Test – Insurgency Sandstorm : un FPS tactique exigeant

Disponible sur PC depuis 2019, Insurgency: Sandstorm est parvenu à se forger une solide réputation auprès des amateurs de FPS tactiques. Vu sa popularité, l’éditeur Focus Home Interactive a décidé de le porter tardivement sur consoles. 

Relativement méconnue du grand public, la série des Insurgency a fait ses premières armes sur PC. Le premier épisode était un mod qui utilisait le moteur Source de Valve. Vu son succès, ses créateurs ont décidé d’en faire un jeu complet, qui a rencontré un joli succès dès sa sortie. Quelques années plus tard, ils livraient une suite bien plus ambitieuse : Insurgency: Sandstorm. A la surprise générale, le titre rencontre un énorme succès critique et commercial sur PC. Un portage sur consoles est immédiatement mis en production. Il faudra toutefois attendre deux longues années avant de pouvoir enfin mettre la main dessus…

Le moteur graphique a mal vieilli.

Insurgency: Sandstorm se démarque des autres FPS compétitifs par son modèle économique. Les créateurs ont choisi de nous livrer un jeu premium, rempli à raz bord de contenus, plutôt qu’un free-to-play. Vendu 39,99€, le jeu n’a toutefois pas de mal à justifier son tarif par son contenu très généreux.

Ensuite, parce que contrairement à un Battlefield ou un Call of Duty, Insurgency: Sandstorm se veut un FPS beaucoup plus technique. Une ou deux balles suffisent à mettre un ennemi au sol. De nombreux éléments doivent également être pris en compte : le recul des armes, la distance, les lois de physique… Bref, on est loin du battle royale bête et méchant dont on a fait le tour en 5 heures de jeu. Insurgency: Sandstorm se positionne en réalité comme le vrai fils spirituel d’un Rainbow Six.

Libre à vous de paramétrer votre arme selon vos préférences.

D’ailleurs, le jeu est un véritable jeu de combat tactique, qui se joue entièrement en escouade. Pas de free for all ici, il faudra coopérer avec les membres de votre équipe pour éliminer ceux de l’équipe adverse. La plupart des parties se déroulent en 10 contre 10 sur une carte assez vaste. Le jeu propose plusieurs modes multijoueurs basés sur la capture de points d’intérêt et l’avancement d’une ligne de front, mais aussi, surprise, des modes coopératifs dans lesquels les membres d’une escouade doivent survivre le plus longtemps aux assauts ennemis, remplir des objectifs variés à la suite l’un de l’autre sur une carte ou tenter de s’échapper en hélicoptère en suivant une succession de points d’intérêt sur la carte.

Si on regrette l’absence d’un mode campagne, il faut bien l’avouer, Insurgency: Sandstorm offre un contenu très généreux avec une jolie quinzaine de cartes, des modes de jeu en pagaille et un équipement entièrement personnalisable. Car ici, on ne court pas à la recherche d’un flingue en début de partie. Le joueur peut choisir son équipement avant le coup d’envoi de la mission. Il choisit son arme principale, une arme secondaire, ses explosifs et son équipement (par exemple, un meilleur gilet pare-balles), puis il personnalise dans les moindres détails son attirail en attribuant différents composants tels que des lunettes de visée, des chargeurs rapides, un viseur laser, etc… Les options sont nombreuses, mais surtout, le joueur étant limité dans ses points d’attribution, il devra faire des choix tactiques. Impossible de partir au combat avec une arme totalement équipée.

On joue à tour de rôle les insurgés et les soldats des forces spéciales.

Le titre brille par son gameplay, qui se veut à la fois exigeant mais également accessible. Il ne faut pas plus de 3 heures pour comprendre tous les mécanismes du jeu. Il en faudra en revanche beaucoup plus pour maîtriser chaque arme, chaque élément qui permet de les personnaliser, chaque classe aussi, tout en sachant qu’en plus, les deux factions (insurgés et forces militaires) disposent d’équipements différents…

Les deux factions se jouent de façon relativement similaires. Leurs objectifs sont toutefois différents et surtout, l’ordre de bataille change d’un camp à l’autre, ce qui fait qu’on a l’impression de jouer à une nouvelle mission à chaque fois qu’on change de camp sur une carte…

Inversément, les classes n’ont pas beaucoup d’impact sur le gameplay. La plupart des joueurs joueront de simples bidasses sur le champ de bataille. Seules deux unités sont capables d’apporter un avantage non-négligeable à leurs équipes : le sniper, avec son arme longue-portée, et l’observateur, qui peut appeler des frappes aériennes.

