Un système de reconnaissance faciale est capable de reconnaître les visages masqués

L’intelligence artificielle bénéficie aujourd’hui d’une base de données de 10 milliards d’images pour reconnaître des personnes.

Les technologies de reconnaissance faciale font planer depuis leur apparition de nombreux débats et inquiétudes sur le respect de la vie privée. Les solutions de reconnaissances comme celles de Clearview sont devenues la bête noire de beaucoup de citoyens, car elles ouvrent la porte à une reconnaissance à l’échelle mondiale sans l’autorisation des personnes concernées.

La société Clearview est devenue célèbre lorsque son utilisation dans des départements de police, des organismes publics et des entreprises du monde entier a été révélée. Au début de l’année 2020, la société avait également indiqué qu’elle disposait de 3 milliards d’images dans sa base de données. Lors de cette révélation, et face à la grogne populaire, Google s’est notamment manifesté pour demander l’arrêt de la récupération des images sur ses services et la suppression des images déjà enregistrées. Cela ne semble pas avoir été très efficace, car Hoan Ton-That, le PDG de Clearview, a affirmé récemment que la société disposait désormais d’une base de données de 10 milliards de photos collectées en ligne.

Big Brother vous observe

En plus de l’annonce de cette gigantesque base de données, le PDG de Clearview a également affirmé que la société disposait aujourd’hui des technologies nécessaires pour augmenter la netteté des images floues et recomposer des visages cachés par des masques. Grâce à des modèles d’apprentissage automatique, le système serait capable de générer les détails manquants des photos. Certaines personnes pointent déjà du doigt les biais et fausses accusations que ces « remplissages » pourraient créer.

Hoan Ton-That a démontré le fonctionnement de la technologie en prenant la photo d’un journaliste à l’aide de son smartphone. Clearview a immédiatement produit des dizaines d’images provenant de nombreux sites montrant cette même personne, ainsi que ses coordonnées personnelles, à travers des photos accumulées depuis plus d’une décennie. Glaçant.

Avec l’évolution et la démocratisation de ces technologies, il semble important de réguler rapidement ce type d’outil de surveillance. En avril dernier, 51 organisations ont demandé l’interdiction de la reconnaissance faciale en Europe. Les débats concernant les dangers et la légitimité de ces technologies risquent donc de se poursuivre encore longtemps.