Le futur de l’Internet s’annonce très sombre

L’ONG Internet Archive se la joue Black Mirror et montre à quoi pourrait ressembler Internet dans 25 ans.

Imaginer ce que sera Internet dans 25 ans n’est pas facile, mais les responsables de l’ONG Internet Archive se sont essayés à l’exercice en tentant d’offrir un aperçu de ce à quoi Internet pourrait ressembler en 2046. Contrôle de l’information, restrictions d’accès au contenu particulièrement strictes ou encore surveillance de masse généralisée, l’avenir dressé par l’ONG est particulièrement pessimiste.

Le ministère de la vérité a décrété que Geeko devait être bloqué.

Créé en 1996, l’ONG Internet Archive propose un outil appelé « Wayback Machine » qui permet de consulter les pages Web telles qu’elles étaient à un moment précis dans le temps avant qu’elles ne soient modifiées ou qu’une information n’ait été supprimée. C’est un site essentiel à Internet qui permet de découvrir ou de redécouvrir les sites tels qu’ils étaient à l’époque, figés à tout jamais dans le temps. Il permet de voir à quoi ressemblaient par exemple des sites comme Gearbest, disparu du jour au lendemain d’Internet et dont seules quelques traces subsistent dans la Wayback Machine. Il y est également possible de voir à quoi ressemblait Geeko il y a plus de 11 ans, le 16 septembre 2010.

Un futur à la George Orwell

En s’inspirant de cette idée, l’ONG a présenté la « Wayforward Machine ». Plutôt que de se plonger dans le passé, l’ONG a cette fois décidé de se projeter 25 ans dans le futur. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle dresse un portrait particulièrement sombre de ce qui nous attend : interdiction du chiffrement de bout en bout, fusion des géants du numérique au sein de conglomérats ou encore renforcement du secret des affaires. La vision de l’ONG d’Internet de 2046 ne donne vraiment pas envie.

L’accès à Facebook est bloqué derrière une vérification biométrique obligatoire.

« Essayez notre Wayforward Machine pour découvrir un monde où l’accès à la connaissance est assiégé », explique l’ONG. Dans les faits, les différents sites visités sont envahis par des pop-ups exigeant des données biométriques. Les scans rétiniens ou d’empreintes digitales sont ainsi devenus la norme pour accéder aux différents services. Les contenus sont également bloqués à cause des localisations ou des droits d’auteurs. Un ministère de la vérité juge de ce qui est bon ou pas à regarder. Enfin, l’accès à de nombreux sites est devenu payant.

L’Internet payant se serait généralisé. Bloquant l’accès à l’information derrière des paywalls.

Cette campagne défend le libre accès à la connaissance sur le Web et dénonce les blackouts du gouvernement, ainsi que les paywalls et les bloqueurs géographiques qui fragmentent Internet.

Internet Archive se permet une petite touche d’humour noir.

Pour éviter que cet avenir ne se concrétise, Internet Archive invite les internautes à se mobiliser pour préserver la liberté sur Internet : « Ensemble, nous pouvons trouver une meilleure voie à suivre », conclut avec espoir l’ONG.