Test – Super Monkey Ball Banana Mania : un remaster paresseux

Deux ans presque jour pour jour après Banana Blitz HD, Sega nous livre un autre remaster de sa série culte des Super Monkey Ball. 

Difficile de ne pas s’y perdre dans l’historique des sorties de la franchise Super Monkey Ball. Plus d’une quinzaine de jeux ont vu le jour depuis la sortie du premier volet, en 2001 en arcade et sur Gamecube. Si l’on met de côté les quelques épisodes sortis sur mobiles et les remasters, la dernière entrée dans la série remonte toutefois à… 2011, soit il y a dix ans déjà!

Visuellement, ça a très mal vieilli.

En réalité, on pourrait subdiviser la série selon trois axes : les épisodes originaux, sortis à l’époque sur Gamecube, les spin-off divers et variés qui ont rencontré un succès beaucoup plus modéré, et les revivals sur Wii, qui ont relancé la franchise. L’épisode sorti en 2019 sur les consoles de dernière génération était un remaster du Banana Blitz sorti à l’époque sur Wii, et qui reste l’un des meilleurs volets de la franchise à ce jour.

Sega a eu la drôle d’idée de continuer sur sa lancée en nous livrant un autre remaster, cette fois de Super Monkey Ball Deluxe, le titre qui réunissait le contenu des deux premiers volets sortis sur Gamecube à l’époque.

Le level-design a très mal vieilli.

Il fallait s’en douter, le jeu a très mal vieilli. Sega a beau avoir retravaillé les graphismes, le résultat reste très en deçà de ce qu’on était en droit d’attendre sur les consoles actuelles. Rappelons-le, il ne s’agit pas d’un remake mais d’un remaster. Les modèles 3D ont été retravaillés, quelques textures également, mais le travail de remasterisation s’est arrêté là. Esthétiquement, le titre est très pauvre. Logique, il s’agit d’un titre de 2001. Le jeu tourne toutefois au moins en 60 FPS et en 4K sur les consoles next-gen.

Niveau gameplay également, avec des contrôles qui restent très approximatifs, une caméra mal-stabilisée qui donne vite mal au ventre et un level-design vieillot. Quelques options d’accessibilité ont été ajoutées, mais rien de vraiment révolutionnaire : le joueur a la possibilité de passer un niveau sur lequel il bloque et de ralentir le temps par la pression d’un simple bouton.

Le concept, lui, reste le même en solo : il s’agit toujours de diriger un singe coincé dans une boule sur un gigantesque plateau en orientant celui-ci. Le tout, en récupérant un max de bananes sur le plateau. Tout le concept du jeu est basé sur la physique. Il faudra toutefois garder un oeil sur le chrono puisque pour compléter le challenge, il faut finir le niveau dans le temps imparti. Si les premiers niveaux sont très simples, ils gagnent en complexité au fil des heures de jeu avec des tas de pièges plus vicieux les uns que les autres et un level-design de plus en plus corsé… mais qui a très mal vieilli. La difficulté est d’ailleurs très mal dosée dans certains niveaux où votre réussite dépendra davantage de votre chance que de vos compétences.

Les mini-jeux sont toujours au programme.

S’il propose un contenu gargantuesque avec ses centaines de défis, Banana Mania souffre d’une structure peu engageante. Son mode solo se résume à une succession de tableaux à boucler, entrecoupés par quelques cinématiques peu inspirées. Inutile de vous le préciser : la plupart des joueurs lâcheront très vite le pad pour se concentrer sur le plus fun : les mini-jeux, qui sont bien entendu jouables à plusieurs.

Car c’est très clairement ce qui fait la richesse de Super Monkey Ball. Des tas d’activités sont proposées : du football au basketball en passant par le golf et le tennis. La qualité est inégale, mais on y trouve toutefois largement de quoi s’amuser à plusieurs. Reste qu’à la base, tout cela n’était censé être que du bonus…

SEGA a enrichi le contenu avec de nouveaux niveaux et des bonus à débloquer : des personnages supplémentaires intégrés au casting du jeu mais aussi des costumes alternatifs. Des petites bonus fort appréciables mais qui n’apportent finalement pas de grosses nouveautés au titre. Si les fans de la série seront sans doute ravis de pouvoir ajouter ce remaster des deux premiers volets à leur collection, les deux titres ont toutefois beaucoup vieilli et il est peu probable que les nouveaux joueurs tombent sous leurs charmes. D’autant plus que la compilation est vendu au tarif de 39,99€, ce qui reste assez élevé pour un remaster minimaliste…

Conclusion

20 ans après ses débuts, Super Monkey Ball revient à travers une compilation des deux premiers volets, qui se jouent désormais en 4K et en 60 images par seconde. Généreux en nouveautés côté contenu (nouveaux niveaux, personnages et skins), ce remaster peine toutefois à convaincre. Les mécanismes de jeu, graphismes et le concept ont très mal vieillis. Si l’on s’amuse volontiers à dévaler les pentes de ses gigantesques plateaux de jeu dans la peau d’un singe coincé dans une gigantesque bulle, on finit vite par se lasser d’un concept qui ne se renouvelle pas assez et d’un level design vieillot. Restent, heureusement, les mini-jeux, toujours aussi amusants à plusieurs. A 39,99€, l’addition reste toutefois fort salée pour le remaster d’un jeu d’il y a vingt ans… 

Super Monkey Ball: Banana Mania

Gameplay 5.5/10
Contenu 6.0/10
Graphismes 5.0/10
Bande son 6.0/10
Finition 6.5/10
5.8

On aime :

Les mini-jeux, toujours aussi funs

Les nombreux invités dans le casting

Un contenu costaud

Des niveaux inédits

On aime moins :

Un tarif beaucoup trop élevé (39,99€)

Très pauvre visuellement

La caméra donne mal au ventre

Le mode solo peu engageant

Un level-design qui a mal vieilli