jeu de stratégie où nous devons gérer une armée d’humains dans un donjon généré procéduralement. Dans ce donjon, on trouve de nombreux ennemis à combattre mais également des évènements et magasins permettant de s’approvisionner en humains et en équipements. Chaque arme donne une classe aux personnages et les mutations, des effets passifs, amènent une belle profondeur à ce gameplay. Dommage que le titre montre aussi quelques côtés frustrants, notamment à cause de sa difficulté impitoyable. Même en mode facile, il est compliqué d’arriver au bout du donjon, surtout si la chance n’est pas de votre côté. On a trop souvent l’impression que la chance prévaut sur le côté stratégique du jeu. Despot’s Game possède tout de même une très belle direction artistique. Le titre est réalisé entièrement en pixel art, il dépeint un univers assez sombre mais qui possède pourtant beaucoup d’humour. Les problèmes d’équilibrages seront peut-être corrigés avec les prochaines mises à jour, de même que le contenu qui ne se renouvelle pas beaucoup mais qui est tout de même déjà très correct pour le prix auquel il est proposé.

Despot's Game: Dystopian Army Builder

Gameplay 7.5/10
Contenu 8.5/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 7.0/10
Finition 7.0/10
7.3

On aime :

Un gameplay stratégique et profond

Écrit avec humour

Une très bonne direction artistique

Une bonne durée de vie pour un petit prix

On aime moins :

Sans doute trop difficile

La meilleure stratégie ne vous sauvera pas de la malchance

Pas encore de français intégral