Tout le jeu prend place au Moyen-Orient.

Aussi riche, si ce n’est plus qu’un Rainbow Six dans son gameplay, Insurgency surprend par sa richesse et sa consistance. On retrouve tout ce qui fait le charme des jeux de tir tactique : communication d’équipe, un arsenal entièrement personnalisable, une jolie panoplie d’accessoires tactiques, dont des grenades et fumigènes, des options variées aussi : avec la possibilité d’ouvrir une porte, de l’enfoncer ou de tirer à travers. Sandstorm est véritablement très complet à ce niveau. S’il n’atteint pas le niveau d’exigence d’un Arma, l’expérience n’en reste pas moins très immersive.

On applaudit d’ailleurs au passage l’excellent level-design de la plupart des cartes qui nous sont ici proposées, relativement variées malgré le fait que toute l’action se déroule au Moyen-Orient. Des monts enneigés aux champs de fleurs en passant par les villages montagneux et les centres urbains, vous verrez du paysage. En coop, les adversaires sont également assez variés. On retrouve des unités d’élite, snipers, des hommes armés de machettes qui vous coursent à toute vitesse et des kamikazes qui arment leur bombe à quelques mètres de vous…

Sandstorm est un jeu exigeant, qui vous pousse à être prudent dans votre progression et à travailler en équipe. Il faut mettre une véritable stratégie en place pour progresser. Observer, se couvrir, être prudent. Mais également être attentif puisque par défaut, vous ne serez équipé que de quatre chargeurs. Et lorsque vous rechargez, toutes les balles qui n’ont pas été tirées sont jetées avec le chargeur. Il convient donc de compter ses balles et de les économiser. Rassurez-vous toutefois, il est possible de faire le plein en quelques lieux stratégiques.

Les effets visuels sont très réussis.

Les développeurs ont également ajouté une complexité complémentaire en imposant la prise d’une position pour faire respawner ses alliés décédés. Si vous vous retrouvez le dernier survivant, il ne faudra pas perdre de temps puisque la capture de tous les points d’intérêt vous condamnera à une élimination. On ne peut donc pas camper dans ce jeu, ou que très peu. Prendre un point d’intérêt alerte l’ennemi et fait de vous une cible privilégiée, mais en cas de victoire, vous prenez un ascendant certain sur vos ennemis.

En définitive, difficile de ne pas être séduit par la proposition. Insurgency: Sandstorm est un jeu très complet, généreux en contenu et suffisamment exigeant pour rallier tous les amateurs d’un genre qu’on croyait moribond. Il se positionne comme le fils spirituel de Counter Strike et Rainbow Six. Alors certes, techniquement ce n’est pas glorieux, et oui, l’absence d’un mode solo se fait quand même ressentir, surtout au prix auquel le jeu est vendu, mais le titre offre une excellente rejouabilité et se révèle assez profond pour mériter qu’on y investisse quelques dizaines d’heures. Au pad, le jeu reste très accessible et les contrôles ont été parfaitement adaptés à la manette. Vous n’avez donc aucune raison de passer à côté de cet excellent FPS tactique!

Conclusion

A mi-chemin entre un Counter Strike et un Rainbow Six, Insurgency: Sandstorm est une vraie bonne surprise pour les amateurs de FPS tactiques. Exigeant dans son gameplay, le jeu n’en reste pas moins accessible et fun à parcourir avec ses amis. Malgré l’absence de campagne solo, il propose un contenu assez fourni avec des modes compétitifs en pagaille, jusqu’à 10 contre 10, et des modes PVE très solides, dans lesquels les joueurs doivent affronter des vagues d’ennemis. Le titre brille surtout par la richesse de son gameplay, extrêmement tactique, la diversité de son arsenal, entièrement personnalisable, et son excellent level-design, propice à la mise en place de stratégie d’équipe. Si vous cherchiez LE jeu coop qui va vous occuper pendant des mois avec votre bande de potes, le voici. Il faudra toutefois composer avec une réalisation assez pauvre et une localisation qui se réduit au Moyen-Orient…

Insurgency: Sandstorm

Gameplay 9.0/10
Contenu 8.5/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 8.0/10
Finition 8.0/10
8.0

On aime :

Un gameplay exigeant

Un contenu plutôt solide

Des affrontements à 10 contre 10 et du PVP

Une belle variété dans les cartes

La personnalisation poussée de l'équipement

On aime moins :

Pas de campagne solo

Les véhicules, très mal intégrés au jeu

Techniquement assez pauvre

Tout se passe uniquement au Moyen-Orient